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litterature etrangere

2011-07-13T13:00:00+02:00

Une scandaleuse affaire - Anita Shreve

Publié par MyaRosa

Une Scandaleuse affaire

( Testimony )

de Anita Shreve

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Genre(s) : Roman étranger contemporain - Drame

Edition / Collection : Belfond

Date de parution : 21 octobre 2010

Nombre de pages : 290

Prix : 20€

 

L'histoire : À travers la chronique d'un scandale sexuel dans un collège huppé du Vermont, le portrait sombre et sans illusions d'une jeunesse livrée à l'alcoolisme, à la sexualité précoce et à la violence des images.
D'une actualité brûlante, un roman coup de poing qui nous met face aux contradictions de notre société. Le lycée Avery, prestigieuse pension de Nouvelle-Angleterre, est sous le choc depuis la découverte d'un film. Sur cette vidéo, les ébats sexuels de quatre élèves : trois garçons, ivres, et une fille de quatorze ans. Telle la boîte de Pandore, la cassette, dont le contenu circule bientôt sur internet, va libérer les secrets d'une petite communauté apparemment sans histoire, entre mensonges, adultères, hypocrisies, jalousies, culpabilité...
La machine à broyer médiatique est en marche, n'épargnant personne, ni les adultes, ni les élèves, jusqu'au drame...

 


**

 

 Décidemment, en ce moment j'accumule les coups de coeurs et les bonnes surprises ! En ouvrant ce livre, j'étais loin de me douter que j'y trouverai autant d'émotions et d'humanité. Par le biais d'une sordide histoire, Anita Shreve fait, avec beaucoup de justesse, le portrait d'une société à la dérive. Alcoolisme et sexualité précoces, mensonges, adultères et violence, autant de sujets tabous mais d'actualité sont abordés. Le récit est construit d'une manière qui me plait beaucoup, c'est en fait un roman à plusieurs voix. Des personnages liés, de près ou de loin, à cette affaire prennent la parole : le directeur de l'école, les élèves accusés, la victime, des journalistes, les parents des garçons, des employés du lycée Avery, des voisins. Le titre original de ce roman, que l'on peut traduire par témoignage, déclaration ou attestation, prend tout son sens. On partage les pensées de certains et le témoignage que d'autres font à une chercheuse universitaire venue leur poser des questions. Ce procédé apporte un certain réalisme à cette affaire qui pourrait bien être inspirée de faits réels. Loin de rejeter la faute sur un tiers, l'auteure essaie d'apporter une certaine objectivité et une distance par rapport au scandale tout en essayant d'en trouver la cause. Les réflexions sont pertinentes, intéressantes et nous poussent à nous interroger sur notre société. Le scandale est au coeur de cette histoire mais n'est pas le seul sujet abordé. On ne parle pas de sexe à tout-va. Ce livre parle aussi d'amour, d'amitié, de confiance, des relations parents-enfants et des difficultés liées à l'adolescence. On s'attache, malgré les faits, à presque tous les personnages, on essaie de les comprendre.

 

 L'écriture est fluide, agréable à lire et le style change suivant le personnage concerné, mais on ne s'y perd pas. Les chapitres sont très courts, il n'y a pas de longueurs ou de passages inutiles, le rythme est très prenant. On en apprend un peu plus à chaque chapitre, sur ce qui s'est passé ce soir-là, mais aussi sur ce qui s'est passé avant et après le scandale. On ne peut que constater les répercussions dramatiques que peut avoir une telle affaire sur toute une communauté.  L'effet boule de neige est impressionnant, des familles et des vies entières volent en éclat ! Ce livre est criant de vérité et peut être considéré comme une étude sociologique. Il nous pousse à réfléchir aux conséquences de nos actes. Sa construction est réfléchie, rien n'est laissé au hasard. J'ai été passionnée par cette affaire du début à la fin. Le sujet m'intéressait mais je ne m'attendais pas à être si enthousiaste. Je me suis imaginée à la place de chaque personnage, je me suis demandée si j'aurais réagi de la même façon et ce que j'aurais ressenti. J'ai ressenti beaucoup d'émotions : de la colère, de la honte, du dégoût, mais pas seulement, j'ai été touchée par les histoires d'amour de ce roman, par la détresse de certains personnages et surtout par l'amour incommensurable que peut éprouver une mère pour son enfant. Ce livre m'a dérangée et m'a émue aux larmes. Je ne risque pas de l'oublier... Je vous le conseille absolument ! Même si de prime abord le sujet ne vous intéresse pas, ce livre est plein de vérité, d'humanité et de surprises... C'est une lecture marquante pour laquelle j'ai eu un véritable coup de coeur.

 

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cinqetoiles

le-mec-de-la-tombe-dà-côté

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2011-07-12T04:30:00+02:00

Misery - Stephen King

Publié par MyaRosa

Misery

de Stephen King

lu par Paul Barge

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Genre(s) : Roman contemporain étranger - Horreur - Livre audio

Edition / Collection : Editions Thélème

Date de parution : 17 mars 2010

Durée : environ 15 heures

Prix : 27€

 

L'histoire : Paul Sheldon est l'auteur à succès des aventures de Misery Chastain, héroïne romantique, qu'il finit par faire mourir dans son dernier roman. Au cours d'un voyage, il est victime d'un accident de voiture, et se réveille chez Annie Wilkes, ancienne infirmière, qui s'occupe de lui avec dévouement. Elle se révèle si passionnément obsédée par Misery, qu'elle refuse sa mort, et oblige Paul Sheldon à écrire une suite… sous peine de châtiments et de tortures cauchemardesques !

 

**

 

 Il y a quelques temps, j'ai eu l'opportunité de choisir un titre des éditions Thélème à découvrir grâce aux site des agents littéraires que je remercie chaleureusement. Lorsque j'ai vu que plusieurs titres de Stephen King étaient proposés, je n'ai pas hésité à choisir Misery que je souhaitais découvrir depuis longtemps. Je précise que je suis vraiment novice dans ce domaine. J'ai toujours aimé écouter des histoires, j'ai d'ailleurs plusieurs CD de contes et d'histoires pour enfants mais je n'ai jamais écouté un roman, ce fût donc une grande première qui explique certainement les difficultés rencontrées.

 

 Le choix de ce titre n'a peut-être pas été très judicieux pour une première approche du livre-audio car je n'en connaissais pas du tout l'histoire et l'écoute est très longue (environ quinze heures !). J'ai été séduite par le début, par la voix de Paul Barge, sa façon de raconter. Je me suis laissée emporter mais assez vite, je me suis rendue compte que je décrochais. Je n'étais plus concentrée, je pensais à autre chose, à mes autres lectures ou à ma liste de courses, si bien que j'étais souvent obligée de revenir en arrière pour ne rien manquer. Quinze heures c'est déjà long, mais quand en plus on revient sans arrêt en arrière, je peux vous dire que ça semble interminable. J'ai cru que je n'en verrais jamais le bout. Si bien que j'ai compris assez rapidement qu'il fallait que je change de façon de faire, qu'un livre-audio était une façon de lire différente qui demandait certainement une autre approche. J'ai pour habitude de lire très rapidement en restant bien souvent sur le même livre, mais avec un livre-audio il m'étais difficile et insupportable d'écouter pendant plusieurs heures en restant concentrée. Je sentais que j'avais besoin de prendre mon temps, d'écouter par petites doses et dès que j'ai commencé à m'y prendre de cette façon, j'ai davantage apprécié l'écoute de ce livre. Je m'excuse par contre pour le retard occasionné par cette méthode.

 

 Pour ce qui est de l'histoire, j'ai adoré. Ce fût ma première rencontre avec Stephen King et ce ne sera certainement pas la dernière. Quel huis-clos effroyable ! On est plongé dans l'horreur absolue, ce qui arrive à Paul Sheldon est la hantise de tout écrivain. Qu'y a t-il de pire que d'être retenu prisonnier par une admiratrice qui vous force à écrire et à redonner vie à un personnage que vous détestez ? Et encore, ce que cette femme lui fait subir est encore bien au dessus de cela mais je ne veux pas trop en dire... L'atmosphère de ce roman est lourde, pesante, terrifiante et pourtant tellement addictive. On a envie de savoir jusqu'où la folie et l'horreur peuvent aller. On est enfermé dans cette chambre avec Paul Sheldon, on a l'impression d'être à sa place et on étouffe. L'écriture de Stephen King est violente et percutante. La construction de ce roman est magistrale : l'horreur monte en puissance, s'intensifie de page en page et je pense que Paul Barge a très bien fait ressortir cette impression de malaise.

 

 Si j'ai eu beaucoup de mal, au début, à écouter ce roman par manque d'habitude, j'ai fini par trouver comment l'apprécier à sa juste valeur, en prenant mon temps, en écoutant par petites doses. C'est une façon de lire qui ne me déplait pas et je compte m'y remettre très prochainement. Je pense continuer avec des livres un peu moins longs ou que je connais déjà car il faut, à mon avis, un petit temps d'adaptation pour changer ses habitudes de lecture.  Je remercie les éditions Thélème ainsi que Les Agents littéraires pour cette découverte.

 

 

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2011-07-07T14:07:00+02:00

Cuisine et correspondance

Publié par MyaRosa

Cuisine & correspondance

Une amitié en 82 recettes

( The Recipe Club, a tale of food and friendship )

de Nancy Garfinkel et Andrea Israel

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Genre(s) : Roman étranger contemporain- Roman épistolaire

Editeur : Fleuve noir

Date de parution : 14 avril 2011

Nombre de pages : 349

Prix : 18€

 

L'histoire : Lilly et Val, c'est un peu le jour et la nuit, et pourtant les deux femmes sont amies depuis l'enfance. Leur point commun? Leur passion pour la cuisine. A l'âge de 7 ans, elles ont d'ailleurs fondé un petit club de recettes très fermé, qui n'a jamais compté...qu'elles deux!
Ensemble elles ont grandi, mûri, partageant tout, leurs craintes, leurs désirs, leurs secrets, leurs fous rires et leurs meilleures réalisations culinaires. Aujourd'hui, à 40 ans passés, alors qu'un stupide malentendu a mis fin à leur belle complicité, elles essaient timidement de renouer.
Entre leurs premières lettres et leurs derniers e-mails, leurs plumes et leurs recettes se sont affinées. Au fil des pages on se régale donc de leurs expériences de vie, et de leurs petits plats aux noms savoureux. Mais à mesure que les souvenirs refont surface, une découverte bouleversante manque de les séparer une nouvelle fois...

 

**

 

 J'aime beaucoup les romans épistolaires et j'adore cuisiner, c'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers ce livre. Il m'est déjà arrivé de croiser quelques recettes dans des romans, notamment dans le livre de Fannie Flag "Un Lieu béni" que j'avais adoré, et c'est un petit bonus que j'apprécie beaucoup. J'ai découvert l'existence de ce roman il y a seulement quelques jours et je l'ai immédiatemment commandé. Aussitôt reçu, aussitôt lu ! En voilà au moins un qui n'aura pas fait long feu dans ma PAL ! :D Bon alors, et sinon, mis à part tout ce blabla, qu'est ce que j'en ai pensé ?

 

 Sans grande surprise, j'ai adoré ! Je me suis plongée avec bonheur dans cette magnifique histoire pleine de gourmandise. On suit principalement deux personnages, Val et Lilly pendant une grande partie de leur vie. Ces deux petites filles, bien que très différentes, sont les meilleures amies du monde. Val est sérieuse, brillante, timide et pleine de projets. Lilly est excentrique, populaire, et rêve de devenir chanteuse. La seule chose qu'elles ont en commun est leur passion pour la cuisine. Alors elles décident de fonder un club, juste toutes les deux, et de s'échanger des recettes régulièrement en plus des lettres qu'elles s'écrivaient déjà. Elles se confient, on les suit, on les voit grandir, évoluer, faire des erreurs, apprendre. On suit leurs premières disputes, leurs premiers émois, leurs premières peines de coeur, leurs rêves, les grands moments de leurs vies. Les recettes qu'elles partagent portent le nom de leurs états d'âmes ou des souvenirs qu'elles évoquent : Cake aux courgettes "Mieux-vaut-tard-que-jamais", Bisous caramel-amandes "premier baiser", lasagnes "peines de coeur", amertume verte au citron aigre, flocons d'avoine "spécial résidence universitaire",... Il y en a pour tous les goûts, des recettes simples et classiques aux recettes plus difficiles et originales. Je vais m'amuser à en tester quelques unes car certaines m'ont vraiment donné faim.

 

 J'ai aimé partager la vie de ces deux femmes même si parfois j'ai eu envie de les bousculer ou de jeter le livre par la fenêtre. Leurs mots de petites filles m'ont fait rire, leurs querelles d'adolescentes m'ont fait sourire et leurs lettres d'adultes m'ont fait de la peine. Tout n'est pas rose dans ce livre, elles ont toutes les deux des familles très spéciales, ne sont pas d'accord sur de nombreux sujets et se font souvent beaucoup de mal, mais malgré tout c'est une très belle histoire d'amitié. J'ai beaucoup aimé ce livre et sa construction. Les recettes ne sont pas là pour meubler, elles apportent vraiment un petit plus à l'histoire et sont toujours en relation avec ce que les deux personnages vivent. En plus des lettres, il y a une partie écrite "normalement" ainsi que d'autres formes de correspondance : des invitations, des articles de journaux, et quelques petites surprises...  C'est un livre qui m'a fait rire, sourire, presque pleurer et qui m'a parfois agacé, mais c'est justement ce qui m'a plu. J'aime ressentir de nombreuses émotions quand je lis, ne pas rester en dehors de l'histoire, avoir l'impression d'être en plein dedans, de la vivre, et c'est exactement ce que m'a apporté ce livre. Je ne peux que vous conseiller cette lecture divertissante, amusante et pleine d'amour. Des lectures comme celle-ci, il m'en faudrait plus souvent. Si vous avez des titres à me conseiller, je suis preneuse !

 

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" Mon chemin de lumière sera pavé de pralines aux cacahuètes."

 

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2011-06-12T13:30:00+02:00

L'Amour, la mort, la mode

Publié par MyaRosa

L'Amour, la mort, la mode

( Love, Loss, and What I Wore )

Ilene Beckerman

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Editeur : Michel Lafon

Date de parution : 1er juin 2011

Nombre de pages : 138

Prix : 9,95€

 

L'histoire : La mode nous colle à la peau, et aussi à l'âme. Nous croyons qu'elle nous habille, mais elle met à nu nos complexes, nos humeurs, et surtout nos souvenirs... Impossible de jeter cette petite robe bleue, portée pour un rendez-vous galant, ce tailleur, acheté avec notre premier salaire, ou encore ce sac ruineux, offert par notre grand-mère. Les vêtements et accessoires qui se pressent dans notre armoire restent liés pour toujours aux chapitres heureux ou malheureux de notre vie
A travers l’évocation de sa garde-robe, et d’illustrations tendres et tendances, Ilene Beckerman évoque les joies et les révoltes de l’enfance, les fous rires et les déconvenues de l’adolescence, les espoirs de l’âge adulte, et les bonheurs de la maturité.

 

**

 

 Au travers des descriptions de tenues, l'auteure évoque sa vie, son enfance, la mort de sa mère, son adolescence, ses sorties avec ses amis, ses premiers rendez-vous galants, ses tenues de grossesse ou de mariage,... Chaque double page nous parle d'une tenue particulière, chère à Ilene Beckerman qui nous raconte une petite anecdote sur ce choix, sur ce qui l'a amené à choisir cette robe plutôt qu'une autre et à quelle occasion elle a décidé de la porter. On retrouve sur la page de droite, l'illustration de cette tenue faite par Ilene Beckerman. Les dessins sont assez sommaires et naïfs et les anecdotes parfois futiles, mais malgré tout, on rentre petit à petit dans la vie de cette femme et on se questionne sur ses choix, ses joies et ses peines. Elle nous invite à imaginer le reste et on voit défiler sa vie. Ce livre a quelque chose de mélancolique, on y voit l'évolution d'une petite fille qui devient femme, les épreuves qu'elle endure et puis son regard de femme mûre sur ce qu'elle a vécu. Si j'étais totalement indifférente au début, je dois avouer que je me suis laissée emporter et même si ce livre ne restera pas éternellement dans ma mémoire, j'en garderai un bon souvenir. Au-delà des anecdotes sur la mode, il est question du temps qui passe, de la vie qui s'écoule à chaque instant, des changements qui s'opèrent en nous et j'ai beaucoup aimé cette façon différente d'en parler.

 

Un livre à découvrir !

Merci aux éditions Michel Lafon.

 

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2011-06-05T14:29:00+02:00

Entre le Chaperon rouge et le loup, c'est fini

Publié par MyaRosa

Entre le Chaperon rouge et le loup, c'est fini

( Det är slut mellan Rödluvan och vargen )

de Katarina Mazetti

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Editeur : Actes sud

Collection : Babel

Date de parution : 1er juin 2011

Nombre de pages : 170

Prix : 6,50€

 

L'histoire : Linnea a dix-sept ans, ne s'est pas remise du décès brutal de Pia, sa meilleure amie. En cette nouvelle rentrée, flanquée de deux copines plus paumées qu'elle, elle interroge les adultes sur le sens de l'existence et cache sa détresse sous une cruauté moqueuse. Quand sa grand-mère chérie lui offre une belle somme d'argent, elle envoie tout promener et part en voyage. C'est le moment pour elle de tomber amoureuse, de faire des choix inconsidérés, de prendre des risques, de perdre son innocence... bref, de vivre sa vie.

 

**

 

 Je vous parlais il y a quelques mois du premier tome des aventures de Linnea : Entre Dieu et moi, c'est fini que j'avais beaucoup apprécié. C'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé ce personnage. Linnea se remet doucement de la mort de sa meilleure amie et se pose toujours autant de questions sur le sens de la vie. On sent qu'elle a grandit mais reste encore très fragile. Ses nouvelles amies sont assez particulières, c'est le moins que l'on puisse dire, et ce deuxième tome marque un tournant dans sa vie puisqu'elle va vivre des expériences marquantes et apprendre de ses erreurs pour avancer vers sa vie d'adulte. Je m'attendais à quelque chose d'assez classique en lisant la quatrième de couverture mais j'ai été vraiment surprise face à ce qui arrive à notre héroïne... J'ai beaucoup aimé ce livre, encore plus que le premier, je crois. De nombreux thèmes sont abordés, aussi variés que le vol à l'étalage, la sorcellerie, la pauvreté, les végétaliens ou les séries américaines...

 

 J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture de Katarina Mazetti et l'humour de Linnea. Les titres des chapitres sont toujours aussi énigmatiques et intrigants : Une vipère blanche et des liquides corporels, Les cafards ont la belle vie, Végétaliens en déroute, T'es trop profonde, Nilsson ! J'aime beaucoup ce procédé. A chaque chapitre, lorsqu'on lit le titre on se demande ce qui va se passer, on imagine, on suppose, c'est un petit jeu très amusant. Les chapitres sont courts et rythmés, à aucun moment je ne me suis ennuyée. J'ai souvent trouvé les réflexions de Linnea très justes et pertinentes et je me suis également posée des questions sur le sens de la vie et sur les aberrations qui ponctuent notre quotidien. J'ai retrouvé tous les personnages avec plaisir, le beau-père artiste-feignant de Linnea, l'adorable Knotte,... J'ai beaucoup ri, j'ai fulminé, et j'ai vécu toute cette aventure comme si j'étais dans le sac à dos de Linnea. Et quelle aventure ! Une nouvelle fois, j'ai passé un excellent moment et j'ai hâte de lire la suite qui sortira en poche cet automne. Malheureusement ce sera le dernier tome. :( Vous ne connaissez pas encore Linnea ? Mais qu'attendez-vous ?! Vous pouvez lire ce tome sans avoir lu le premier mais je vous conseille tout de même de les lire dans l'ordre car c'est sympa de la voir évoluer.

 

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" Chacun est son propre chasseur de talents"

"Même quand on se perd, on arrive quelque part ! "


"Vous connaissez sans doute ce sentiment : on vient de s'allonger dans une chaise longue, la peau brille sous la crème solaire, on veut savourer ce moment où la chaleur estivale se répand pour la première fois de l'année dans le corps. On ferme les yeux et on se rappelle que la vie peut être tellement agréable...

Mais tout d'un coup l'air se rafraîchit, une brise froide vous donne la chair de poule et on rouvre les yeux. Un petit nuage de merde s'est mis à balayer le soleil. Et ce n'est que la première étape, derrière de nombreux autres nuages gris s'amoncellent. "

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2011-05-14T10:56:00+02:00

La Lune s'enfuit - Rax Rinnekangas

Publié par MyaRosa

La Lune s'enfuit

( Kuu Karkaa )

de Rax Rinnekangas

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Editeur : Phébus

Collection : Domaine étranger

Date de parution : mars 2011

Nombre de pages : 146

Prix : 17€

 

L'histoire : Lassi passe l’été à Latvazla, village de Finlande, chez les parents adoptifs de son père. Avec leurs enfants, Sonja et Léo, il partage une amitié incandescente qui se muera, cet été-là, en un amour à trois, puissant, inventif, émerveillé,naturellement sexuel. Par la magie d’un érotisme lumineux deux garçons et une fille se croient alors immortels. Mais la mort rôde sous le ciel brûlant du mois de juillet...

 

**

 

 Ce roman nous plonge dans la chaleur de l'été d'un petit village finlandais. Trois enfants étouffés par l'autorité et les croyances des adultes s'inventent un monde à eux, avec leurs jeux et leurs propres règles. Cet été va les changer à jamais, leur apportant tour à tour joie, bonheur, plaisir, découverte et finalement douleur et chagrin. C'est un récit très particulier qui oscille sans cesse entre le bien et le mal, un passage brutal de l'adolescence à l'âge adulte. On assiste à l'éveil de ces jeunes adolescents et à leur apprentissage de l'amour et de la sexualité.. Si tout est mis en place par l'auteur pour que tout nous semble pur, innocent et naturel, je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir un certain malaise et de trouver ce récit dérangeant.  La relation que les personnages entretiennent ne me plaisait vraiment pas. Et puis peu à peu, on oublie, la joie laisse place à la souffrance et on assiste impuissant à la douleur de ces enfants.

 

 S'il est dérangeant, ce récit est aussi touchant et plein d'humanité. L'auteur arrive à nous faire ressentir la douleur des personnages. Il aborde avec beaucoup de justesse le deuil et la souffrance et j'ai aimé le regard extérieur que porte les enfants sur leurs parents, leur incompréhension face aux traditions religieuses qu'ils trouvent souvent absurdes. La description des moeurs des paysans finlandais est également très intéressante et j'ai aimé me plonger dans un univers inconnu. Si la première partie m'a dérangé, j'ai beaucoup aimé le reste du livre, sombre et mélancolique. La brièveté du roman est à l'image de cette histoire, après un court instant de bonheur, pur, intense, fort et ennivrant, la mort arrive et laisse un goût amer, dévastant tout sur son passage et modifiant les vies de ceux qui restent, à jamais. L'été est passé, les enfants n'en sont plus et il faut continuer à vivre, malgré tout...

 

**

 

"Léo et Sonja étaient des créatures engendrées par quelque étrange vent de la nuit. Il ne pouvait en être autrement, tant ils étaient différents de leurs parents. Ils avaient l'esprit bohémien. Quand ils étaient ensemble, ils avaient, l'un comme l'autre, une totale liberté de conscience, débarassée des chaînes de la religion ou de l'éducation. Certes, vu de l'extérieur, ils faisaient exactement ce que l'on attendait d'eux. Ils se recueillaient chaque jour avec leurs parents, les accompagnaient souvent aux assemblées du village et participaient tous les ans aux grandes fêtes piétistes organisées dans le pays - ils connaissaient sans doute au moins une centaine de cantiques et de prières par coeur. Mais, à l'intérieur d'eux-mêmes, ils possédaient un univers qui n'appartenait qu'à eux, et où aucun adulte n'avait sa place."

 

"La mort est une chose étonnante. Elle est un brigand aux mille visages qui, au moment opportun, jour les miséricordieux. C'est cela qui la fait vivre et ressembler au Rédempteur. La mort fait croire au bien-fondé de ses actes."

 

 J'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique organisée par Babelio.

Merci à eux ainsi qu'aux éditions Phébus.


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2011-04-19T18:00:00+02:00

La Terre fredonne en Si bémol - Mari Strachan

Publié par MyaRosa

La Terre fredonne en si bémol

(The Earth hums in B flat)

de Mari Strachan

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Editeur : NiL

Date de parution : 24 mars 2011

Nombre de pages : 378

Prix : 20€

 

 

L'histoire : Agée d'une dizaine d'années, Gwenni Morgan grandit dans un petit village du pays de Galles. Friande de romans policiers, elle se pose beaucoup de questions sur sa famille et la petite communauté au sein de laquelle elle évolue. Face aux énigmes et aux secrets du monde adulte, elle décide un jour de lancer son enquête, comme les détectives de ses livres préférés. Où est donc passé Ifan Evans, ce berger au visage tout rouge dont elle s'est toujours méfiée ? Pourquoi son épouse, la douce Mme Evans, semble-t-elle si mystérieuse et si troublée depuis quelque temps ?

 

Mari Strachan nous montre combien il est difficile de construire son histoire dans un monde où tout se sait mais rien ne se dit. Lorsque la vérité éclate enfin au grand jour, les secrets de famille brisent l'harmonie apparente du petit village paisible de l'après-guerre. Mais Gwenni a compris depuis longtemps qu'il faut sortir des sentiers battus pour créer la carte géographique de sa propre vie... Le soir, portée par le murmure de la Terre, Gwenni s'envole de son lit pour parcourir la campagne, et alors certaines réponses se dessinent.

 

« Un soupçon de magie, de conte, de polar et de roman d'apprentissage. Un régal. »
-Financial Times-

 

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**

 Je n'ai pas envie cette fois de faire durer le plaisir, de laisser planer le doute le temps des premières lignes de mon billet pour enfin vous dire si oui ou non j'ai aimé ce livre. N'y allons pas par quatre chemins, ce livre est un coup de coeur !

Il m'a enthousiasmé du début à la fin, comme rarement je l'ai été jusqu'à maintenant. Dans ce livre, il y a tout ce que j'aime : du suspense, du drame, de l'originalité, de la créativité et de l'humour.

 

 Gwenni est une petite fille extraordinaire et on ne peut que s'attacher à elle. Elle vit avec son père, un homme adorable mais complètement écrasé par les autres, sa mère qui s'énerve tout le temps contre elle, sa soeur Bethan qui ne cesse de s'étaler de son côté du lit la nuit, et son chat qui tient une place importante dans ce roman.  Elle est curieuse, intelligente, innocente et fantasque. Elle adore lire et rêve d'avoir sa propre bibliothèque. On retrouve dans le roman de nombreuses références à Alice au pays des merveilles, Hansel et Gretel, ... Gwenni évolue dans un contexte très différent du nôtre, et j'ai beaucoup aimé ce dépaysement. L'histoire se passe dans un petit village gallois à la fin des années cinquante. Les gens sont très croyants mais passent leur temps à déblatérer sur leurs voisins. Les enfants sont au milieu, et ne comprennent pas forcément ce que les adultes racontent. Ils s'inventent ainsi leurs histoires et leurs jeux pour lutter contre l'ennui. Beaucoup de secrets, de non-dits, que Gwenni plus que les autres essaie de percer à jour et de comprendre. La disparition d'Ifan Evans va avoir de multiples conséquences et changer à jamais l'existence de tout ce petit monde...

 

 En plus d'une histoire intrigante car pleine de mystère et de secrets, l'écriture délicate de Mari Strachan est un pur bonheur. Harmonieux, poétiques, ses mots qui m'ont bercé résonnent encore en moi. Ce livre est assez difficile à définir tant les genres sont mélangés... On y retrouve un petit quelque chose qui n'est pas sans rappeler le conte, mais aussi le polar évidemment, et c'est également un récit d'apprentissage. Gwenni, si jeune et innocente au début du roman va découvrir la vérité sur le monde qui l'entoure, les secrets des adultes, les horreurs que l'on cache aux enfants, la méchanceté des uns et des autres et le mal qui nous ronge. La vie n'a rien à voir avec ce qu'elle semblait être jusqu'à présent. Gwenni va de déception en déception, on a envie de la protéger, de l'aider, et finalement elle s'en sort très bien toute seule. Elle est forte, courageuse et pleine d'optimiste. Les épreuves qu'on lui impose, pourtant très dures pour une fille de son âge, ne tarissent pas sa joie de vivre.

 

 Vous allez penser que ce livre est déprimant, mais ce n'est pas le cas ! Oui il y a des choses tristes, mais il y a aussi beaucoup d'humour. La naïveté et l'innocence de Gwenni au début du roman donnent lieu à de petites perles. Par exemple, elle répète sans arrêt les phrases qu'elle entend de ses parents mais qu'elle ne comprend pas forcément. Ses idées et ses rêves m'ont fait sourire plus d'une fois. C'est vraiment un très très beau roman que je ne peux que vous conseiller. Si l'envie d'être dépaysé ou de lire un peu autre chose alors n'hésitez-pas, vous ne serez pas déçus. Je referme ce livre vraiment à regret car j'aurais aimé qu'il dure encore et encore...

 

En somme, une bien jolie découverte que je dois aux éditions Nil que je remercie.

 

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Un passage (parmi tant d'autres...) qui m'a fait sourire :

 

"Elle se détourne et tapote du bout des doigts la surface du bureau, comme si elle pianotait un air. Elle observe la mer et le ciel un long moment. Pa' dit toujours qu'on voit bien que Mme Evans est une femme instruite. Elle réfléchit beaucoup. Et Ma' répond à chaque fois : Mouais, j'aimerais bien avoir le temps de réfléchir, moi aussi."

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2011-03-09T13:22:00+01:00

Entre Dieu et moi, c'est fini - Katarina Mazetti

Publié par MyaRosa

 

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Quatrième de couverture :


 

Linnea a quinze ans, plein de complexes et pas mal de questions qui lui trottent dans la tête. La seule qui la comprenait, c’était Pia, sa meilleure amie, son amie pour la vie… enfin, pour cent vingt jours, “sans compter les week-ends”, Linnea a fait le calcul une fois. Depuis que Pia est morte.


Avec Pia, elle pouvait parler de tout : de l’amour, de la mode, de Markus, le beau gosse dont toutes les filles rêvent, de son père qu’elle voit deux fois par an, de sa mère qui vit avec son nouveau conjoint une relation tumultueuse. Et de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie “croire en Dieu” ? Car ce n’est pas exactement la même chose que le père Noël. Une chose est sûre, ce n’est pas la peine de compter sur Dieu pour résoudre les équations du second degré. Seulement voilà, Pia n’est plus là. Alors Linnea se souvient, puisque, comme dit son excentrique grand-mère, “pour pouvoir oublier quelque chose, il faut d’abord bien s’en souvenir”.

 

La verve comique et tendre de Katarina Mazetti est ici au service d’une adolescente bravache, complexée, drôle, curieuse et paumée, qui parle aux murs pour surtout ne se confier à personne. Ce formidable roman sur l’amitié et les tourments adolescents, qui permettra aux jeunes de se sentir moins seuls et aux moins jeunes de comprendre leurs ados préférés, est le premier volume d’une trilogie publiée aux éditions Gaïa, à paraître au fil de l’année 2011 dans la collection Babel.

 

 

Mon avis :


 

 C'est par hasard que je suis tombée sur ce livre dont j'ignorais totalement la sortie en poche. J'ai d'abord été attirée par la couverture que je trouve superbe, (Pour voir d'autres illustrations de l'artiste, n'hésitez pas à aller jeter un oeil sur son blog : http://bobibook.blogspot.com/ ) et quand j'ai vu le nom de l'auteur, je n'ai pas résisté plus longtemps car j'avais beaucoup aimé Le Mec de la tombe d'à côté. - J'essaie d'ailleurs d'être raisonnable et de ne pas écouter la petite voix qui essaie de me pousser à acheter la suite qui vient de sortir en broché : Le Caveau de famille. Je résiste. Je résiste.

 

 Ce livre est très différent, même si on y retrouve le style si agréable et sympathique de Katarina Mazetti.Ouf !

Les chapitres sont courts et comportent tous des titres intriguants : "Une béquille de vélo aux yeux de mon chéri", "Viens peupler une toundra avec moi", "Qui a envie d'avoir une vieille âme d'occasion ?", "Electrochocs et mouches à vinaigre", etc...  J'aime beaucoup ce procédé, ça donne envie de continuer à lire un peu plus pour savoir de quoi il est question.  Ce livre est vraiment très court (137 pages) et peut se lire d'une traite. La lecture est aisée et agréable, jamais ennuyante, on ne voit pas le temps passer.

 

 Linnea est une adolescente attachante à laquelle n'importe qui peut s'identifier. Elle se trouve moche et sans intérêt, se pose des questions sur le sens de la vie, s'interroge sur tout et n'importe quoi. C'est avec son amie Pia qu'elle cherchait des réponses, mais celle-ci est morte et lui manque terriblement. Depuis Linnea parle aux murs et essaie de se remémorer les moments passés avec Pia. Elle nous raconte leur rencontre, leurs disputes, leurs souvenirs, et on assiste souvent à de grands débats sur l'amour, la mort, le sexe, la politique, etc...

 

 C'est un récit souvent drôle que nous livre Katarina Mazetti, mais surtout plein de fraïcheur et d'émotions. Même si le livre est court, on s'attache immédiatement à Linnea. On a l'impression que le livre a été écrit par une adolescente. On partage ses joies et ses peines qu'elle nous livre sans aucune pudeur. Un petit livre qui plaira autant aux adolescents qu'aux adultes, une histoire à mettre entre toutes les mains !

 

 La bonne nouvelle, c'est qu'on retrouvera Linnea dans deux autres romans -déjà publiés chez Gaïa- qui sortiront dans la collection Babel durant l'année 2011. Je serai au rendez-vous !

 

****

Extraits :

 

"Je crois que personne ne peut se promener seul au bord de la mer sans penser à Dieu. Une fois, je me suis sérieusement demandé si la mer était Dieu, cette mer primitive, source de toute vie... Mais tout ce que je voyais quand j'essayais de me l'imaginer n'était qu'un triste Dieu-Mer avec des algues fanées et des cartons de lait autour de la tête."

 

"A l'école maternelle, on avait un jeu où on pouvait enfoncer des pièces en bois avec un marteau dans une boîte qui avait plein de trous de différentes tailles et de différentes formes. Il m'arrivait de passer toute une matinée à marteler sur un bout de bois carré qui, malgré tous mes efforts, refusait de se glisser dans l'orifice rond ou triangulaire. Mais quel pied quand je trouvais le bon trou !

J'ai ressenti un peu la même chose quand j'ai commencé à fréquenter Pia. J'avais enfin trouvé mon trou carré."

 

"Je crois que c'est à peu près comme ça qu'ils se sont séparés, mais je n'y mettrais pas ma main à couper. Les parents ne te racontent jamais tout, même pas les mères. [...] Je ne suis pas dupe. S'il lui avait envoyé un télégramme  disant "Noie l'enfant et rejoins-moi" , elle n'en aurait pas fait la moindre allusion devant moi." Elle me protégera toujours."

 

" - Je n'aime pas l'idée qu'une vieille âme d'occasion se trouve dans mon corps, a dit Pia. C'est comme une pomme que quelqu'un aurait déjà croquée."

 

"Ce n'est pas moi qui mélange tout ! a hurlé Pia, mais tous ces hommes de pouvoir en jogging qui disent que "nous" devons faire ci et ça et que "nous" n'avons plus les moyens pour ci et ça, comme si on était tous des copains ou des cousins... Je ne les ai pas autorisés à me "nounoyer" !"

 

****

 

(137 pages - Babel - 2 mars 2011 - 6,50€)

 

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2010-08-05T09:26:00+02:00

La Reine des lectrices - Alan Bennett

Publié par MyaRosa

 

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Quatrième de couverture :

 

Que se passerait-il Outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, plus rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?

 

 

Mon avis :

 

  J'attendais ce livre avec beaucoup d'impatience, et je n'ai pas été déçue. Alan Bennett nous entraîne dans une farce étonnante et hilarante. En effet, la reine d'Angleterre se découvre tardivement une passion dévorante pour la lecture. Elle en vient à ne plus penser qu'à ça, à écourter ses réunions, à ne plus parler que de lecture. Autant vous dire que ça ne plait pas à tout le monde...

 

 J'ai trouvé ce court roman vraiment drôle et intéressant et je comprends pourquoi on en entend parler à ce point sur la blogosphère.Nous qui sommes tous accros à la lecture, nous comprenons parfaitement l'intérêt que lui porte la reine et le temps que lui prend cette passion. Nous nous reconnaissons forcément à un moment ou à un autre dans ce roman. Le style d'Alan Bennet est simple et agréable et ce petit livre ne manque vraiment pas d'humour ! Je le conseille à tous les amoureux des mots, à ceux qui savent ce que c'est que de passer toute une journée à lire sans voir le temps passer, à considérer parfois le reste comme une perte de temps, à ne plus penser qu'au livre que l'on est en train de lire, même lorsque l'on est bien entouré. Je suis certaine que vous trouverez un peu de vous dans cette histoire et que ça vous fera sourire.Une jolie découverte et un livre qui mérite largement l'engouement qu'il suscite.

 

Merci à  livraddict logo big

et   aux éditions  logo-folio.png

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2010-06-18T16:20:00+02:00

Maudit karma - David Safier

Publié par MyaRosa

 

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Quatrième de couverture :


Animatrice de talk-show, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle est écrasée par une météorite. Dans l'au-delà, elle apprend qu'elle a accumulé beaucoup trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fille et trompé son mari, mais elle a rendu la vie impossible à son entourage. Pour sa punition, Kim se réincarne en fourmi. Et le pire reste à venir : de ses minuscules yeux d'insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite remonter l'échelle des réincarnations. Mais, de fourmi à bipède, le chemin est long. Kim devra surmonter bien des obstacles... et, au passage, revoir la plupart de ses conceptions sur l'existence !


Tour à tour incisif, léger et émouvant, Maudit Karma est un roman jubilatoire.


"Diablement malin et trépidant." Glamour

"Incisif, léger, absurde, fin, drôle et triste à la fois : un mélange explosif !" Hessische Allgemeine


Mon avis :


 C'est avec beaucoup d'impatience que j'attendais la sortie-poche de ce livre dont j'avais entendu beaucoup de bien. J'ai été très heureuse de constater que la couverture est la même que pour l'édition grand format, car je la trouve vraiment jolie et drôle. Elle est parfaitement adaptée à cette histoire. Ce qui arrive à Kim est à la fois affreux, mais aussi drôle et jubilatoire. Ses différentes réincarnations permettent de mettre en scène des aventures extraordinaires et des situations vraiment très amusantes. Pour en citer quelques unes, Kim se retrouve obligée de travailler dans une fourmillière sous les ordres d'une autre fourmi qui ne mâche pas ses mots. Elle se retrouve également métamorphosée en cochon d'inde et cobaye pour des expérience dans un laboratoire, ou encore changée en ver de terre dont la préoccupation principale est de ne pas finir coupé en deux sous une tondeuse à gazon. En dehors de ces situations vraiment amusantes, le style de l'auteur est lui-même très drôle. J'ai trouvé ce livre vraiment bien écrit et je me suis surprise à rire aux éclats de nombreuses fois et ça fait un bien fou ! Lors de ses diverses réincarnations, Kim rencontre d'autres êtres réincarnés tels qu'Einstein ou encore Casanova. Ce dernier va la suivre dans une bonne partie de ses aventures et devenir un ami fidèle qui lui sauvera la vie plus d'une fois. Le récit est agrémenté de passages tirés des mémoires de Casanova. Ces passages sont vraiment hilarants !


 Malgré tout, ce livre n'est pas seulement drôle, il est parfois très triste. J'ai eu mal au coeur pour Kim qui voit son ancienne meilleure amie mettre le grappin sur son mari et sur sa fille. Grrrrr , comme je l'ai détesté celle-là ! En lisant Maudit Karma, j'ai été émue, triste, joyeuse, mais je ne me suis jamais ennuyée. Je n'ai rien trouvé de superflu, de moins prenant, de lassant, j'ai vraiment adoré ce livre du début à la fin et je ne peux que vous le conseiller de tout coeur ! C'est une très belle histoire, une jolie leçon de vie et un livre vraiment divertissant. Je suis certaine que vous passerez un bon moment. Comment pourrait-il en être autrement ? C'est un livre que j'ai envie de faire découvrir autour de moi et que je relirai en étant certaine de passer une fois encore un excellent moment ! J'ai déjà hâte de retrouver le style si agréable de David Safier. Je sais qu'il a écrit un autre livre : Jésus m'aime dont les critiques sont tout aussi élogieuses.


(342 pages - éditions Pocket - avril 2010 - 6,90€)

 

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2010-06-14T22:00:00+02:00

Le Temps n'est rien - Audrey Niffenegger

Publié par MyaRosa


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Quatrième de couverture :


"Je l'aime. II représente tout pour moi. Je l'ai attendu toute ma vie et à présent il est là. (J'ai du mal à m'expliquer.) Avec lui je peux contempler mon existence dans sa totalité, comme une carte, passé et futur réunis, comme un ange... [..] Tout est déjà arrivé. Tout en même temps. "

Nous avons tous déjà eu cette impression d'avoir rencontré une personne quelque part avant, ou de l'avoir connue dans une autre vie... Et si c'était dans un autre temps ?

Quand Henry, bibliothécaire, voit arriver Claire, une artiste séduisante, il ne peut croire à l'incroyable : ils se connaissent depuis des décennies, même s'il ne s'en souvient pas. Car Henry est atteint d'une maladie qui le propulse dans le temps. Il a rencontré Claire alors qu'elle était enfant et va sans cesse partir et revenir à des époques de leurs vies respectives...

L'histoire folle et romanesque d'un amour absolu et éternel.

 

Attention : Ce livre existe également sous le titre : De toute éternité (merci Florel)

 

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Mon avis :


 J'ai acheté ce livre il y a déjà plusieurs mois, mais j'avais un peu peur de me lancer dans cette lecture. J'avais peur de m'emmêler les pinceaux, de ne pas m'y retrouver à travers toutes ces dates et toutes ces époques différentes, et je dois vous avouer que si Abeille  et Choupynette ne m'avaient pas proposé d'en faire une lecture commune, il serait resté encore un bon bout de temps à dormir au fin fond de ma PAL. Pourtant, après les premières pages assez déroutantes, on se prête vite au jeu de l'auteur et le temps et la chronologie n'ont plus aucune importance.


 Claire fait la connaissance d'Henry alors qu'elle n'est qu'une petite fille et lui déjà un homme adulte. Pourtant, ils n'ont que huit ans d'écart. Bizarre, non? Henry souffre d'un mal étrange, il se déplace dans le temps malgré lui, et se retrouve n'importe où et à des époques différentes. C'est assez compliqué à expliquer, mais cette situation pour le moins hors du commun, donne lieu a des scènes vraiment cocasses. Ainsi, le Henry de vingt-huit ans se retrouve parfois en grande conversation devant un chocolat chaud avec le Henry âgé de huit ans. Il lui arrive de croiser ses parents au coin de la rue alors qu'ils viennent seulement de se rencontrer. Après sa rencontre avec Claire, il lui raconte son problème et la prévient de ses visites futures que la fillette attend déjà avec impatience. Un lien particulier les unit, et si Claire n'est qu'une fillette, elle sait déjà qu'Henry est l'homme de sa vie et qu'il ne peut pas en être autrement. C'est le début d'une grande histoire d'amour, hors du temps, et qui s'étale sur toute une vie...


 C'est un récit vraiment bouleversant. J'ai adoré les passages où l'on retrouve Claire et Henry enfants, et j'ai beaucoup aimé toute cette histoire insolite et abracadabrante. C'est l'histoire d'un amour absolu, d'un amour que rien ni personne ne peut détruire et ce, malgré une situation plus que compliquée et une route semée d'embûches. Car je parlais précedemment de scènes cocasses, mais il y a aussi des passages terriblement durs dans ce roman. Tout n'est pas rose, loin de là, et pourtant leur amour est merveilleux. C'est ce qui fait que cette histoire est si bouleversante et, même si c'est paradoxal, crédible. On se sent proche des personnages que l'on côtoie à différentes époques de leur vie. On les aime et on ne veut qu'une chose, qu'ils soient réunis et heureux ensemble.

Mais est-ce vraiment possible vu la situation ? A vous de le découvrir... Je n'en dirai pas plus car je ne veux pas vous gâcher le plaisir. C'est un livre à lire absolument !


(521 pages - Editions J'ai Lu - 2006 - 8,90€)


Le petit plus : Ce livre a été adapté au cinéma et il vient de sortir en DVD.

Je ne l'ai pas encore vu mais ça ne saurait tarder...

Voici la bande-annonce : (ATTENTION : Si vous n'avez pas lu le livre ça pourrait vous gâcher un peu l'effet de surprise car il y a pas mal de spoilers...)





C'est le deuxième roman d'Audrey Niffenegger que je lis, et j'ai été séduite par les deux. C'est vraiment un auteur à suivre, elle écrit vraiment bien et a une imagination débordante.

Si vous ne connaissez pas encore Les Jumelles de Highgate, n'hésitez-pas à aller faire un petit tour par ici :

 

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2010-04-26T15:14:00+02:00

Le Compagnon de voyage - Curzio Malaparte

Publié par MyaRosa

 

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Quatrième de couverture :


Fable pudique, baroque et pleine d'humanité, Le Compagnon de voyage a pour cadre l'Italie de 1943. Après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice, les hommes de troupe, désormais sans ordres et sans chefs, décident de rentrer chez eux.


*


'Le Compagnon de voyage' est une fable qui a pour cadre l'Italie de 1943, après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice. Le nouveau régime, dirigé par le général Badoglio, ne peut contenir des hommes qui, sans ordres, sans chefs, décident de rentrer chez eux tandis que les troupes alliées débarquent sur les côtes du Sud. Au milieu de cette étrange débandade, un soldat bergamesque, Calusia, remonte la Péninsule jusqu'à Naples. Il s'est juré de rendre à sa famille la dépouille de son lieutenant, mort en Calabre lors des ultimes combats désespérés et vains contre le débarquement allié. Honnête paysan, fier de ses origines, Calusia traverse l'Italie en compagnie de l'âne Roméo et d'une jeune fille qu'il a prise sous sa protection. A travers ses rencontres se dessine un portrait du peuple italien, abruti par la faim et la peur, corrompu par la défaite, capable des pires bassesses, mais aussi plein de générosité et de courage.


Mon avis :



 Ce livre a été lu dans le cadre d'une lecture commune sur le forum Partage Lecture. Je remercie le forum ainsi que les éditions Quai Voltaire/ La Table ronde pour cette magnifique découverte, car sans cette opportunité, je pense que je ne me serai pas arrêtée devant ce livre.

 

 Cette oeuvre est très courte, une petite centaine de pages, ce qui ne l'empêche pas d'être touchante et percutante. J'ai été séduite par l'écriture de Curzio Malaparte, auteur que je ne connaissais pas. Son style est agréable et plein de poésie. Je me suis tout de suite attachée à Calusia, homme de parole, qui traverse son pays dévasté, bravant les dangers et mettant de côté son propre sort, car il a promis à son lieutenant de ramener son corps auprès de sa mère. Au cours de son périple, Calusia fait de nombreuses rencontres, heureuses ou mauvaises, et j'ai suivi ce voyage comme si j'y étais.

 

 J'ai découvert une part de l'histoire que j'ignorais totalement et qui est admirablement décrite par Curzio Malaparte. On découvre le malheur, la pauvreté, les soldats qui ne savent plus ce qu'ils doivent faire, les orphelins qui errent dans les rues désertes, les voleurs qui s'emparent des dernières richesses et des restes de nourritures, laissant les villageois mourir de faim. C'est révoltant et consternant. On assiste impuissants au malheur sous toutes ses formes, et pourtant Curzio Malaparte arrive à mettre de l'espoir et de la poésie dans son récit. Calusia incarne la loyauté, la bonté, l'humanité. C'est un personnage profondément humain et incroyablement attachant.

 

 J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre et je vous le conseille fortement !


Un grand merci au forum

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ainsi qu'aux éditions de la Table Ronde.



(107 pages - Quai Voltaire/ La Table Ronde - 2009 - 14€)



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2010-04-19T11:14:00+02:00

Speed Queen - Stewart O'Nan

Publié par MyaRosa

 

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Quatrième de couverture :


Marjorie aime tout ce qui va vite - " fast food, fast cars ". Elle tombe amoureuse de Lamont parce qu'il partage son goût pour les bolides ; et ce n'est sans doute pas un hasard si Natalie, son amante, est serveuse dans un diner. Lors d'une virée sur la Route 66, ce trio dévastateur glisse dans la grande délinquance. Un hold-up qui tourne mal, un braquage qui se transforme en tuerie, c'est le début d'une dérive qui s'achève par la mort de Lamont, l'arrestation des deux filles et la peine de mort pour Marjorie. Enfermée dans sa cellule, dans le " couloir de la mort ", Marjorie attend l'heure de son exécution. Avant de mourir, elle adresse à Stephen King - le seul écrivain qu'elle ait jamais lu - une cassette contenant ses confessions, en espérant qu'il en tirera un best-seller. Si son histoire nous fascine, c'est qu'à travers le regard de Marjorie une Amérique à la fois étrange et familière se dévoile. Un pays d'enfants perdus, armés jusqu'aux dents, qui ne voient aucun mal à s'envoyer en l'air de toutes les manières possibles. Un pays où le culte de la célébrité est devenu une nouvelle religion, et où la morale dominante oscille entre l'univers des séries TV les plus brutales et les films de Walt Disney.



Mon avis :


 Je ne connaissais pas du tout Stewart O'Nan, mais si tous ses livres sont dans la même veine, ça promet ! Marjorie est condamnée à mort et revient sur son histoire, sur ce qui a fait qu'elle en est là aujourd'hui. Elle ne raconte pas cela à n'importe qui, mais à Stephen King ! Elle a signé un contrat et doit répondre à ses questions afin qu'il fasse de cette histoire un roman, et peut-être même un film. Ses réponses sont numérotées, elle les enregistre sur des cassettes, mais on ne connait pas les questions posées. On les comprend au travers des réponses. C'est un témoignage, une confession qu'elle adresse aussi à son fils, afin que plus tard, il sache ce qui est vraiment arrivé. Les réponses et souvenirs de Marjorie sont assez désordonnés, ça part un peu dans tous les sens, elle passe d'un sujet à un autre à toute vitesse, fait en plus de son histoire, des suggestions à Stephen King sur ce qu'il pourrait enlever ou ajouter (détails, musique, décors,...) et puis, comme elle s'enregistre et que le texte est retranscrit tel quel, le langage utilisé est familier, les phrases ne sont pas toujours bien construites. C'est assez déstabilisant au début, mais c'est finalement ce qui donne tout son sens à l'histoire, ce qui le rend crédible et qui fait qu'on s'attache autant à Marjorie malgré son passé.


 Ca parle beaucoup de drogue, de voitures, de fast-food. Ce n'est pas franchement ma tasse de thé, et pourtant, Marjorie a réussi à m'embarquer dans son histoire. Je m'imaginais vraiment traversant les Etats-Unis à toute vitesse en dévorant des hush puppies, des pig-in-a-blanket et des beef jerky. Quoi? Vous ne connaissez pas? Le traducteur a inséré un glossaire à la fin du livre. Ouf! Quand j'ai vu ça, je me suis dit, "un glossaire spécial fast-food? Mais comment on peut avoir besoin de faire un glossaire pour deux, trois noms?" Mais j'ai vite compris que le glossaire était bien utile. Marjorie est une spécialiste des fast-food et emploie des noms étranges à tout bout de champs. Bon, je l'avoue, je ne les ai pas tous lus au fur et à mesure, car j'avais quand même compris l'esprit et puis il y en a tellement... Mais une fois le livre terminé, je me suis replongée dans ce glossaire pour faire durer encore un peu le plaisir. Ce qui rejoint mon seul regret concernant ce livre... il est beaucoup trop court! Je l'ai tellement aimé que j'aurais aimé avoir encore plusieurs centaines de pages à lire. C'est un roman noir, pas un thriller ou policier. Il n'y a pas beaucoup de suspense et on se doute de la fin, mais ce n'est de toute façon, pas le but recherché. Tout est dans l'originalité du texte, du style de Stewart O'Nan. J'ai déjà très envie de me plonger dans un autre de ses livres. Je remercie Blog-o-book et les éditions Points pour cette découverte et je vous le conseille fortement !<3


(307 pages - éditions Points - Mars 2010 - 7€)

 

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2010-03-26T23:30:00+01:00

Une Enfance australienne - Sonya Hartnett

Publié par MyaRosa

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Quatrième de couverture :


Adrian a 9 ans. Il vit dans une petite ville australienne, il adore dessiner, il aime les glaces, rêve d'avoir un chien. Il a souvent peur aussi. Peur des sables mouvants, des monstres marins et de la combustion spontanée. Ses parents ont disparu. Il est élevé par un oncle presque mutique et une grand-mère autoritaire. À l'école, son meilleur ami s'appelle Clinton, même si celui-ci l'abandonne très vite pour l'"intello" de la classe. Il y a aussi ces trois enfants, Zoe, Christopher et Veronica, qui, par une belle journée d'automne, sont partis se promener, et ne sont jamais revenus... Alors Adrian se demande quel est cet homme qui vient de s'installer en face de chez lui. Et pourquoi les volets restent clos. Dans cette bourgade étouffante où rien ni personne n'est innocent, dans cette famille repliée sur elle-même et un rien bizarre, Une enfance australienne raconte l'histoire d'un jeune garçon solitaire mais très curieux. Peut-être un peu trop...

Tout l'univers étrange et poétique de celle que le magazine Elle avait comparé à Fauklner mâtiné de Stephen King. Un livre à déconseiller aux âmes sensibles.


Mon avis :

 Après ma lecture de Finnigan et moi dont je vous parlais il y a quelques temps, j'avais très envie de lire Une Enfance australienne, le deuxième roman de Sonya Hartnett publié en France. Sophie a eu la gentillesse de me le prêter et je l'en remercie infiniment car c'est un véritable coup de coeur. Bien que les deux romans soient totalement différents, j'ai retrouvé ce qui m'avait charmé. L'écriture est sublime, on plonge dans un univers sombre et mélancolique, l'ambiance est étrange et une menace plane tout au long du roman, sans que l'on puisse l'identifier. On doute de tout et de tout le monde et on se demande où l'auteur veut nous emmener.

 Une Enfance australienne est l'histoire d'un petit garçon qui a l'impression de ne pas avoir sa place. Personne ne semble vouloir de lui, ses parents l'ont confié à sa grand-mère, et bien que celle-ci l'aime, elle voudrait profiter de sa retraite et la charge de cet enfant lui pèse. Adrian le sait et il a peur. En fait, il a peur de tout : de la nuit, des monstres marins, de la combustion spontanée, des sables mouvants, et par dessus tout, il a peur d'être abandonné et peur de finir dans ce foyer près de son école où on y place des enfants "dingos" comme la jument, cette fille de sa classe qui se prend pour un cheval. Il n'a qu'un ami, et même celui-ci le délaisse. Adrian se sent terriblement seul et a l'impression d'être nul. Il voudrait faire quelque chose d'extraordinaire pour changer le regard que les autres lui portent. Et s'il retrouvait les enfants disparus dont tout le monde parle ? D'ailleurs, qui sont ces enfants qui viennent d'emménager en face de chez sa grand-mère ?

 J'ai été bouleversée par l'histoire de ce petit garçon qui a l'impression que personne ne veut de lui. Il a entendu des conversations qu'il n'aurait pas dû entendre, et il sait qu'un jour ou l'autre, on le renverra ailleurs. Il se sent rejeté et est effrayé par tout ce qui l'entoure, pauvre petit bout de 9 ans... C'est une histoire terriblement étrange, triste et sombre que j'ai eu beaucoup de mal à lâcher. J'ai été bouleversée du début à la fin, et encore une fois, transportée par les mots de Sonya Hartnett. Ce livre est quand même moins particulier que Finnigan et moi, mais pas moins sombre. Je ne m'attendais pas à une telle fin, certaines questions restent sans réponse, mais c'est cohérent avec le reste du roman. En résumé : un livre bouleversant, à lire absolument !

 J'ai encore une fois été surprise et séduite par la beauté des mots de Sonya Hartnett. J'ai fait quelques recherches et je suis vraiment étonnée. Elle a écrit de nombreux livres récompensés, pour la plupart, et pourtant seuls deux romans ont été traduits en français. (Pour info : Une Enfance australienne a été écrit avant Finnigan et moi). J'espère que ces deux livres auront du succès, ils le méritent, et que d'autres seront bientôt traduits en français car il me tarde de retrouver cet univers si particulier. Encore une fois, un grand merci à Sophie.


***

" Adrian est un enfant pour qui la vie peut s'effondrer à la moindre occasion. Une seule petite difficulté suffit à le briser. Devant la fenêtre, il se laisse envelopper par l'inquiétude; la marée des soucis lui soulève le coeur. Ses yeux gris s'humectent. Ses angoisses semblent vouloir s'infiltrer. Il n'a que neuf ans, mais le monde tente déjà de le submeger. Il ne sait pas comment il survivra quand il sera grand, quand ses angoisses auront crû avec les années, quand elles auront fleuri, quand elles se seront multipliées. "

" Il détourne le regard. Elle le fixe une minute. Pense que c'est étrange, étrange que l'amour soit si proche de la haine. Que ces deux sentiments soient capables de coexister. Que leur mélange donne parfois naissance à un sentiment nouveau, plus doux."

"Adrian adore la maison de Clinton. Elle est belle comme un sapin de Noël. Il y fait chaud, et la télévision braille en permanence. La mère de Clinton est une matrone qui crie sans cesse, parfois sur ses enfants ou sur son époux, mais sur tout et tout le monde, car c'est le monde entier qui l'irrite. Le plus simple, pour avoir la paix, c'est de toujours faire ce qu'elle dit, ni plus ni moins. C'est pourquoi son mari ne prend jamais la moindre initiative. Il n'agit qu'après avoir obtenu l'aval de son épouse. Il a le droit d'habiter ici à condition de ne pas déranger. Il n'est qu'une araignée microscopique qui partage sa toile avec une énorme mygale."

"Personnellement, Mme Tull trouve que Beattie a un visage aussi avenant qu'un coup de tonnerre. Beattie, elle aussi, a une haute opinion de la dame, incluant un pronostic vital réservé à court terme puisque, à l'en croire, avant d'avoir fêté ses quarante ans, la pauvre succomberait à une crise cardique - elle l'aura cherché. Les deux dames sont d'une exquise politesse lorsqu'elles se rencontrent."

"Adrian suit le sentier. Les arbres défilent. Le ciel est un bloc de nacre, une pierre tombale, une coquille qui enveloppe le parc. Un toit fragile au-dessus du monde."

***

(Of a boy - 198 pages - Le Serpent à plumes - 11 février 2010 - 18,50€)


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Mon avis sur Finnigan et moi du même auteur.


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2010-03-22T17:51:00+01:00

Délicieuses pourritures - Joyce Carol Oates

Publié par MyaRosa

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Quatrième de couverture :

« Des larmes me piquaient les yeux. Pas les larmes provoquées par le coup de téléphone de ma mère, la veille, mais les larmes de bonheur de mon rêve. Car la voix de mon professeur Andre Harrow était la voix même de mon rêve, sans aucun doute possible. Tu seras aimée, Gillian. Je prendrai soin de toi. »

Un campus féminin, dans la Nouvelle-Angleterre des années 1970. Gillian Bauer, vingt ans, brillante étudiante de troisième année, tombe amoureuse de son charismatique professeur de littérature, Andre Harrow. Celui-ci a décidé de faire écrire et partager en classe à ses élèves leur journal intime. Et gloire à celle qui offrira son intimité en pâture ! Anorexie, pyromanie, comportements suicidaires... un drame se noue. En son centre, l'épouse du professeur, énigmatique sculptrice qui collectionne la laideur.

Un récit haletant, un roman dense et pervers par l'un des plus grands auteurs américains de ce siècle.



Mon avis :


 L'histoire se déroule sur un campus américain dans les années 1970. On s'immisce dans le quotidien de Gillian, jeune et brillante étudiante qui, comme toutes ses camarades, est follement amoureuse de son professeur de littérature. Celui-ci est assez charismatique et particulier. Il leur demande de tenir un journal intime, d'y détailler sans retenue les détails les plus intimes de leur vie, leurs fantasmes, leurs traumatismes, et leur fait lire à voix haute. Celle qui va le plus loin est chaudement complimentée et une sorte de compétition naît entre les étudiantes. Les masques tombent, certaines avouent avoir été victimes d'abus sexuels, d'autres parlent sans pudeur de leur anorexie, de leurs tendances suicidaires,... Gillian, jeune et pûre est fascinée par l'audace de ce professeur et ferait tout pour attirer son attention. Elle pense à lui, nuit et jour, allant même jusqu'à espionner sa femme, Dorcas, une énigmatique sculptrice dont les oeuvres font scandale. Pendant ce temps, les incendies se succèdent sur le campus, créant une vague de panique parmi les étudiantes et certaines d'entre-elles disparaissent...

 
Nous avions choisi ce titre de Oates pour notre lecture commune mensuelle sur Passion-Livres, et bien qu'ayant voté pour ce titre, j'appréhendais beaucoup cette lecture car j'avais lu de nombreuses critiques négatives. Je découvre l'auteur, et il est vrai que le style de Joyce Carol Oates est très particulier. Je ne sais pas si tous ses livres sont dans le même genre, mais celui-ci est assez pervers, choquant, déroutant et je comprend qu'on puisse ne pas du tout aimer. Je ne suis pas habituée à ce genre de livres et pourtant j'ai adoré. J'ai été fascinée du début à la fin, pas tant par l'histoire en elle-même, que par l'écriture si particulière de Oates qui m'a séduite. Je me suis surprise à relire plusieurs fois certaines phrases que je trouvais vraiment bien écrites, j'ai d'ailleurs pas mal de passages à citer, mais vous verrez ça à la fin de mon billet... C'est une oeuvre singulière, choquante, certains vont l'adorer, d'autres la détester, mais ce qui est sûr c'est qu'elle ne laissera personne indifférent. Il est difficile d'avoir un avis neutre sur ce livre tant il est particulier et, à en croire les critiques lues ici et là, je pense que c'est le cas de la majorité des livres de Joyce Carol Oates. Je comprends mieux pourquoi elle fait partie des auteurs incontournables car ce livre ne ressemble en rien à ceux que j'ai déjà lus et vaut la peine qu'on s'y attarde. C'est donc pour moi une agréable surprise, une très belle découverte et je compte bien me pencher sur les autres livres de Mme Oates. Le prochain sur ma liste sera certainement Viol, une histoire d'amour car il est déjà dans ma PAL. Si vous l'avez lu, j'aimerais beaucoup savoir ce que vous en avez pensé.

***

" Vandaliser une oeuvre d'art est une autre forme d'art. J'adore les insultes, elles sont toujours sincères. "

" Parfois on tombe amoureux sans le savoir. Sans s'en rendre compte. Et c'est trop tard, on ne peut pas revenir en arrière. "

" Parfois mes yeux se remplissaient brusquement de larmes. Je suis si heureuse que mon coeur pourrait éclater. "

" [...] la jalousie me perçait le coeur lorsque je voyais Marisa, cheveux soyeux tombant sur le visage, accomplir ce rituel érotique consistant à approcher sa cigarette, serrées entre ses lèvres maquillées, de l'allumette enflammée de M. Harrow, oser mettre ses petites mains en coupe autour de la sienne, puis inhaler avec volupté. "Merci Andre !" J'enviais les fumeurs mais ne pouvais les imiter, la fumée me piquait les yeux et me faisait tousser. J'étais une enfant jouant avec des jouets d'adultes. "

" Il récitait des poèmes de Blake, Shelley, Whitman, Yeats et Lawrence avec une telle ferveur que l'on comprenait que la poésie valait que l'on meure pour elle."

" La façon dont une obsession naît, s'enracine comme une mauvaise herbe virulente..."

" Ils m'aimaient, je crois. Si le désir est amour. Pas toujours mais quelquefois. Ce soir-là, sûrement."


***

(125 pages - J'ai Lu - Roman - 6 octobre 2005 - 3,70€)


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