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litterature francophone

2020-02-14T06:57:17+01:00

Le Village

Publié par MyaRosa

Virginie Delage

238 pages, éditions Michel Lafon, février 2020

Quatrième de couverture :

Finalement, je ne sais pas ce qui a déclenché tout ça. Son regard, à lui. Ses yeux, à elle. Ou le gosse ? Le gosse me demandant : "Tu viens nous aider ?"
J'ai la rage, soudain. Tout ça, c'est à cause de lui. Uniquement à cause de lui. Voilà pourquoi je m'apprête à faire une chose que je n'aurais jamais pensé faire, moi qui ne suis pas un violent. Dans quelques minutes, je vais tuer cet homme. "


Les villages de l'adolescence sont parfois dangereux, quand on les revisite, des années plus tard, et qu'on se confronte à ses rêves de jeunesse...

 

Mon avis :

 

 Je viens tout juste de refermer ce roman et il fallait absolument que je note tout de suite mes impressions, que je vous en parle « à chaud » car il m’a surprise, m’a bousculée, a fait valser mes certitudes et pour ne rien vous cacher, j’ai adoré ça ! J’en ressors complètement chamboulée et pas forcément au top de l’optimisme, mais j’aime quand un livre me fait cet effet-là ! J'aime quand un roman me surprend et celui-là frappe là où on ne l'attend pas.

 

 Je vais rester volontairement évasive car pour une fois la quatrième de couverture ne nous en dit pas trop et je pense qu’il est bien de se plonger dans cette histoire sans trop savoir à quoi s’attendre. Ce que je peux vous dire, en revanche, c’est qu'il dit beaucoup sur le monde d'aujourd'hui et sur notre société. L’auteure s’amuse avec nous. Elle nous attrape dès les premières pages de son livre et nous entraîne dans deux histoires qui ne se ressemblent pas mais qui nous tiennent toutes les deux en haleine. L'un des personnages semble marqué par son enfance et n'arrive pas à s'en détacher tandis que l'autre ne jure que par l'avenir, les objectifs à atteindre et la réussite. L’écriture est fluide et percutante. Les pages se dévorent en un rien de temps. Je me suis posée des tonnes de questions, j’ai envisagé des tas de possibilités, j’ai cherché des indices, je me suis perdue, j’ai douté, je me suis replongée dans mes souvenirs et ça a été une lecture hyper stimulante !

 

 Il y a tant à dire sur ce livre et en même temps il faut vraiment le découvrir par soi-même. J’aimerais en parler avec quelqu’un qui l’a lu, savoir s’il en tire les mêmes leçons que moi. Là où l’auteure fait très fort, je trouve, c’est qu’elle nous offre un thriller psychologique hyper prenant dans un univers (ou plutôt deux) très précis qui pourtant font écho à nos propres vies même si nous n’avons aucune ressemblance avec les personnages et ce qu’ils ont vécu. On gratte là où ça fait mal. On creuse ces petites blessures que l'on croyait cicatrisées mais qui sont encore là, bien au chaud sous une couche de vernis qui fait illusion mais ne nous protège pas. J'aime ce qu'il nous montre et ce qu'il nous dit sur nos choix, notre ascension et le sens de tout cela. On s'interroge sur ce qu'aurait pu être notre vie si nous avions pris d'autres décisions, d'autres chemins. Il y a tant de possibilités. Et si...

 

 Dans ce livre on parle d’insouciance, de jeunesse, de souvenirs d’enfance qui s'accrochent à nous quoi qu'on fasse et où que l'on soit, de rêves et d’ambition, des désillusions que l’on peut avoir à l’âge adulte, de la cruauté du monde du travail dans lequel chacun essaie de trouver sa place et de gravir les échelons avant l’autre, de la façon dont cela nous déshumanise et peut nous faire oublier l'essentiel. On parle de notre volonté de vouloir briller, épater, faire mieux que le voisin et de la quête perpétuelle du bonheur. On parle de la vie qui nous rend plus lisse et nous fait parfois oublier qui nous étions. Mais on parle surtout de regrets, de rancoeurs, de remords et de solitude. On cherche tous à atteindre le bonheur, la réussite, mais à quel prix ? Que sommes nous prêts à sacrifier pour y arriver ? Sommes nous véritablement maîtres de nos vies ?

 

 Ce roman est beaucoup plus profond et plus noir qu’il n’en a l’air. Ce n'est pas un livre que l'on lit en se laissant porter. Tout le long on réfléchit, on s'interroge, on se pose de plus en plus de questions et ça continue longtemps après qu'on l'ait refermé. Ça ne s'arrête pas là. On ne passe pas à autre chose comme ça, sans se retourner, juste en tournant la page. C'est une lecture qui vous prend aux tripes, vous secoue et vous donne mal au ventre. Je n’ai aucun doute sur le fait que cette lecture percutante va me hanter longtemps…

 

 

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2020-01-28T06:58:13+01:00

L'Année du gel

Publié par MyaRosa

Agatha Portail

356 pages, Calmann-Lévy (Territoires), janvier 2020

L'histoire :

Le crime s’invite dans un château du Bordelais.

Été 2017. Après un épisode de gel qui a dévasté ses vignes, Bernard Mazet se range à l’idée de sa femme d’ouvrir des chambres d’hôtes pour sauver la propriété familiale de Haut Méac. Le château affiche complet avec la venue d’un groupe de trentenaires pour une semaine. La fantasque Olivia, Vincent, le célibataire volage, Clara, si discrète, et leurs deux couples d’amis semblent heureux de se retrouver. Mais dans la chaleur écrasante, les esprits s’échauffent et les drames personnels refont surface.
À l’aube du quatrième jour, un cadavre est découvert dans la chambre froide du château. Le major Dambérailh, chef de la brigade locale, est chargé de l’affaire. Tandis que les conflits d’intérêt émergent au sein de son équipe, sa tante Daphné, vieille fille loufoque, s’invite dans l’enquête. Il faudra exhumer bien des secrets honteux ou douloureux pour que la lumière se fasse.

 

Mon avis :

 

 Si j'étais emballée par la présentation de ce roman, j'étais loin de me douter qu'il me plairait autant...

 

 Chaque année, des amis se retrouvent pour passer quelques jours ensemble et parler du bon vieux temps. Car s'ils se sont connus durant leurs études, ils ont tous pris des chemins bien différents, n'habitent pas les mêmes régions et n'ont pas les mêmes centres d'intérêt. A y regarder de plus près, ils n'ont d'ailleurs plus grand chose en commun et passent leur temps à s'envoyer des piques ou à dire du mal des uns et des autres. Cette année, ils se retrouvent dans un château bordelais, sur l'exploitation de Bernard Mazet et de sa femme qui ont du mal à joindre les deux bouts. Balades champêtres, cueillettes, parties de tennis, repas bien arrosés, derrière cette insouciance de façade, tout le monde semble sur les nerfs. Il faut dire qu'il fait une chaleur écrasante. La tension monte de plus en plus, de vieilles rancoeurs et des non dits semblent envahir l'espace. La tranquillité de cet endroit où tout le monde se connaît va être bouleversée lorsqu'un corps est retrouvé dans la chambre froide du château...

 

 J'ai vraiment adoré l'ambiance de ce roman qui m'a fait penser aux écrits de grandes romancières anglaises comme Agatha Christie ou Ruth Rendell. Le suspense est vraiment bien mené. On sent la tension monter et on doute de tout et de tout le monde. Chaque personnage a ses petits secrets et on se demande jusqu'où il serait prêt à aller pour les garder. J'ai également beaucoup aimé l'aspect terroir de ce roman. Les descriptions du quotidien des habitants du village, les difficultés rencontrées par les viticulteurs dépendants de la météo, le fait que les flics locaux aient tous des liens avec les personnes qu'ils interrogent durant leurs enquêtes et les conflits d'intérêt que cela génère. J'ai également adoré la tante Daphné et son abbaye qui tombe en ruine. Comme beaucoup de gens possédants des titres et des domaines, on l'imagine vivre dans le grand luxe alors qu'elle peine à garder son logis et vit avec une flaque d'eau au milieu de sa cuisine... J'ai aussi beaucoup aimé les descriptions du quotidien de Colette : ses tartes aux fruits, ses infusions maison et ses graines qu'elle envoie pour transmettre ses voeux. Il y a un tel décalage entre la vie des habitants du village et celle du petit groupe d'amis !

 

 Ce roman est vraiment une belle surprise ! Je l'ai trouvé très bien écrit, bluffant, avec beaucoup d'humour et de suspense et une manière très juste d'analyser les personnalités et les émotions. Une fois plongée dedans, j'ai eu beaucoup de mal à m'arrêter de lire. J'avais envie de connaître le fin mot de l'histoire et en même temps je n'avais pas du tout envie que ça se termine. J'avais envie de ressentir encore la chaleur écrasante et l'orage qui gronde, l'odeur des fleurs fraîchement coupées et des tartes aux fruits qui refroidissent sur le bord d'une fenêtre. J'avais envie de participer à la cueillette organisée chez Daphné et j'avais envie de continuer à espionner tout ce petit monde et à découvrir d'autres petits secrets bien cachés. J'ai totalement adoré du début à la fin et j'aimerais lire d'aussi bons romans plus souvent. Je crois que je tiens là mon premier coup de coeur de l'année !

 

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2019-12-30T12:51:10+01:00

Pas si simple

Publié par MyaRosa

Lucie Castel

317 pages, Harper Collins (&H), novembre 2017

L'histoire :

Parce que, dans la vie, rien n’est simple, Scarlett se retrouve coincée par la neige à l’aéroport d’Heathrow avec sa sœur Mélie l’avant-veille de Noël.


Parce que, dans sa vie, tout est compliqué, Scarlett entre par erreur dans les toilettes des hommes et tombe sur William, un Britannique cynique et provocateur dont le flegme et le charme distingué sont ce que la Grande-Bretagne promet de mieux. Les heures d’attente leur permettent de faire plus ample connaissance et William leur propose alors de passer le réveillon dans sa maison, près de Kensington Street, le temps que le trafic reprenne. Une invitation en apparence innocente, mais qui va conduire les deux jeunes femmes au cœur d’un réveillon riche en émotions et en surprises de taille…

 

Mon avis :

 

 Cela faisait vraiment longtemps que j'avais envie de découvrir ce roman, mais je ressors de cette lecture un peu déçue. C'était sympa, sans plus... Je n'en garderai pas un souvenir impérissable.

 

 J'ai aimé le côté huis clos familial et l'humour décapant de l'auteure, mais j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher à Scarlett. Au début, je l'ai même carrément trouvée antipathique. Elle est décrite comme quelqu'un qui se soucie toujours des autres, mais je l'ai plutôt trouvée centrée sur elle-même. On sent qu'elle s'aime beaucoup, qu'elle a une haute estime d'elle-même et elle est assez condescendante. On s'aperçoit au cours du roman que derrière l'assurance qu'elle dégage se cachent de la fragilité et de la peur, mais on ne fait qu'effleurer tout ça. On en sait finalement trop peu sur elle pour la trouver attachante. On ne sait pas grand chose de son quotidien en France, par exemple. William est un peu plus intéressant, mais idem, on sait peu de choses sur lui car tout se concentre sur leurs deux familles et sur LE drame que chacun a vécu et qui l'empêche d'aller de l'avant. Les personnages secondaires, plus excentriques, m'ont davantage séduite.

 

 J'espérais aussi une lecture qui me plongerait totalement dans l'ambiance de Noël, mais ici ce n'est qu'un prétexte pour parler d'obligations familiales. Pas de descriptions qui nous plongent immédiatement dans cette atmosphère et le jour de Noël passe carrément à la trappe comme si c'était un jour comme un autre donc si vous cherchez une lecture d'ambiance, passez votre chemin ! Il y a tout de même quelques descriptions de Londres sous la neige qui m'ont bien plu.

 

 En dehors de tout cela, c'est un roman agréable à lire qui se dévore rapidement et qui ne traîne pas en longueur. L'écriture de l'auteure et les dialogues ne manquent pas de piment. Mélie, Lizzie et la mère des deux soeurs (impossible de me souvenir de son nom) sont les personnages qui m'ont le plus plu et qui apportent, je trouve, une bonne dose de fraicheur et de fantaisie au récit. Mélie est tellement fascinante qu'elle pique carrément la vedette à sa soeur et mériterait d'être l'héroïne d'une histoire bien à elle. Dommage qu'il n'y ait pas plus de surprises...

 

 

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2019-07-26T15:18:06+02:00

D'ici là, porte-toi bien

Publié par MyaRosa

Carène Ponte

380 pages, éditions Michel Lafon, juin 2019

L'histoire :

Avec son sable fin et son ciel azur, L'Avenue du Parc Resort and Spa est l'endroit idéal pour se remettre d'un coup dur. A condition de donner sa chance à la chance. Alors que Samya tente de pardonner l'adultère de son mari, Alison aimerait oublier qu'elle s'est fait plaquer au pied de l'autel. Jessie s'est excusée mille fois pour le chat et le lave-linge, mais Jérémy est à bout : une pause s'impose. Apolline rêve d'un enfant qui ne vient pas. Quant à Mia, dix-neuf ans et déjà maman, elle se voit rejetée par sa famille. Geneviève, elle, perd peu à peu la mémoire.

Ensemble, elle vont libérer leurs émotions et s'apporter un soutien inattendu. Avec au bout du chemin, un gain inestimable : l'espoir.

 

Mon avis :

 

  Voilà encore un très chouette roman à lire cet été ! Je l'ai trouvé tellement fluide et agréable à lire que j'en ai dévoré 120 pages alors que je pensais seulement en lire 2 ou 3 avant d'aller me coucher...

 

 On se retrouve dans un camping (oui, je vais dire camping pour énerver Mr Lunel !) de luxe où séjournent six femmes qui ne se connaissent pas, qui n'ont en apparence pas grand chose en commun, mais qui vont pourtant s'apporter du soutien et de l'aide alors qu'elles traversent des moments difficiles.

 

 On s'attache presque immédiatement à elles. On comprend leurs combats, leurs conflits intérieurs et ce qui les empêchent d'aller de l'avant. On aimerait, nous aussi, pouvoir les aider. On assiste à beaucoup de scènes cocasses et à des rencontres inattendues. On les voit grandir, s'épanouir et devenir plus fortes en seulement quelques jours grâce aux rencontres qu'elles vont faire là-bas. Et on y croit ! On y croit à fond, on est de tout coeur avec elles, on partage leurs émotions et leurs délires.

 

 C'est un roman rafraîchissant qui devrait avoir sa place dans toutes les valises, cet été ! Parce qu'on a tous besoin d'un peu de légèreté, d'une bonne dose d'humour, de soutien et d'espoir. On a besoin de croire que même dans les épreuves les plus dures et même lorsque l'on tombe sur les pires personnes, il existe aussi des gens bienveillants, des personnes qui croisent votre route et vous aident par une parole ou un simple geste à retrouver confiance en vous. Pendant presque toute ma lecture, j'ai eu le sourire jusqu'aux oreilles et je n'avais pas envie que ça s'arrête. C'est un roman pétillant, réconfortant et plein d'émotions à mettre entre toutes les mains !

 

 

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2019-03-26T13:14:09+01:00

La vie sans toi

Publié par MyaRosa

Xavier De Moulins

373 pages, éditions JC Lattès, mars 2019

Quatrième de couverture :

« Malgré la violence que nous avons dû endurer, nous sommes toujours ensemble, Eva et moi. Dans nos errances respectives, nous avons la rage silencieuse. Un jour, tout finira par exploser. »

Mariés, Paul et Eva ont vécu il y a huit ans un drame qu’ils s’efforcent d’oublier. Un jour, un homme mystérieux débarque dans leur vie...

Chaque famille a ses secrets, chaque couple ses mensonges. Mais nul n’échappe aux fantômes du passé.

 

Mon avis :

 

 Totalement séduite et intriguée par la couverture et la présentation de ce roman, je me suis laissée tenter et je suis ravie de cette découverte.

 

 Ce roman aborde, avec beaucoup de justesse et de pudeur, l'absence, le deuil, la perte d'un être cher. Comment fait-on pour continuer à vivre malgré tout ? Un couple peut-il survivre à la perte d'un enfant ou est-il forcément condamné ? Peut-on continuer à avancer quand la personne avec qui l'on voulait passer sa vie entière n'est plus là ? Ces questions résonnent en nous durant toute la lecture de ce livre. On ressent profondément la souffrance des personnages, leurs difficultés à aller de l'avant voire même à trouver un sens à leur vie. On aimerait pouvoir les aider mais on est impuissant. On ne peut faire qu'assister silencieusement à leur combat quotidien. Jusqu'à ce qu'Eva trouve une occasion de s'évader un peu. A partir de là, le roman prend une toute autre tournure...

 

 J'ai trouvé ce livre poignant et difficile à lâcher. Je ne m'attendais pas à ce que l'intrigue me surprenne à ce point. On croit tout comprendre mais plus on avance et plus c'est flou. C'est comme si on partageait un peu de la peine des personnages, comme si on entrait dans leurs têtes embrouillées où la vie perd tout son sens. On se sent un peu perdu et on se laisse porter. J'ai été vraiment surprise par les différents rebondissements qui surviennent. Il y a des passages très cinématographiques, des révélations glaçantes, des scènes que je n'oublierai pas. C'est un thriller psychologique bien ficelé, plein d'émotions, agréable à lire et marquant. Une belle surprise !

 

"Même protégés par leurs morts, les vivants restent libres, de gâcher leur vie." (page 232)

 

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2019-03-15T09:24:46+01:00

Les Audacieuses

Publié par MyaRosa

Ahava Soraruff

416 pages, City éditions, février 2019

L'histoire :

Les copains, les fêtes étudiantes et les travaux que l'on termine au petit matin... À l'université, Bérénice, Tennessee et Zola étaient inséparables. C'était le temps de l'insouciance, des espoirs et d'un avenir plein de promesses. Pour « les audacieuses », tout paraissait possible. Une décennie plus tard, la réalité de la vie est passée par là. Ont-elles trouvé le bonheur qu'elles espéraient tant ? Tennessee vit avec un homme violent qu'elle ne parvient pas à quitter. Bérénice et Zola, quant à elles, ne se sont jamais revues. Dix ans plus tôt, à l'université, un événement les a séparées. Un drame dont elles n'ont jamais reparlé et qui les a éloignées. Pourtant, pour aider Zola, les amies sont de nouveau réunies. En dépit du passé, l'heure est venue de se réconcilier, de pardonner et peut-être, enfin, de trouver le courage de vivre pleinement...

 

Mon avis :

 

  Par où commencer pour vous parler de ce livre ? Il m'a fait passer par tout un tas d'émotions. J'ai adoré faire la connaissance de Zola, Bérénice et Tennessee et les suivre d'une décennie à l'autre. On les découvre jeunes, pleines de rêves et d'espoirs, mais aussi un peu perdues et déjà meurtries par la vie. Elles ne sont pas forcément bien dans leur peau et n'aiment pas l'image qu'elles renvoient. Elles sont très différentes les unes des autres, s'admirent et s'envient en secret, pensent que leur vie serait plus simple si elles étaient plus aimées, plus riches, plus belles, plus courageuses. On les voit s'encourager, se confier, se disputer, s'aimer et se déchirer avec toute l'insouciance de leurs vingt ans.

 

 On les retrouve plus tard et des tas de questions s'imposent. Que sont-elles devenues ? Leurs rêves se sont-ils réalisés ? Pourquoi se sont-elles perdues de vue ? Que s'est-il passé pour qu'elles tirent un trait les unes sur les autres pendant si longtemps ? Ont-elles pu s'affranchir de leurs complexes et des fardeaux qu'elles portaient ?

 

 J'ai trouvé cela vraiment intéressant de les suivre sur une période si longue. Ahava Soraruff réussit, en plus de cela, à nous surprendre avec des révélations qui n'arrivent qu'à la fin du roman et que je n'avais pas vu venir. Les nombreux thèmes abordés m'ont beaucoup plu et j'ai été surprise que certains soient si durs. Ce n'est pas un roman léger, loin de là. C'est un roman triste et beau à la fois, à l'image de la vie et du temps qui passe. Il y a des regrets, de la mélancolie et de la nostalgie mais aussi de l'optimisme, de la bienveillance et beaucoup d'amour.

 

 Par certains aspects, il m'a fait penser à "Miss Cyclone" de Laurence Peyrin mais aussi à "Délicieuses pourritures" de Joyce Carol Oates ainsi qu'aux romans de Megan Abbott pour le côté universitaire assez venimeux et pour le passage assez brutal à l'âge adulte. J'ai également pensé à "Grande Avenue" de Joy Fielding pour l'amitié imparfaite mais plus forte que tout. Une chose est sûre, je n'oublierai pas Tennessee, Zola et Bérénice et je ne peux que vous encourager à aller à leur rencontre. Vous ne serez pas déçus !

 

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2019-03-12T08:26:40+01:00

Minuit dans le jardin du manoir

Publié par MyaRosa

Jean-Christophe Portes

380 pages, éditions du Masque, mars 2019

L'histoire :

Denis Florin est un jeune notaire célibataire, poète et un peu lunatique. Il vit en Normandie dans un manoir avec sa grand-mère Colette – adorable mais folle. Ce qu’il préfère faire dans la vie : reconstituer la bataille de Marignan en figurines, et qu’on le laisse tranquille.


Un jour de janvier, alors qu’il rentre chez lui, il découvre horrifié une tête décapitée sur un piquet dans le jardin du manoir. À la place des yeux et des dents, des pièces d’or. Paniqué, il se terre chez lui, et constate que sa grand-mère adorée a disparu. La presse s’empare de l’affaire et il devient le suspect numéro un. Cela fait beaucoup pour un seul homme, surtout un homme comme Denis Florin. Nadget, une journaliste télé qui jure comme un charretier, convaincue de son innocence, va alors tenter de l’aider à se sortir de ce pétrin. Sur les traces de Colette, ils découvrent qu’un trésor datant de plus de cinq cents ans pourrait bien être caché quelque part dans le manoir…


Mais serait-ce l’explication à ce meurtre odieux et à cette disparition ? Rien n’est moins sûr.

 

Mon avis :

 

 J'ai eu la chance de découvrir ce roman en avant-première grâce aux éditions du Masque que je remercie. C'est le premier roman de Jean-Christophe Portes que je lis et j'ai passé un très bon moment.

 

 Le début du roman est très intrigant : une tête retrouvée plantée sur un piquet dans le jardin d'un vieux manoir, une vieille dame qui disparaît mystérieusement et un notaire solitaire et renfermé qui s'enfuit au lieu de prévenir la police... On peut dire que cela démarre fort !

 

 J'ai beaucoup aimé la manière dont est menée ce roman. On ne sait pas trop à quoi s'attendre et on n'a pas vraiment le temps d'y réfléchir car on est tout de suite embarqué dans cette folle aventure pleine d'action et de rebondissements. Il n'y a pas de temps mort. On est bringuebalé d'un endroit à un autre sans avoir le temps de souffler et on navigue entre passé et présent sans arrêt. Je m'attendais à un roman policier classique et j'ai été agréablement surprise de la façon dont l'auteur mélange les genres. Il y a une intrigue policière, mais des éléments dignes des meilleurs romans d'aventures et aussi de romans historiques richement documentés. En plus de cela, il y a également beaucoup d'humour. On n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer !

 

 Si j'ai parfois trouvé que les explications étaient confuses et si certains personnages secondaires m'ont semblé un peu trop stéréotypés , j'ai passé un très bon moment et j'ai trouvé les personnages principaux intéressants et attachants. Moi qui aime les mystères et les secrets, j'ai été plus que servie ! D'ailleurs, je ne m'attendais pas à cette fin ! Si vous aimez l'action, l'aventure, les romans qui vous emportent et vous surprennent, vous ne serez pas déçus du voyage ! Alors, êtes vous prêts à vous lancer dans cette aventure et à essayer de découvrir le fin mot de l'histoire ?

 

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2018-12-21T08:11:46+01:00

Le Secret de la Montagne Noire, tome 1 : Les Amants de la bergerie

Publié par MyaRosa

Bruno Combes

403 pages, éditions Michel Lafon, octobre 2018

L'histoire :

Tess, jeune lycéenne de 18 ans, quitte sa famille et sa Montagne Noire par un matin glacial de décembre. Elle ne supporte plus le silence qui règne au Domaine des Forges, la propriété viticole familiale située dans le pays de Cabardès, proche de la cité de Carcassonne. Tess a besoin de faire le point et part se ressourcer dans une abbaye du Massif central. Elle n'imagine pas à quel point son départ va faire ressurgir les secrets du passé, enfouis depuis des générations.

 

Mon avis :

 

 Dès les premières pages, j'ai beaucoup aimé l'écriture de Bruno Combes ainsi que l'histoire de Tess. Parce qu'elle a le sentiment de ne pas être à sa place, parce qu'elle ressent un profond malaise dont elle ne connaît pas l'origine et parce qu'elle a beaucoup de mal à communiquer avec sa famille, cette jeune fille à peine majeure décide de partir sans prévenir. Elle se réfugie, loin de chez elle, dans une abbaye et entame une sorte de retraite spirituelle pour faire le point, prendre du recul et penser à son avenir. Son départ et son silence vont bouleverser le fragile équilibre de cette famille et mettre en lumière des secrets bien cachés...

 

 J'ai aimé suivre Tess dans son périple et essayer de comprendre cette famille dans laquelle on sent tout de suite un profond malaise. J'aurais peut être aimé un peu plus de suspense quant au fameux secret et ressentir davantage d'amour et de passion entre les deux amants dont il est question dans le titre, mais ça n'enlève rien au plaisir que j'ai eu à lire ce livre. J'ai trouvé l'écriture agréable et fluide et c'est une lecture que j'ai eu du mal à reposer. C'est un roman qui, je pense, est tout à fait accessible et peut plaire à des adolescent(e)s autant pour les sujets qu'il aborde que par la manière dont ils sont traités. Les descriptions de la nature et des paysages m'ont également beaucoup plu, surtout qu'une partie du roman se déroule près de chez moi, dans des lieux que je connais. La fin a vraiment attisé ma curiosité et je suis déjà impatiente de lire la suite dont la sortie est prévue le 10 janvier prochain.

 

 

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2018-12-14T14:47:46+01:00

La Lumière est à moi et autres nouvelles

Publié par MyaRosa

Gilles Paris

195 pages, éditions Gallimard, octobre 2018

Présentation de l'éditeur :

Anton, Eytan, Angus, Julian, Aaron, Lior, Ethel, Anna, Ruth, Ambre, Brune... Les héros romanesques de Gilles Paris ont tous en commun une part d'enfance déchue, le désir de s'échapper, happés par l'espoir d'une vie plus lumineuse. Des bords de Seine aux rivages du lac Léman, de la mer des Éoliennes à l'océan Atlantique, leurs destins intranquilles se nouent et se dénouent, à l'heure où les paysages s'incendient en fin de journée.

 

Mon avis :

 

 Dans ce recueil de nouvelles, j'ai retrouvé toute la sensibilité de Gilles Paris qui m'avait tant émue avec "Autobiographie d'une courgette", "Au pays des kangourous" et "L'été des lucioles". L'auteur sait, comme personne, capter cette ambivalence propre à l'adolescence, pourtant si difficile à exprimer.

 

 Les personnages de ces histoires ont en eux l'ombre et la lumière. Ils sont partagés par leurs désirs, leurs envies, leurs peurs. Pour beaucoup, ils ne sont plus des enfants mais pas encore des adultes. Certains sont sur le point de basculer de l'autre côté, d'autres s'accrochent désespérément à ce qu'ils sont en train de perdre. Il y en a qui n'arrivent pas à grandir à cause de traumatismes d'enfance et d'autres qui ont grandi trop vite et voudraient pouvoir revenir en arrière et faire d'autres choix. Ils aiment passionnément ou haïssent de tout leur être. Certains sont comme bloqués entre deux mondes. L'auteur nous fait entrer dans leur univers et découvrir ce qu'il y a de plus vrai et de plus sincère en eux. On entre dans leur intimité, on découvre leurs pensées secrètes et ce moment où ils ont perdu leur insouciance.

 

 De tout cela découle quelque chose de bouleversant. On est toujours sur le fil. On sait que le personnage peut tomber à tout moment mais on ne sait pas de quel côté ni s'il s'en relèvera. Il y a comme un flou artistique autour de tout cela. On est toujours entre l'ombre et la lumière, entre la tristesse et la joie, entre le rêve et la réalité, entre l'enfance et l'âge adulte, entre l'amour et la haine.

 

 C'est touchant et très poétique. Je me suis laissée emporter par ces histoires et j'ai beaucoup aimé la manière dont elles nous sont racontées. Il est souvent question d'absence, d'admiration, de solitude, du besoin d'attention et de reconnaissance, du fait de chercher sa place dans le monde. Les personnages de ce livre sont beaucoup plus matures qu'ils n'en ont l'air. Ils observent le monde avec beaucoup de lucidité. Ils ont besoin d'amour, de se sentir vivants, de retrouver des sentiments perdus, de se sentir importants pour quelqu'un.

 

 Les narrateurs se jouent parfois de nous et les chutes des histoires sont souvent surprenantes avec une part d'ombre que l'on n'attendait pas. Gilles Paris ouvre une porte et nous laisse le soin d'imaginer ce qu'il y a de l'autre côté. Il y a tant de possibles, tant de choses à en déduire, à espérer. J'ai apprécié les intrigues, l'écriture et le choix des prénoms qui ne doit rien au hasard. J'ai trouvé ce recueil aussi émouvant qu'inspirant.

 

***

"On fait du mal sans le vouloir. On sauve des vies, on en perd d'autres. On apprend à nuancer, à ne plus s'emporter autant. C'est sûrement cela être adulte : additionner les petites lâchetés et les sentiments qui nous paraissent les plus justes." 

(Anton, Les pins parasols - page 38)

 

"A dix ans, le monde est une bulle qui vous éclate entre les doigts sans prévenir."

(Benji - page 59)

 

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2018-11-21T10:13:42+01:00

Gros sur le coeur

Publié par MyaRosa

Carène Ponte

254 pages, éditions Michel Lafon, novembre 2018

L'histoire :

C'est l'histoire d'une adolescente sans doute un peu trop ronde, sans doute un peu trop fragile.
C'est l'histoire d'un nouveau lycée, des yeux qui dévisagent, des yeux qui jugent.
C'est l'histoire d'un professeur d'allemand qui séduit.
Mélissa, 17 ans, suit ses parents dans une nouvelle ville, un nouveau lycée.
Année de terminale sur la corde raide. Année charnière entre dégoût de soi, et renaissance.

 

Mon avis :

 

 On connaît Carène Ponte pour ses romans "feel good" plein d'humour et d'émotions, mais avec "Gros sur le coeur", elle change de registre et nous livre un roman jeunesse dur et percutant qui traite sans tabou du harcèlement scolaire et s'inspire, en partie, de moments vécus.

 

 Mélissa, 17 ans, n'est pas forcément bien dans sa peau, mais arrive à faire avec ses quelques kilos en trop jusqu'à ce qu'elle se retrouve loin de ses amis, dans un nouveau lycée. Dès son premier jour là-bas, les autres élèves s'en donnent à coeur joie pour se moquer d'elle et la surnomment "Sac à gras". C'est le début pour elle de la descente aux enfers...

 

 Jour après jour, Mélissa subit les moqueries, les mauvaises blagues, les insultes et les humiliations de ses camarades. Elle a tellement honte qu'elle n'ose pas en parler et lorsqu'elle essaie, elle se ravise. Elle a l'impression que personne ne la comprend et pire encore, elle se met à se dire que les autres ont raison, qu'elle devrait avoir honte d'être aussi grosse et hideuse. Elle ne supporte plus de voir son reflet dans le miroir, fait tout pour être invisible et se cache même dans les toilettes du lycée, mais ça ne suffit pas. Les autres s'acharnent sur elle. Il n'y a que son professeur d'allemand qui semble la regarder autrement.

 

 Ce roman est très dur à lire. Dur parce que l'on ressent toute la méchanceté des autres et parce que l'on prend de plein fouet ce que subit Mélissa en se disant que cela aurait pu nous arriver et pourrait arriver à nos enfants. C'est crédible et ça va loin. On ressent toute la détresse de Mélissa, on la voit perdre le peu de confiance en elle qu'elle avait et l'espoir de s'en sortir un jour.

 

 C'est un roman dur mais nécessaire parce qu'après tout le premier pas pour lutter contre le harcèlement, c'est d'en parler. Il ne faut pas nier son existence ni le minimiser et c'est ce que fait Carène Ponte en allant aussi loin. Il est impossible de rester insensible face à l'horreur de la situation. J'ai bien aimé les pistes apportées et le fait que l'auteure donne des conseils, des numéros et des adresses pour lutter contre le harcèlement scolaire. C'est un livre qui fera réfléchir aussi bien les harcelés et leurs proches que les harceleurs. Un livre qui donne aussi envie d'être plus attentif à ce qui se passe autour de nous car les choses peuvent aller très vite. C'est un roman qui devrait avoir sa place dans toutes les bibliothèques des collèges et des lycées. Je suis certaine qu'il pourrait donner le courage à certains de dire stop ou au moins de ne plus se taire.

 

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2018-10-09T07:10:27+02:00

La Vie est belle et drôle à la fois

Publié par MyaRosa

Clarisse Sabard

268 pages, éditions Charleston, octobre 2018

L'histoire :

Léna et Tom sont frère et soeur. Un jour, leur mère les convie à fêter Noël dans leur maison d'enfance, dans le Sud. Seulement, quand ils arrivent, elle a disparu, ne laissant derrière elle qu'une lettre : "Il me reste quelques rêves à réaliser et le moment est venu de m'y atteler."

 

Mon avis :

 

 S'il y a quelque chose que Léna déteste par dessus tout, c'est bien la période des fêtes de fin d'année. Elle trouve qu'on en fait tout un plat et déteste les chants de Noël sirupeux et les grandes réunions de famille durant lesquelles tout le monde voudrait être ailleurs. Pourtant, cette année, elle prend sur elle et décide d'accepter l'invitation de sa mère. C'est ainsi qu'elle se rend avec son frère et sa nièce de quinze ans dans les montagnes qui l'ont vu grandir. Sur place, elle retrouve sa grand-mère pimpante et pleine d'entrain, son oncle et sa sagesse légendaire, quelques amis d'enfance perdus de vue depuis longtemps et aussi les fantômes de son passé. Car il y a dans le coeur de Léna et dans l'histoire familiale des choses qui ne sont pas claires et qui ne demandent qu'à remonter à la surface... Pour couronner le tout, la mère de Léna est partie avant leur arrivée, laissant seulement derrière elle une lettre énigmatique. Ce Noël s'annonce riche en surprises et en rebondissements...

 

 Les romans de Clarisse m'emballent à chaque fois et j'étais curieuse et impatiente de découvrir ce roman qu'elle présente elle-même comme une petite parenthèse, quelque chose d'un peu différent de ce qu'elle écrit habituellement. Verdict ? J'ai adoré ! On retrouve les thèmes de prédilection de l'auteure (le poids du passé, les secrets de famille, les liens intergénérationnels) avec peut être un peu plus d'humour, de romance et de légèreté et ça fonctionne drôlement bien ! Je me suis vraiment régalée à lire ce roman qui est comme une petite douceur de fin d'année. Le lieu où se déroule cette histoire m'a totalement emballée, je me suis attachée aux personnages et j'ai adoré la spontanéité de Léna et tous les passages gourmands et romantiques de ce roman. (D'ailleurs, j'étais toute contente en découvrant quelques recettes à la fin du livre.)

 

En quelques mots :

C'est un roman qui, à l'image de la vie, est triste, drôle et beau à la fois. Les messages qui en découlent sont plein d'optimisme et de sagesse. C'est une lecture qui fait sourire et donne du courage et l'envie de voir la vie du bon côté. On aurait tort de s'en priver !

J'ai adoré !

 

 

Si vous êtes près de Paris, vous aurez peut être la chance de rencontrer Clarisse Sabard et de découvrir ce roman en avant-première. Ca vous tente ? Plus d'infos ici.

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2018-09-12T15:08:41+02:00

Castelletto, tome 2 : Nicola

Publié par MyaRosa

Emma Mars

336 pages, éditions Charleston, septembre 2018

L'histoire :

Mai 1361. Faisant fi des ravages de la peste, Venise s’affaire à la préparation de la fête de la Sensa. Chiara y est conviée par le doge, son père naturel, en tant qu’administratrice du Castelletto, la maison close gérée par l’État. Malgré ce rôle privilégié, la jeune femme continue de défendre corps et âme le sort de ses anciennes consoeurs prostituées.
Mais les célébrations tournent au drame avec l’effondrement d’une passerelle et le doge est sauvé in extremis. Bouleversée par la scène, Chiara s’évanouit... avant de découvrir la véritable raison de ce malaise : elle est enceinte.
Comment l’annoncer à Nicola, aussi amoureux que soucieux de garder leur liaison secrète ?

 

Mon avis :

 

 En dehors du contexte qui me plaisait bien, le premier tome de Castelletto ne m'avait pas convaincue. J'étais ressortie de cette lecture déçue et pour être honnête, si cela n'avait pas fait partie de mes engagements de lectrice Charleston, je n'aurais certainement pas lu le second tome. Et pourtant, même si j'ai levé les yeux au ciel plusieurs fois en lisant les premières pages, j'ai bien plus accroché à cette suite et j'en suis la première surprise. Je ne saurais dire si c'est parce que l'univers m'était déjà familier,  parce que je l'ai lu au moment adéquat ou parce que cette suite est tout simplement meilleure, mais toujours est-il que j'ai vraiment bien aimé.

 

 Tout m'a semblé plus. Plus palpitant, plus vrai, plus rythmé, plus noir, plus surprenant, plus captivant. Même Venise m'a semblé plus lumineuse, plus fascinante. J'ai dévoré ce second tome assez rapidement et j'ai beaucoup aimé les descriptions de la ville à cette époque. Je me suis prise au jeu, suivant avec plaisir les complots, les manigances, les jeux de pouvoir, etc... Je crois que j'ai également apprécié le fait que Chiara ne soit plus tout le temps sur le devant de la scène laissant ainsi un peu de place aux personnages secondaires que j'avais envie de connaître un peu mieux. J'ai trouvé aussi qu'il y avait davantage de suspense et moins de clichés que dans le tome précédent. Bref, c'est une excellente surprise !

 

En quelques mots :

Un contexte fascinant et une intrigue captivante ! Ce second tome est, je trouve, bien meilleur que le précédent. L'auteur a réussi à me faire voyager dans le temps ! J'ai dévoré les pages de ce livre sans m'en rendre compte. J'ai adoré les jeux de pouvoir, les secrets et les petites manigances de chacun. C'est délicieusement sombre et si bien décrit que l'on s'y croirait !

 

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2018-08-20T15:45:39+02:00

Avec des si et des peut-être

Publié par MyaRosa

Carène Ponte

371 pages, éditions Michel Lafon, mai 2018

L'histoire :

Aimeriez-vous savoir quelle serait votre vie si vous aviez fait d’autres choix ?
Prof de français au lycée de Savannah (-sur-Seine), Maxine vit en colocation avec Claudia (et ses crèmes au jus d’herbe fermenté), elle aime Flaubert (ses élèves, Stromae), courir avec ses deux meilleures amies (trois cents mètres) et aller chez le dentiste (sa sœur).
Maxine croit aux signes et aux messages de l’Univers. Pourtant elle ne peut s’empêcher de se demander : « Et si j’étais allée ici plutôt que là, si j’avais fait ceci au lieu de cela, ma vie serait-elle chamboulée ? »
En bonne prof de français, Maxine aime le conditionnel…
Mais à trop réfléchir Avec des si et des peut-être, ne risque-t-on pas d’oublier de vivre au présent ?
Et si la vie décidait de lui réserver un drôle de tour ?

 

Mon avis :

 

 Ces dernières semaines, j'ai très peu lu. J'ai commencé quelques livres qui me sont tombés des mains et j'avais beaucoup de mal à me concentrer. Dans ces moments-là, il me faut toujours un thriller bien noir pour me remettre sur les rails ou alors une comédie romantique ou un roman feel good, quelque chose qui ne prend pas la tête, qui ne nécessite pas de revenir en arrière pour se souvenir de ce qui s'est passé ou du nom des personnages si on ne le lit pas d'une traite, quelque chose qui fait rire ou trembler mais surtout pas bailler. Le roman de Carène Ponte est tombé à pic ! J'ai adoré les deux précédents et j'avais hâte de me plonger dans celui-ci.

 

 J'ai fait le bon choix et je l'ai senti dès les premières pages. J'ai souri, j'ai ri, je n'ai pas baillé, je ne me suis pas endormie et je n'ai pas eu envie de reposer le livre à la moindre occasion. Non, non. L'histoire de Maxime m'a beaucoup plu et m'a permis de passer un très bon moment de détente. Franchement, qui ne s'est jamais demandé ce que serait sa vie s'il n'avait pas fait un choix différent ou pris une autre décision ? Qui n'a jamais imaginé prendre un autre chemin, faire un autre métier ou même évité une catastrophe ? Et pourtant... Et si ces petits changements bousculaient toute votre vie ? Seriez-vous prêts à tenter l'expérience ?

 

 J'ai beaucoup aimé le ton et l'humour de ce roman. Le naturel et la spontanéité des personnages. Les références culturelles très actuelles. C'est un roman qui ne manque pas de pep's et de bonne humeur. On prend beaucoup de plaisir à le lire et on ne pense plus à rien. C'est vraiment la lecture dont j'avais envie et besoin pour les vacances. Je me suis attachée aux personnages et j'aurais aimé les suivre plus longtemps. Carène Ponte fait partie de ses auteurs qui font du bien. Un petit coup de blues, une panne de lecture, envie de rire un bon coup ? Alors foncez, vous ne serez pas déçus ! J'attends son prochain roman avec impatience !

 

 

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2018-06-21T08:54:48+02:00

Le Secret des enfants d'Aumelys

Publié par MyaRosa

Véronique Petit

153 pages, éditions Oskar, avril 2018

L'histoire :

Sarah quitte Lyon avec ses parents pour emménager à Aumelys, un village où il règne une atmosphère étrange, comme si le temps s'était arrêté. Au collège, elle découvre qu'un lien fort et secret unit les enfants originaires d'Aumelys. Ils ne se mêlent pas aux autres. Sarah devient amie avec Gabriel et Faustine, qui, comme elle, sont rejetés. Mais la jeune fille se sent malgré tout attirée par Liam, Aumelysois d'origine. Malheureusement le secret qui unit tous ces enfants semble être un obstacle entre eux deux. Comment Sarah réussira-t-elle à percer ce mystère ? Et si une malédiction planait sur ce village ?

 

Mon avis :

 

Ce qui m'a attiré dans ce roman, c'est d'abord sa couverture mystérieuse et intrigante. J'ai bien fait de me laisser tenter car j'ai passé un très bon moment et cela m'a rappelé des souvenirs. C'est tout à fait le genre de romans que je dévorais lorsque j'étais ado. L'ambiance est sombre, mystérieuse, effrayante et on sème le doute dans l'esprit du lecteur à chaque instant.

 

 Sarah vient de perdre sa soeur. Cette disparition étant très difficile pour tout le monde, ses parents ont décidé de quitter la ville où ils habitaient et leur habitation trop chargée de souvenirs pour s'installer à Aumelys, un petit village tranquille où ils ont hérité d'une maison. Mais ce nouveau départ ne s'annonce pas simple. Sarah est rongée par la culpabilité et ses parents ont du mal à la regarder. Ils ne passent presque plus de temps ensemble et ne savent plus quoi se dire. Pour couronner le tout, ce village est étrange. Il n'y a jamais personne dans les rues et toutes les habitations sont anciennes. Et puis, les enfants sont bizarres. Ils ne se mélangent pas aux autres et restent en groupe. Faustine et Gabriel, les seuls qui daignent lui adresser la parole lui expliquent qu'il en est ainsi depuis toujours. Les aumelysois pur souche n'acceptent pas les "étrangers" - ceux qui ne sont pas ici depuis des générations - et restent toujours entre eux sans un regard pour les nouveaux. S'il n'y avait que ça... Ils ne sourient jamais et semblent toujours tristes. Que se passe-t-il vraiment ici ?

 

 J'ai vraiment adoré ce roman ! Si vous cherchez une lecture d'été sympa pour vos ados, voilà ce qu'il vous faut ! L'écriture est agréable, l'histoire est captivante, il y a du suspense et on a vraiment envie de savoir ce qui se passe. L'atmosphère est étrange et envoûtante et aussi un peu effrayante. On a du mal à s'en détacher. Pour moi, c'est une jolie surprise. Un roman qui m'a beaucoup plu.

 

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2018-06-17T11:39:04+02:00

Les Héritiers du fleuve (partie 1 : 1887 - 1914)

Publié par MyaRosa

Louise Tremblay d'Essiambre

542 pages, éditions Charleston, juin 2018

L'histoire :

D'une rive à l'autre du Saint-Laurent, des familles attachantes aux destins entrecroisés voguent entre amitiés et rivalités, drames déchirants et bonheurs intenses.

Nous voici au XIXe siècle, sur les rives du Saint-Laurent, là où le fleuve se mêle à la mer. Deux rives : celle du nord, aride, majestueuse, faite de falaises et de plages ; celle du sud, tout en vallons, en prés verdoyants et en terres fertiles. Des couples et leur famille : Alexandrine et Clovis, Albert et Victoire, Emma et Matthieu, ainsi que James O'Connor, Irlandais immigré, seul membre de sa famille ayant survécu à la traversée.

Ces personnages plus grands que nature, plus vrais que la rudesse de l'hiver, plus émouvants que les larmes et les sourires qui se succèdent au rythme des marées, peuplent le premier tome des Héritiers du fleuve, une saga incomparable comme seule Louise Tremblay d'Essiambre sait en créer.

 

Mon avis :

 

Pour info, cette saga compte quatre tomes et ce livre réunit les deux premiers.

 

 Emma, Alexandrine et Victoire sont nées dans le même petit village et ont grandi ensemble. Pourtant, à l'âge adulte, leurs vies vont être très différentes. Emma est partie vivre de l'autre côté du fleuve et n'est jamais revenue.  Pourtant ce n'est pas l'envie qui manque, mais les grossesses se sont enchaînées et le temps est passé très vite. Son quotidien de mère de famille nombreuse est bien remplie mais ses amis et sa famille lui manquent et elle ne sent pas tellement épanouie dans cette maison où personne ne rit. Sa vie est loin d'être ce qu'elle avait imaginé... De l'autre côté du fleuve, Alexandrine et son mari Clovis sont amoureux comme au premier jour et élèvent leurs enfants dans la joie et la bonne humeur. Mais Clovis doit souvent partir loin de la maison pour son travail et ces départs sont un peu plus difficiles à vivre chaque année. Quant à Victoire, elle s'est mariée tardivement, plus pas peur de finir seule que par véritable amour, mais elle s'en accommode même si l'absence d'enfant se fait cruellement ressentir dans la grande maison où elle vit. Alors, à défaut de pouvoir bercer un nouveau-né et pour ne plus y penser, Victoire occupe ses journées à pâtisser. Son talent est tel qu'on entend parler de ses gâteaux bien au-delà du fleuve.

 

 J'aime les histoires de famille et les grandes sagas dans lesquelles on suit des personnages durant toute leur vie, mais j'étais loin de me douter que ce roman allait autant me plaire. J'ai vécu toutes ces histoires comme si j'y étais. Je me suis profondément attachée à Alexandrine, Emma et Victoire. J'ai eu l'impression d'être leur confidente et j'ai suivi avec passion le déroulement de leurs vies, les joies et les drames, les regrets et les rêves. On voit leurs enfants grandir, leurs envies changer, leurs rêves s'évanouir ou devenir réalité. On rit et on pleure avec elles. On s'énerve et on s'attriste de l'injustice de la vie et des terribles épreuves auxquelles nos amies de lettres sont confrontées. C'est beau, parfois cruel et souvent très émouvant.

 

 J'ai beaucoup aimé les descriptions de la vie à cette époque dans ce petit coin du monde. Cela m'a rappelé, par bien des aspects, la vie de mes grands-parents. Chez eux, les portes étaient toujours ouvertes et il y avait du monde, des éclats de rire et de bonnes odeurs de cuisine. Ma grand-mère adorait être entourée de sa famille et elle n'avait besoin de rien d'autre pour être heureuse. C'était la maison du bonheur ! La vie décrite dans le livre était rude et les journées ne devaient pas être de tout repos, mais je pense que c'est une vie qui m'aurait plu. Vivre dans une ferme ou dans une grande maison pleine d'enfants avec un potager à cultiver, de longs repas de famille et des tas de petits-enfants.

 

 Il y a des personnages secondaires qui m'ont aussi beaucoup plu comme Mamie, James, Lionel, Clovis, Albert, Gilberte, Marguerite ou encore Catherine et Prudence. Je ne saurais dire combien de fois j'ai ri ou pleuré en lisant ce livre, mais plus d'une fois, c'est certain. J'ai adoré la façon dont l'auteur raconte toutes ces histoires. On sent dès les premières pages et sa petite note que Louise Tremblay d'Essiambre est une merveilleuse conteuse, une magicienne des mots. J'ai adoré ce tourbillon d'émotions, ces vies qui s'entremêlent, ces personnages qui évoluent et se rachètent parfois des fautes qu'ils ont pu commettre. J'ai aimé les dialogues, le franc parler des personnages et leurs mots d'un autre temps. C'est un roman plein d'espoir et d'humanité qui m'a beaucoup touchée et je regrette de ne pas avoir les deux tomes suivants sous la main car j'ai très envie de savoir ce qui va arriver ensuite à ces familles. Vivement cet automne !

 

Coup de coeur !

 

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