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litterature etrangere

2018-02-19T16:17:52+01:00

Le Goût sucré des souvenirs

Publié par MyaRosa

Das Marillenmädchen - Beate Teresa Hanika

262 pages, éditions Les Escales, février 2018

L'histoire :

Elisabetta Shapiro, 80 ans, vit seule dans sa maison familiale au coeur de Vienne. De son enfance, elle a conservé des dizaines de pots de confiture d'abricot, tous confectionnés avec sa mère. Véritable madeleine de Proust, la confiture sucrée la replonge immanquablement dans son passé de jeune fille juive dans la Vienne nazie : son quotidien d'abord faste et luxueux, ses grandes soeurs qu'elles jalousaient secrètement, la voix de sa mère lorsque celle-ci chantait... Quand une jeune danseuse emménage chez la vieille dame, ses habitudes sont chamboulées. D'autant plus que celle-ci lutte, elle aussi, contre ses propres démons. Malgré leurs différences, les deux femmes vont peu à peu se rapprocher et nouer des liens plus forts qu'elles ne l'auraient imaginé.

 

Mon avis :

 

 J'ai beaucoup lu ces derniers temps. Des livres très différents qui m'ont presque tous emportée. Et parmi toutes ces belles lectures, une pépite. Assurément ma plus belle lecture de ce début d'année.

 

 Je l'ai senti dès le début comme si c'était une évidence. Chaque phrase résonnait en moi, remuait quelque chose, me bouleversait comme je l'ai rarement été, juste avec des mots. Je n'ai rien de commun avec Elisabetta et pourtant, je me suis sentie tellement proche d'elle. J'ai eu l'impression que son histoire était aussi la mienne.

 

 Il y a tellement de force dans ces mots. Tant de douleurs, de regrets, de nostalgie et d'amour dans chacune des phrases de ce livre que j'ai dû m'arrêter de nombreuses fois pour reprendre mon souffle et digérer. Parfois une seule petite phrase posée là où il faut me faisait venir les larmes aux yeux. Souvent, certains passages étaient tellement magnifiques que je revenais en arrière pour les relire. Lorsque je lis, je note toujours quelques phrases et quelques passages que je trouve particulièrement beaux et marquants, mais cette fois, j'avais envie de tout noter. J'ai trouvé l'écriture de Beate Teresa Hanika incroyable ! Il y a tellement de sensibilité, tellement de poésie et de beauté dans ces quelques chapitres. Et puis, cette façon d'aborder la solitude, le sentiment d'abandon, le temps qui passe, le désir de vengeance, la culpabilité et le pardon m'ont vraiment touchée. Ce livre n'est pas très gros - 262 pages - mais c'est un concentré d'émotions dans lequel chaque mot est choisi avec soin.

 

 J'ai savouré ce livre d'un bout à l'autre et j'ai déjà envie de le relire. J'ai adoré découvrir les souvenirs d'enfance d'Elisabetta, à Vienne, auprès de sa famille. Ces souvenirs qui sont associés aux pots de confiture d'abricots préparés chaque année, en famille. J'ai adoré suivre les petites chamailleries des soeurs, leurs premiers émois, sentir le parfum des abricots mûrs et la chaleur des journées d'été ensoleillées, voir Hitler (une adorable tortue juive) se balader dans le jardin. Et je ne parle même pas de cette maison dans laquelle résonne encore les éclats de rire, les chants et les cris des disparus. Je ne parle pas non plus des conversations qu'Elisabetta entretient avec ses soeurs qui sont terriblement poignantes ni des terribles épreuves qu'elle dû traverser durant sa vie. Je ne parle pas non plus de cette relation aussi étrange que belle qui se noue entre la danseuse et la vieille femme et qui m'a fait penser au roman "Astrid et Veronika".

 

 J'ai volontairement modifié la présentation du livre car je pense qu'on l'apprécie encore davantage lorsque l'on ne sait pas vraiment où l'on va. C'était mon cas et je ne regrette pas d'avoir été un peu dans le flou avant de saisir la portée de tout cela. Ce livre m'a aussi fait penser au roman "A l'ombre des cerisiers". Ce dernier n'a pas fait l'unanimité mais je l'ai profondément aimé. Je crois que j'ai vraiment un faible pour la littérature allemande, son rythme lent, sa beauté, sa sensibilité exacerbée... Bravo et merci à Rose Labourie pour cette belle traduction.

 

En quelques mots :

Ce roman d'une grande sensibilité est une véritable pépite qui plaira à coup sûr aux nostalgiques et à ceux qui aiment les histoires émouvantes et marquantes. C'est un livre que j'ai savouré du début à la fin et que je relirai avec grand plaisir.

 

A lire aussi :

Astrid et Veronika

A l'ombre des cerisiers

Avis de tempête

 

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2018-02-09T18:45:27+01:00

Ce soir, on regardera les étoiles...

Publié par MyaRosa

Stanotte guardiamo le stelle - Alì Ehsani

avec le concours de Francesco Casolo

320 pages, éditions Belfond (Le Cercle), février 2018

Présentation de l'éditeur :

La guerre, c'est le quotidien d'Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué. Mais un soir, au retour de l'école, c'est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents. Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route. Direction l'Iran, la Turquie, la Méditerranée, d'autres rives, à la recherche d'autres étoiles sous lesquelles trouver refuge. Cinq ans plus tard, Alì est devenu un adolescent. Un gamin de treize ans cramponné au châssis d'un poids lourd en partance pour l'Italie. Un jeune homme épuisé, qui rassemble ses forces pour fuir, toujours plus loin. Seul. Car Mohammed, son grand frère, son héros, s'est égaré en chemin... Qu'est-il arrivé ? Les deux garçons pourront-ils jamais tenir leur promesse d'être réunis, libres et heureux, sous les étoiles ?

 

Mon avis :

 

 Séduite par le titre et la couverture de ce livre, j'ai choisi de me plonger dans cette histoire sans rien savoir de plus. Je n'ai pas lu le résumé ni d'avis sur ce livre. Je m'attendais à quelque chose de fort mais j'étais loin d'imaginer à quel point ce livre allait me chambouler. Quelle lecture ! Ce n'est pas un roman qui divertit ou que l'on oublie une fois la dernière page tournée. C'est un message qui s'adresse à tous. Un livre plein d'humanité qui prend aux tripes et qui nous ouvre les yeux sur le monde, qui envoie valser les préjugés et nous oblige à regarder les choses en face et à voir les horreurs qui ont lieu aujourd'hui partout dans le monde, tout près de nous.

 

 Ali Ehsani est né à Kaboul et a dû fuir son pays lorsqu'il n'était encore qu'un enfant après le décès brutal de ses parents. Je ne sais pas si tout ce qui est raconté dans ce livre est son histoire ou si d'autres histoires vraies ou des parties fictives se sont greffées par la suite, mais ce qui est sûr c'est qu'il nous ouvre vraiment les yeux sur la réalité de l'immigration clandestine. A travers Ali, se sont des milliers d'autres voix qui s'adressent à nous, qui nous parlent de leur histoire, de leur combat quotidien, du prix lourd qu'elles paient pour être nées au mauvais endroit au mauvais moment et de leur parcours du combattant pour obtenir le droit d'exister. Des moments de doutes et de désespoir, de la solitude, de la honte, du mépris des autres, de l'envie parfois de tout laisser tomber si personne ne nous pousse à nous accrocher.

 

 Dans ce livre, nous suivons Ali et son grand frère qui quittent l'Afghanistan dans l'espoir de s'installer en Europe. Là-bas, ils espèrent pouvoir mener une vie normale - avoir un travail, un toit sur la tête, une famille - sans avoir peur de tout perdre du jour au lendemain. Ali, encore jeune et insouciant, ne sait pas vraiment ce qui l'attend, ne comprend pas ce qui se passe, mais il est guidé et épaulé par son frère à chaque pas. Leur voyage sera long et tumultueux. Il sera fait de rencontres - bonnes et mauvaises - d'espoir, de désillusions, de coups durs, de petits bonheurs et de souffrances. Plus de place pour l'innocence et l'insouciance, il n'y a plus que la survie qui compte et l'espoir d'un avenir meilleur. On suit leur voyage, le coeur serré, espérant que tout se termine bien. On frémit à chaque nouvelle étape. J'ai été touchée par la relation qui unit ses deux frères et aussi par la bienveillance de certaines personnes mais j'ai également été horrifiée par le comportement de certains qui profitent de la situation on n'hésitent pas à s'en prendre à un enfant en détresse ainsi que par tous ceux qui préfèrent fermer les yeux et qui finalement ne valent pas beaucoup mieux...

 

"J'ai toujours pensé qu'il y avait la guerre dans tous les pays du monde, je ne connaissais que ça."

 

 J'ai trouvé ce livre à la fois tragique et beau. Il y a beaucoup de souffrances et des situations abominables que personne au monde ne mérite de vivre, mais il y a aussi et surtout de la lumière, de la beauté et de l'espoir. J'ai été émue par les souvenirs d'Ali, par l'attachement qu'il a pour son pays et sa famille. C'est un regard d'adulte qu'il porte sur son histoire et il y a des choses qu'il ne comprend qu'aujourd'hui. La manière dont l'histoire est racontée crée une certaine intimité avec le lecteur. Il y a beaucoup de passages qui m'ont mis les larmes aux yeux. J'admire la force et le courage de ces gens qui ne renoncent pas et qui refusent de se contenter de la vie qu'on leur a donné. Quel beau message d'espoir !

 

 En lisant ce livre, j'ai pensé à ce petit garçon sur la plage, j'ai pensé à toutes ces familles séparées par des guerres qu'elles n'ont pas décidé, j'ai pensé à tous ces gens qui n'ont plus leur place nulle part et n'aspirent pourtant qu'à une vie simple et normale. Inévitablement, j'ai pensé à la chance que j'ai d'être née ici, à cette chance que des enfants qui ont le même âge que les miens n'ont pas. Comment rester insensible à toute ces injustices ? Il faut impérativement que les choses bougent et cela passera forcément par une prise de conscience. Il faut lire ce livre bouleversant. C'est une nécessité. Si tout le monde pouvait ouvrir les yeux, se mettre à la place de ceux qui sont obligés de quitter leur pays et se retrouvent perdus, le monde tournerait peut-être un peu plus rond.

 

En quelques mots :

Un parcours du combattant pour obtenir le droit d'exister.

Un magnifique message d'espoir.

Bouleversant et inoubliable. A lire absolument !

 

 

Un petit extrait :

"Les gens qui parlent des émigrés utilisent souvent le mot "désespérés", mais ce que moi, je pense, aujourd'hui [...] c'est qu'il n'y a rien de plus semblable à l'espoir que la décision d'émigrer : espoir d'arriver dans un endroit meilleur, espoir de réussir, espoir de survivre, espoir de tenir bon, espoir d'un dénouement heureux, comme au cinéma. Il est normal que tout être humain cherche désespérément à améliorer sa condition et, dans certains cas, partir est le seul moyen d'y arriver." (page 268)

 

 

Venez discuter avec nous de ce livre

le 4 mars prochain sur Facebook.

 

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2018-02-06T13:22:48+01:00

Le Chat qui a tout vu

Publié par MyaRosa

The Cat who Saw it all - Sam Gasson

315 pages, éditions l'Archipel, janvier 2018

L'histoire :

Bruno, 11 ans, rêve de devenir détective privé, comme l'a été son père. Des sujets d'enquête, il en voit partout autour de lui ! Lorsque la mère de son copain Dean est retrouvée assassinée, baignant dans une mare de sang, Bruno est bien décidé à mettre la main sur le coupable. Son arme secrète ? Sa chatte Mildred, seul témoin du crime, et surtout la caméra miniature installée sur son collier... Tout semble accuser le père de Dean, un homme violent et jaloux, mais le voisinage de ce quartier sans histoires cache quelques secrets inavouables... qui ne sauraient échapper à l'oeil perçant d'un chat !

 

***

"Le soleil se couchait et l'air sentait le meurtre

et les barbecues."

 

***

 

Mon avis :

 

Prenez un plaid bien douillet et une boisson chaude. Regardez la neige ou la pluie tomber dehors. Allumez une petite bougie parfumée. Installez-vous confortablement dans votre fauteuil préféré et assurez-vous d'avoir quelques heures devant vous pour pouvoir dévorer tranquillement ce délicieux cosy mystery car je vous assure qu'une fois commencé, vous ne pourrez plus le lâcher ! Le cosy mystery c'est très hygge, en fait. Il n'y a pas mieux que les livres de ce genre très tendance pour se détendre et passer un bon moment. Ce sont des romans policiers un peu différents de ceux que l'on croise habituellement et qui peuvent plaire à un plus large public. Il n'y a jamais trop de sang ou trop de violence mais toujours une pointe d'humour et l'enquête est menée dans un périmètre restreint (un quartier ou une petite ville) par un enquêteur qui n'en est pas vraiment un. Il y a souvent des descriptions de scènes de la vie quotidienne, des histoires de voisinage, des commérages, etc... C'est un genre que j'affectionne particulièrement et le roman de Sam Gasson a répondu à toutes mes attentes. Je me suis régalée !

 

 Bruno a onze ans. Il adore les chats et les enquêtes policières. Il vit dans un quartier tranquille mais n'hésite pas à enquêter sur tout ce qui lui semble louche. Il est observateur, intelligent et très attachant. Jim, le père de Bruno, est un détective privé qui vient tout juste de prendre sa retraite pour des raisons de santé. Le père et le fils partagent la même passion pour les énigmes et passent des heures à regarder des films et des séries policières qu'ils décortiquent ensemble. Ils sont très complices et leur relation est touchante. Au milieu de tout cela, il y a la mère de Bruno qui voudrait bien retrouver un peu de tranquillité et surtout que les deux hommes de sa vie arrêtent de se mettre en danger en s'impliquant dans des enquêtes qui, selon elle, ne les concernent pas. Elle voudrait les protéger, les tenir à l'écart de tout ce qui pourrait leur faire du mal et accessoirement pouvoir se détendre un peu pendant ses vacances. Et puis, il y a Mildred, la chatte de la famille qui  est chouchoutée comme une princesse. Bruno a réussi à l'apprivoiser au fil du temps et ces deux-là sont devenus inséparables. Le petit garçon l'adore et lit même des analyses comportementales sur les chats pour mieux la comprendre et décrypter son état d'esprit et ses émotions. Mildred va être, bien malgré elle, au coeur de cette enquête...

 

 Le roman débute tranquillement pendant les vacances d'été. Bruno est persuadé qu'un voisin s'occupe de Mildred dans son dos et il voudrait démasquer le coupable. Il tente de réunir quelques indices et pour l'aider dans son enquête, son père lui offre une petite caméra qu'il peut installer sur le collier du chat. L'enquête suit son cours et prend une toute autre dimension lorsqu'une voisine est retrouvée morte dans sa cuisine et que Mildred - qui aurait pu filmer la scène - demeure introuvable... La victime n'est autre que la mère de Dean, un copain de Bruno. Impossible pour Jim et son fils d'attendre bien sagement que la police trouve le coupable. Ils se mettent aussitôt à mener l'enquête chacun de leur côté et il se pourrait bien que l'élève surpasse le maître car Bruno est un p'tit bonhomme sacrément malin et dégourdi ! Finalement, cet été ne s'annonce pas aussi tranquille que cela...

 

 J'ai adoré cette enquête qui ne manque ni d'originalité ni de rebondissements ! L'auteur nous mène par le bout du nez ! Si Mildred est un personnage essentiel, pour moi, c'est vraiment Bruno qui est sur le devant de la scène. J'ai trouvé ce petit garçon épatant et très attachant. J'ai adoré le voir rassembler des preuves et suivre des pistes de son côté. Je l'ai trouvé crédible. Il fait toujours preuve de bon sens mais il y a des moments où l'on retrouve toute la naïveté propre à son âge, ce qui le rend d'autant plus crédible et attachant. J'ai vraiment aimé me balader dans ce quartier, franchir les portes des maisons et des commerces et découvrir les vilains petits secrets de chacun. J'ai également beaucoup aimé les thèmes abordés. L'ambiance "vacances d'été" m'a également beaucoup plu. Je ne m'attendais pas à ce que l'enquête soit aussi sombre, mais l'atmosphère et les personnages rendent le tout beaucoup plus léger. J'ai trouvé ce roman bien écrit et drôle. Je n'avais pas du tout envie que ça s'arrête et j'adorerais retrouver Bruno et son père dans d'autres enquêtes.

 

En quelques mots :

COUP DE COEUR

Une enquête originale et captivante menée par un détective en herbe irrésistible et très attachant que l'on aimerait retrouver dans d'autres livres. Un livre que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je recommande chaudement même à ceux qui n'aiment pas trop les romans policiers.

 

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2018-02-02T08:31:11+01:00

Ce qu'il reste

Publié par MyaRosa

La Vita Felice - Elena Varvello

266 pages, éditions du Masque, janvier 2018

L'histoire :

En août 1978, l'été où j'ai rencontré Anna Trabuio, mon père a entraîné une fille dans les bois. Il s'était arrêté avec sa fourgonnette sur le bord de la route, avant le coucher du soleil, il lui avait demandé où elle allait, il lui avait dit de monter. Elle a accepté qu'il la dépose parce qu'elle le connaissait.

Ponte, nord de l'Italie. Cet été-là, Elia, seize ans, est en proie aux affres de l'adolescence - ses amitiés fragiles, ses questionnements, ses premiers émois amoureux. Mais au-dessus de ces profonds tourments plane l'ombre d'un drame familial infiniment plus grand. Trente ans après, Elia raconte cet été où tout a basculé, et ce qu'il en reste.

 

Mon avis :

 

 Trente ans ont passé depuis cet été où tout a changé pour Elia. Il avait seize ans à l'époque et toute l'innocence et la naïveté qui vont avec. C'était un garçon comme un autre bien qu'assez solitaire. Il lisait des bande-dessinées, commençait à regarder les filles d'une autre manière, partageait des moments de complicité avec ses parents et ne savait pas vraiment ce qui l'attendait. Mais cet été-là, tout a dérapé et Elia a grandit d'un seul coup. C'est comme s'il avait ouvert les yeux sur le monde, sur la vie, et découvert que les choses n'étaient pas toujours simples, pas toujours complètement bonnes ou mauvaises, pas toujours justes.

 

 Son père travaillait depuis presque toujours à la manufacture de Ponte. Après la fermeture de l'établissement, il s'est mis à marmonner, à errer, à rentrer tard, à parler de complot et à écrire des lettres. Il s'est acheté une fourgonnette, passait son temps seul et ne dormait plus beaucoup. Sa mère s'inquiétait et l'attendait des soirées entières. Parfois Ida et sa fille qui vivaient à côté venaient lui tenir compagnie et la rassurer. Lorsqu'il rentrait, elle l'accueillait chaleureusement sans lui poser de questions et le lendemain, tout recommençait.

 

 Cet été-là fût aussi marqué par l'arrivée de Stefano et de sa mère Anna. Elia est immédiatement attiré par eux. Leur famille est tellement différente de la sienne ! Elia a toujours eu une vie tranquille et stable, des parents qui s'aiment, une maison bien entretenue... Chez les Trabuio, c'est différent. Anna a pris la fuite lorsqu'elle était plus jeune et vient de s'enfuir à nouveau pour s'installer avec son fils chez son père à elle que le jeune garçon ne connaît pas. L'ambiance est spéciale à la maison puisqu'il y a beaucoup de non-dits et de rancoeur. Le grand-père ne parle pas, la mère et le fils se disputent souvent, le fils est renvoyé de l'école, etc... Est-ce que c'est ce décalage entre sa vie et la sienne qui fascine tant Elia ? Est-ce qu'il se sent bien là-bas parce qu'il ne pense plus à ce qui se passe chez lui ? Un peu des deux, je crois.

 

 Ce qui est sûr, c'est que cet été-là va marquer à jamais la vie d'Elia. Les choses ne seront plus jamais comme avant. Amitié, désir, peur, frustration, angoisse, ... Ce sera l'été des premières fois, l'été de tous les questionnements. Un apprentissage de la vie accéléré et brutal marqué par un drame familial qui laissera des séquelles. J'ai adoré l'ambiance pesante et très noire de ce roman. J'ai aimé les thèmes abordés mais surtout la manière dont l'histoire est racontée. C'est Elia, trente ans plus tard, qui revient sur cet été de tous les bouleversements et sur ce qu'il en reste aujourd'hui. J'ai ressenti beaucoup d'émotions, je me suis souvent sentie mal à l'aise et déconcertée et j'ai ressenti de l'empathie pour Elia et pour tout ce qu'il subit. Elena Varvello nous replonge avec beaucoup de justesse dans les tourments de l'adolescence et nous offre un roman complexe, noir et bouleversant.

 

En quelques mots :

Un roman noir aussi dérangeant que fascinant. Une plongée incroyable dans les tourments de l'adolescence et l'apprentissage de la vie. Un livre qui bouscule et laisse des traces.

 

 

A lire aussi :

La Fin de l'innocence (Megan Abbott)

 

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2018-01-23T10:19:08+01:00

Le Ranch des trois collines

Publié par MyaRosa

Titans - Leila Meacham

650 pages, éditions Charleston, janvier 2018

L'histoire :

  Printemps 1900. Séparés à leur naissance, des jumeaux, Nathan et Samantha, fêtent leur vingtième anniversaire, dans des comtés éloignés de l’État du Texas, sans se connaître ni soupçonner l’existence de l’autre… À la ferme de Barrows, Nathan reçoit une visite inattendue qui va bouleverser son existence. Trevor Waverling, un titan des premières heures du forage pétrolier, vient lui proposer un pacte des plus étranges… À Fort Worth, à trois jours de chevauchée au sud, Samantha décide que son destin se trouve sur les terres de Las Les Lomas, le ranch des Trois Collines, l’un des plus grands du Texas. La jeune fille entend aider son père adoptif à réaliser son rêve : devenir un titan de l’élevage texan. Mais malgré les secrets bien gardés, les routes de Nathan et Samantha sont appelées à se croiser… La vie réunira-telle les jumeaux séparés ?

 

Mon avis :

 

 Il était temps que je découvre la plume et l'univers de Leila Meacham ! J'ai beaucoup entendu parler de ses romans - Les Roses de Somerset, La Plantation, Le Ranch des trois collines - et mon choix s'est porté sur celui-ci car j'ai toujours été intriguée par les liens mystérieux et fascinants qui unissent les jumeaux. J'avais donc hâte de découvrir cette histoire et je ne suis pas du tout déçue. J'ai adoré !

 

 J'ai retrouvé le dépaysement des grands espaces et l'évasion que je recherche habituellement dans les romans de Tamara McKinley. La chaleur, l'immensité des terres, la rudesse du travail, l'inquiétude face aux intempéries qui peuvent tout remettre en cause... On s'immerge totalement dans ce contexte et ce mode de vie si différents du nôtre. On est vraiment transporté à l'autre bout du monde à une autre époque avec des enjeux et des problématiques qui nous sont inconnus mais qui nous touchent comme si nous y étions vraiment. C'est comme vivre une autre vie le temps d'un moment et j'adore ça ! Lorsque j'étais plongée dans le roman de Leila Meacham, je n'étais plus chez moi. J'étais au Texas en 1900 et je côtoyais les titans.

 

 Je n'ai pas de point négatif à soulever. J'ai trouvé dans ce roman tout ce que j'attendais. Il m'a vraiment transportée et il m'a aussi passionnée. J'ai adoré l'histoire de Nathan et de Samantha et de leurs familles. Les personnages m'ont plu, leurs difficultés m'ont touchée et je n'avais aucune envie de les quitter. J'ai pris mon temps pour lire ce livre mais justement parce que je n'avais pas envie d'en sortir. J'ai aimé voir certains personnages évoluer, ouvrir les yeux sur leurs sentiments et apprendre de leurs erreurs. Il y a beaucoup de rebondissements et on ne s'ennuie pas une seconde. Ceux qui aiment les drames, les grandes sagas romanesques et les voyages vont adorer "Le Ranch des trois collines". C'est un roman palpitant qu'on ne peut pas lâcher. J'ai adoré et suis déjà impatiente de lire d'autres romans de Leila Meacham pour pouvoir retourner au Texas !

 

En quelques mots :

J'ai adoré ! Une saga palpitante qui nous transporte ailleurs. Un roman très addictif !

 

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2018-01-18T05:48:00+01:00

Les Saisons du bonheur

Publié par MyaRosa

The Sight of the Stars - Belva Plain

397 pages, éditions Belfond, octobre 2017

L'histoire :

Bien décidé à être acteur de son destin, Adam Arnring quitte son New York natal, son père immigré juif allemand et ses deux frères pour tenter l'aventure vers l'Ouest. Direction la Californie et le bleu infini du Pacifique. Son voyage n'ira pourtant pas plus loin que Chattahoochee, petite bourgade à la frontière texane. Adam a croisé le regard d'Emma, c'est donc là que son coeur a choisi de poser ses bagages. Héritière d'un grand magasin, couvée par une tante acariâtre, la belle jeune femme est totalement inaccessible à un homme sans le sou tel que lui. Mais, dans l'Amérique de 1900, l'audace est la clé de tous les succès, et le fougueux New-Yorkais n'en manque pas...

Une famille unie, des affaires florissantes, la vie pourrait être parfaite. Pourtant Adam sent parfois monter en lui des vagues d'amertume : comment protéger les siens des aléas de l'Histoire et de la vie ?

 

Mon avis :

 

 Belva Plain est une romancière américaine, aujourd'hui disparue, qui a marqué la littérature par son écriture élégante et ses belles histoires aux thèmes universels. Au fils des ans, elle a abordé avec justesse et subtilité les problèmes de couples, les histoires de famille, les drames et les passions. Ses romans ont été traduits dans de nombreuses langues et sont régulièrement réédités. Ils se sont vendus à plus de trente millions d'exemplaires dans le monde. Pour être honnête, j'ai souvent eu envie de découvrir cette auteure. J'ai même acheté plusieurs de ses romans sans pour autant oser me lancer. Si les résumés m'inspiraient bien, je crois que j'avais peur que ce soit un peu "vieillot". C'est finalement cette belle réédition d'un roman publié initialement en 2004 qui m'a décidée et je ne regrette pas du tout d'avoir franchi le cap car j'ai passé un très bon moment en compagnie d'Adam et des siens.

 

 Adam vit à New-York avec son père, sa belle-mère et ses deux demi-frères. S'il adore sa famille, Adam ne se sent pourtant pas à sa place et ressent le besoin de partir loin pour construire sa vie. Les journées épuisantes et peu intéressantes à l'épicerie, sa mère qu'il n'a jamais connu et dont on parle si peu, les moqueries qu'il subit et la haine qu'il lit dans les yeux de l'un de ses frères, son attirance pour l'ouest américain et puis certainement le fait que son père se soit construit tout seul sans rien devoir à personne le poussent à prendre son envol. Il part donc sans argent mais avec beaucoup d'espoir et d'optimisme ainsi qu'avec l'audace et le courage de sa jeunesse et nous suivons son parcours incroyable et même sa vie entière. Une vie remplie de rencontres, d'épreuves, de déceptions, de surprises, de regrets, d'amour, de drames et de passion.

 

 J'ai adoré suivre Adam durant presque toute sa vie. Le voir évoluer, tenter sa chance sans savoir ce que la vie lui réserve, partir de rien pour construire quelque chose de grandiose. C'est un personnage remarquable, généreux et bienveillant. On s'attache tout de suite à lui et on ne lui souhaite que de bonnes choses. J'ai aimé le voir devenir un homme, assister à sa réussite et voir sa famille s'agrandir. Il va de l'avant mais n'oublie jamais d'où il vient. C'est quelqu'un de sincère qui aime profondément les autres sans rien attendre en retour. Sa réussite sociale est impressionnante et émouvante mais ce sont surtout ses rapports avec sa famille qui m'ont émue. Si l'on cerne tout de suite Adam, les personnages secondaires sont assez mystérieux. Certains nous paraissent assez antipathiques au début mais se révèlent être finalement de bonnes personnes tandis que d'autres cachent bien leur jeu et nous surprennent par leurs actions ou leurs réactions.

 

 J'ai adoré l'écriture de Belva Plain et la construction de ce roman qui n'a pas pris une ride et correspond tout à fait à mes attentes et à mes goûts actuels. C'est une grande saga romanesque sur plusieurs générations dans l'Amérique de tous les possibles. Une histoire avec des hauts et des bas à l'image de la vie. Un roman que l'on lit avec plaisir sans voir le temps passer. Une chose est sûre, je ne vais pas m'arrêter là et je compte bien poursuivre ma découverte de l'oeuvre de Belva Plain dès que possible. Et vous, avez-vous déjà lu Belva Plain ou êtes-vous tentés par ses romans ?

 

 

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2018-01-09T20:08:45+01:00

La Dernière traversée

Publié par MyaRosa

Les Amoureux de l'Empress - Caroline Pignat

396 pages, éditions Charleston, janvier 2018

L'histoire :

Bannie de la résidence familiale en Angleterre, Ellie est embauchée pour travailler à bord de l'Empress of Ireland. Elle est tout de suite attirée par Jim, un jeune homme mystérieux qui travaille comme souffleur dans les fournaises du paquebot. Après un magnifique moment à Québec, la nuit de l'horreur. Les cris, les corps, les eaux si froides... Elle tente de se dire que Jim a survécu au terrible naufrage, mais le nombre de morts ne cesse de croître.


Alors lorsque Wyatt Steele, journaliste au New York Times, lui demande de raconter son histoire, Ellie commence par refuser. Mais lorsqu'il lui montre le journal de Jim, retrouvé parmi les débris du paquebot, la jeune femme saute sur l'occasion. Elle veut en savoir davantage sur l'homme dont elle est tombée amoureuse. Le deal est clair : en échange de son témoignage, Steele lui donnera les pages du journal, une par une...

 

Mon avis :

 

 Caroline Pignat a su m'embarquer dans son histoire dès les premières lignes. J'ai dévoré ce roman en très peu de temps, sans plus pouvoir penser à autre chose. Je me posais des tas de questions sur l'avenir d'Ellie, sur le sort de Jim, sur ce que serait la vie des survivants désormais ainsi que celles des familles des naufragés. L'Empress of Ireland, son histoire et ses fantômes m'ont hantée nuit et jour et je crois que je vais avoir beaucoup de mal à penser à autre chose...

 

 Si vous aimez les récits tragiques et marquants, les belles histoires d'amour, les romans inspirés de faits réels et les personnages qui se relèvent et vont de l'avant après avoir traversé de terribles épreuves, ce livre ne pourra que vous plaire ! Le naufrage de l'Empress of Ireland est considéré comme le troisième naufrage le plus important de l'Histoire (après celui du Titanic et celui du Lusitania) et pourtant, on en parle très peu pour plusieurs raisons. Le naufrage a eu lieu peu de temps après celui du Titanic, les passagers qui étaient à son bord étaient moins prestigieux et la guerre est arrivée si peu de temps après qu'elle a sans doute balayé cette histoire. Caroline Pignat s'est inspirée des faits ainsi que des témoignages de quelques survivants pour écrire son histoire. Et quelle histoire ! Une histoire d'amour belle et intense entre deux êtres que la vie n'a pas épargnée et qui vont devoir affronter encore d'autres drames. Mais aussi et surtout l'histoire d'une jeune fille qui a dû grandir bien avant l'âge en apprenant la cruauté de la vie et qui a perdu les gens qu'elle aimait, les uns après les autres. Arrivera-t-elle à aller de l'avant malgré tout ?

 

 

 J'ai vraiment adoré suivre le quotidien des employés de l'Empress of Ireland et découvrir la vie d'Ellie. On s'attache beaucoup et très rapidement aux personnages, les principaux comme les secondaires. Je pense notamment à Meg, Bates ou encore à Geraldine. Ils sont bienveillants et intéressants et on aurait envie d'en savoir encore plus sur eux, de les suivre plus longtemps. Je n'ai relevé qu'un seul petit bémol :  je trouve que l'on devine trop rapidement les secrets de chacun et ce qui va se passer. Néanmoins, cela ne m'a pas dérangée plus que cela et ce récit m'a passionnée d'un bout à l'autre. Je ne pouvais plus le lâcher. Il y a dans cette histoire beaucoup d'horreurs et de tristesse mais également énormément d'amour et d'optimisme. Cette histoire m'a profondément touchée et j'ai une pensée émue pour toutes les victimes de ce terrible naufrage. Merci à Caroline Pignat d'avoir mis en lumière leur histoire en nous offrant ce très beau roman chargé d'espoir, d'amour et d'émotions.

 

En quelques mots :

Un roman passionnant et chargé d'émotions qui m'a tenu en haleine du début à la fin. Un livre pour les romantiques et ceux qui aiment les histoires tragiques qui ne laissent pas indifférents. J'ai adoré ! 

 

 

#petitefiertédelectrice

 

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2018-01-08T20:36:45+01:00

Le Lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux

Publié par MyaRosa

Lilac Girls - Martha Hall Kelly

561 pages, éditions Charleston, janvier 2018

L'histoire :

À New York, Caroline Ferriday travaille au consulat français. Mais lorsque les armées hitlériennes envahissent la Pologne en septembre 1939, c'est tout son quotidien qui va être bouleversé.

De l'autre côté de l'océan, Kasia Kuzmerick, une adolescente polonaise, renonce à son enfance pour rejoindre la Résistance. Mais la moindre erreur peut être fatale.

Quant à l'ambitieuse Herta Oberheuser, médecin allemand, la proposition que lui fait le gouvernement SS va lui permettre de montrer enfin toutes ses capacités. Mais une fois embauchée, elle va se retrouver sous la domination des hommes...

Les vies de ces trois femmes seront liées à jamais lorsque Kasia est envoyée à Ravensbrück, le tristement célèbre camp de concentration pour femmes. À travers les continents, de New York à Paris, de l'Allemagne à la Pologne, Caroline et Kasia vont tout tenter pour que l'Histoire n'oublie jamais les atrocités commises.

 

Mon avis :

 

 J'ai lu énormément de romans sur la Seconde Guerre Mondiale. Il n'y en aura jamais assez à mon goût car on se doit de savoir, de ne pas oublier et d'en parler pour que ces abominations ne se reproduisent plus jamais. Ce contexte ne peut laisser personne indifférent. On a du mal à croire que de telles horreurs se sont produites il n'y a pas si longtemps, et pourtant... Martha Hall Kelly a découvert par hasard l'histoire d'une femme qui a consacré sa vie à aider les autres et c'est en cherchant des informations sur cette personne injustement oubliée qu'elle a entendu parler de faits terribles et c'est ce qui lui a inspiré ce roman. Elle est journaliste de métier et a mené une véritable investigation avant de se consacrer pleinement à l'écriture de son livre.

 

 Je n'irai pas par quatre chemins : Le Lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux m'a touchée en plein coeur. Je reste estomaquée par tant d'horreurs et de souffrances mais également impressionnée par le courage, la force et la bonté de certaines personnes. Martha Hall Kelly nous fait découvrir des morceaux de notre Histoire qui ne devraient pas être ignorés. Elle a eu la bonne idée de nous faire suivre trois femmes très différentes qui vont être marquées et changées à jamais par la guerre. On essaie de les comprendre, de se mettre à leur place. On se demande si on aurait fait les mêmes choix qu'elles ou si nos réactions auraient été différentes face aux situations qu'elles traversent. Caroline, Kasia, Herta : pour des raisons multiples et variées, ce sont des noms que je n'oublierai pas.

 

 Durant cette lecture, j'ai tremblé, pleuré, souffert. J'ai été émue et révoltée à de nombreuses reprises. J'ai été touchée par la force de l'amour qui peut unir deux soeurs, une mère et ses enfants, des prisonnières qui s'entraident, des femmes qui ne se connaissent pas mais sont là l'une pour l'autre. Il y a beaucoup de force, de courage, d'espoir et de détermination dans les actes de ces femmes. L'auteur a fait très fort car même si j'ai lu beaucoup de romans traitant de la Seconde Guerre Mondiale, j'ai eu l'impression d'en entendre parler pour la première fois tant elle aborde des aspects intéressants et peu souvent traités : l'entraide organisée à l'étranger, les expérimentations dans les camps, la frontière très ténue entre le bien et le mal, l'embrigadement, la reconstruction après la guerre et le fait de ne plus pouvoir mener une vie normale. La culpabilité, la haine, le pardon. Je suis encore très chamboulée par cette lecture et je ne peux que vous la recommander. Il est indispensable que personne n'oublie et je trouve que Martha Hall Kelly rend un bel hommage aux femmes et à celles qui ont été injustement oubliées. Comme vous le verrez, le titre de ce roman que je trouve poétique et plein d'espoir prend tout son sens durant la lecture.

 

En quelques mots :

Une lecture bouleversante qui ne peut laisser personne indifférent.

Un roman intense et inoubliable !

 

 

 

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2017-11-06T12:54:43+01:00

La Partie de chasse

Publié par MyaRosa

The Shooting Party - Isabel Colegate

311 pages, éditions 10/18, octobre 2017

Présentation de l'éditeur :

  Angleterre, automne 1913. La grande partie de chasse traditionnelle bat son plein sur les terres de Sir Randolph, pour le plus grand plaisir de ses invités. Mais, cette fois, flirts, rivalités et trahisons vont avoir raison de l’étiquette et provoquer ce que tout bon aristocrate se doit d’éviter à tout prix : un scandale. Grand classique de la littérature anglaise du XXe siècle, La Partie de chasse dépeint avec une délicieuse cruauté les derniers jours d’une aristocratie dépassée, sourde aux premiers échos de la Grande Guerre, accrochée avec la force du désespoir aux vestiges de sa splendeur d’antan.

 

Mon avis :

 

 La Partie de Chasse (The Shooting Party) a été publié en 1980 et fait aujourd'hui partie des classiques de la littérature anglaise. Ce roman a même fait l'objet d'une adaptation cinématographique. En nous racontant les quelques jours d'une partie de chasse, c'est toute une époque qu'Isabel Colegate dépeint. Elle nous décrit avec beaucoup de justesse ce qu'était la vie et les convenances dans l'Angleterre rurale de 1913. Elle dresse ainsi le portrait d'aristocrates englués dans leurs traditions qui refusent de voir que le monde est en train de changer et que leur mode de vie va en être bouleversé. Elle ne se moque jamais, mais pousse le lecteur à constater les contradictions de cette société et à s'interroger sur les causes de l'effondrement de ce mode de vie. Les édouardiens ont-ils causé leur propre perte ou les choses sont-elles amenées à bouger sans cesse ?

 

 Isabel Colegate nous décrit les habitudes des aristocrates, leurs petites manies souvent futiles et parfois absurdes mais auxquelles ils s'agrippent désespérément car elles les rassurent. Au travers de ses personnages, elle n'hésite pas à montrer l'hypocrisie, la superficialité, le manque d'honneur et de loyauté dont certains font preuve. Les masques se lèvent peu à peu et l'on se rend compte que cette femme qui nous semblait si charmante ne l'est pas tant que cela, que celle qui semblait épanouie n'est en fait pas vraiment heureuse, que cet homme qui fait le coq en société n'est pas très intéressant dans l'intimité, etc...

 

 Avec beaucoup de justesse, elle nous décrit l'inquiétude des édouardiens face aux bouleversements qui surviennent à cette époque. Certains ont peut pour l'avenir, d'autres préfèrent fermer les yeux et continuent à vivre comme avant et certains commencent à prendre conscience de leur impuissance à conserver les choses comme elles sont. D'autres encore commencent à remettre en questions les idéaux qu'on leur a transmis et aspirent même à autre chose mais ne l'assument pas toujours. C'est une époque vraiment fascinante.

 

 Mais il n'y a pas que les aristocrates qui sont au coeur de ce roman. Il y a aussi toutes les personnes qui les entourent : les domestiques et les gens du village qui travaillent pour eux de temps en temps. Eux aussi sont inquiets pour l'avenir et refusent parfois les mains qui leur sont tendues par peur du changement et de l'inconnu. L'auteur nous montre aussi que cette société où chacun avait sa place n'avait pas que des mauvais côtés. Il y avait sans aucun doute quelque chose de rassurant pour tout le monde dans ce fonctionnement et il y avait aussi de belles choses qui se sont éteintes avec elle. J'ai vraiment aimé ce roman. Je l'ai trouvé intéressant et bien écrit. Le contexte est très bien retranscrit et l'auteur arrive à mettre en lumière beaucoup de points pertinents. Elle ne se moque pas, ne juge pas et reconnaît même les bons côtés qui ont malheureusement sombré avec le reste. On s'interroge sur le bien et le mal et sur la sincérité.

 

 J'ai adoré le roman et j'ai également apprécié la préface de Julian Fellowes. On ressent parfaitement sa fascination pour cette époque et le respect et l'admiration qu'il a pour l'oeuvre d'Isabel Colegate. Son analyse est très intéressante et agréable à lire.

 

En quelques mots :

J'ai adoré !

 

Un petit extrait :

"Je crois que c'est une bonne habitude, de noter ce qu'on pense. Cela vous évite au moins d'assommer les autres en le leur racontant." (page 33)

 

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2017-11-01T20:48:00+01:00

Hillbilly Elegie

Publié par MyaRosa

J. D. Vance

284 pages, éditions Globe, 6 septembre 2017

Quatrième de couverture :

Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des États-Unis qui a vu l’industrie du charbon et de la métallurgie péricliter. Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d’un transfuge, Hillbilly Élégie nous fait entendre la voix d’une classe désillusionnée et pose des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

 

Merci à Priceminister et aux éditions Globe pour cette lecture.

#MRL17

 

Mon avis :

 

 Hillbilly Elegie n'est pas un livre ordinaire. Il est difficile à décrire. C'est un mélange d'autobiographie, d'essai et d'analyse sociologique. Je ne savais pas si ça allait me plaire et finalement je n'ai pas vu le temps passer et j'ai trouvé cela très intéressant. 

 

 J. D. Vance a grandi dans les Appalaches au sein d'une famille qui nous semble peu conventionnelle mais qui représente bien la vie des classes ouvrières du Midwest. Il nous parle de son histoire à lui mais aussi de celle de toute une population en s'appuyant sur son expérience mais aussi sur des statistiques et études. Là-bas les gens n'ont pas ou peu d'argent et ne croient plus en eux. Ils ne font pas d'études supérieures et se contentent d'avoir un toit et de quoi manger. Les jeunes envisagent de travailler dans l'usine ou la supérette du coin et visent rarement plus haut. Les femmes tombent souvent enceintes avant la fin du lycée et se marient avec des hommes qui bien souvent les traitent mal et ne les respectent pas. Drogue, chômage, violence et dépression font partie de leur quotidien. Ils sont complètement désillusionnés.

 

 Sans pour autant se sentir au-dessus du lot, J.D. Vance nous explique son parcours. Il nous raconte son enfance et la manière dont il s'en est sorti. Il tente aussi de comprendre et d'analyser pourquoi les hillbilly vivent de cette manière. J'ai vraiment aimé sa façon de raconter.  Il arrive à prendre du recul, à analyser les choses avec beaucoup d'intelligence et en même temps il essaie de ne pas juger et ne crache pas sur son enfance et sur ce qu'il a reçu. Il nous livre aussi des moments très intimes qui ont marqué sa vie. Il a grandi dans un environnement instable, a changé de beau-père et de maison un nombre incalculable de fois, a sorti sa mère de situations très difficiles, s'est pris des coups et des injures, mais ne lamente pas, au contraire, il insiste surtout sur les valeurs qu'on lui a inculquées et on sent tout le respect et l'amour qu'il ressent pour sa famille et le lieu de son enfance.

 

 J'ai particulièrement aimé les passages dans lesquels il parle de sa famille. Ses grands-parents et ses oncles et tante, sa soeur Lindsay... Malgré le langage cru, le manque d'éducation, l'instabilité, les injures et la violence, il y a beaucoup d'amour et des attentions très touchantes au sein de cette famille. Cette lecture est très différente de ce que je lis habituellement et ça m'a beaucoup plu. J'ai trouvé l'analyse et l'histoire de J.D. Vance très intéressantes.

 

En quelques mots :

Un livre unique en son genre qui parle de toute une population mais aussi de choses plus personnelles. Une écriture agréable et touchante. J'ai beaucoup aimé.

 

 

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2017-10-22T10:33:37+02:00

Tous les deux

Publié par MyaRosa

Two by two - Nicholas Sparks

537 pages, éditions Michel Lafon, juin 2017

L'histoire :

À trente-deux ans, Russel Green a tout pour être heureux : une carrière brillante dans la publicité, une maison sublime à Charlotte en Caroline du Nord, une adorable petite fille de six ans et surtout une femme exceptionnelle, Vivian, qui est le centre de son monde. Pourtant, en quelques mois, son monde s'écroule : il perd son emploi, son épouse le quitte et lui laisse leur petite London à élever. Désarmé, il décide pourtant de reprendre sa vie en main. Tour à tour papa et maman, chauffeur, cuisinier, animateur et confident. Russ découvre les difficultés et les bonheurs d'un père célibataire. Quand Vivian demande à récupérer la garde de leur fille, Russel se lance dans le combat de sa vie pour son enfant qui est devenue le pilier central de son existence. Y parviendra-t-il ?

 

Mon avis :

 

 Lorsque Vivian et Russel ont décidé d'avoir un enfant, ils étaient tous les deux d'accord sur tout et pensaient que tout se passerait bien. Seulement, Russ ne pensait pas que les choses iraient si vite et Vivian n'avait sans doute pas réalisé pleinement tous les changements que cela impliquerait. Vivian a arrêté de travailler pour s'occuper à temps plein de London mais elle a continué à dépenser autant qu'avant et lorsque Russ a décidé de monter sa propre entreprise, leur situation financière est devenue compliquée et source de tensions au sein du couple. Puis rapidement, la situation a évoluée. Vivian a repris le travail, est devenue de plus en plus secrète et de moins en moins présente, demandant à Russ de s'occuper de London comme elle l'avait toujours fait jusqu'à maintenant, ce qui lui laissait peu de temps pour s'investir pleinement dans la création de son entreprise. Son humeur était changeante, ses réactions imprévisibles et le pauvre Russ n'a rien vu venir... Sa femme le quitte et le laisse s'occuper seul de leur fille... Lui qui a toujours passé beaucoup de temps à travailler et s'est un peu effacé devant la complicité évidente de sa femme et de sa fille va devoir apprendre à être père et tout gérer en même temps.

 

 Pour être honnête, j'ai trouvé le début du roman un peu long. Il y a énormément de détails sur le quotidien de Russ et surtout sur son travail et j'ai mis un petit moment avant d'apprécier vraiment cette lecture à sa juste valeur. Et finalement, je suis tellement contente d'avoir lu ce livre qui m'a profondément émue et aborde beaucoup de sujets touchants. Il y a bien sûr Russ qui apprend à devenir père. Jusque là, il ne s'était pas vraiment impliqué et se contentait d'être une sorte de figurant dans la vie de son enfant. Cette fois, il n'a pas le choix et ne sait pas vraiment comment s'y prendre. Sa maladresse m'a touchée et j'ai finalement apprécié que Nicholas Sparks prenne son temps pour nous montrer la relation naissance entre ce père et sa fille. Les choses ne se font pas du jour au lendemain. Russ fait des erreurs, tâtonne mais avance courageusement. C'est comme s'il découvrait sa fille. Jusque là, même s'il l'aimait sincèrement, il ne la connaissait pas. Il découvre sa personnalité et s'attache à elle jour après jour. Au début, il voyait son rôle comme une corvée et se rend peu à peu compte que c'est une chance, une relation unique qui se noue entre eux et qui va perdurer toute leur vie.

 

 En dehors du père, Russ en tant qu'homme m'a aussi émue. On le voit d'abord comme un homme fragile qui subit ce qui lui arrive et on se demande s'il va vraiment réussir à s'en sortir. Il partage avec nous son ressenti, ses souvenirs, ses émotions. Cette intimité entre le personnage et le lecteur est unique. On a vraiment l'impression de connaître Russ, c'est comme s'il faisait partie de notre vie ou que l'on faisait partie de la sienne. On le voit grandir, s'affirmer, développer des qualités qu'il a toujours eu en lui mais qu'il ne soupçonnait même pas. Les gens qui l'entourent sont également très touchants. Il y a Emily, une femme de son passé qui ressurgit dans sa vie et l'aide par sa gentillesse, son honnêteté et sa disponibilité. Il y a ses parents qui malgré leur maladresse aiment profondément leur famille. Et puis, il y a Marge, la soeur de Russ, qui mériterait un livre rien qu'à elle tant elle est géniale, unique et émouvante. J'ai adoré leur relation, les petites piques qu'ils s'envoient, leur humour bien à eux, leur complicité merveilleuse.

 

 Si j'ai trouvé le début un peu long, j'ai littéralement dévoré le reste du roman sans m'en rendre compte. Non pas que le reste du livre soit différent du début, mais plutôt parce que je me suis sincèrement attachée à (presque) tous les personnages. J'aurais même eu envie de les suivre plus longtemps. Ce roman m'a fait passer par toutes sortes d'émotions. J'étais parfois totalement révoltée et en colère, prête à balancer le livre et à hurler à Russ de ne pas se laisser faire. A d'autres moments, j'avais les larmes aux yeux ou je riais face aux petits moments de tendresse partagés par les uns et les autres. La fin m'a scotchée et j'ai pleuré comme une madeleine. Je ne m'attendais vraiment pas à ressentir autant de choses. J'ai même éprouvé de la fierté en voyant Russ grandir, s'affirmer et s'épanouir. Il a gravi des montagnes depuis le début le livre et on se sent privilégié d'avoir vu cette évolution mais tout de même un peu triste de le quitter et de quitter tout ce petit monde. Ce n'est pas seulement l'histoire d'un père et de sa fille à un moment de leur vie. C'est l'histoire d'un homme, de sa vie entière, de ce qu'il éprouve, de ce qu'il vit, de ce qu'il espère. C'est aussi un roman d'amour. De l'amour sous toutes ses formes : l'amour entre un homme et une femme, l'amour entre deux femmes, l'amour entre un père et sa fille, l'amour au sein d'une famille, l'amour d'un ami qui nous donne la force de nous lever chaque jour, le soutien de nos proches qui nous aide à tenir. Un livre rempli de justesse et d'émotions. Merci Mr Sparks pour cette lecture intense et profondément émouvante. Russ, Liz, Marge, London, Emily et les autres resteront dans mon coeur.

 

En quelques mots :

Il faut savoir être patient pour apprécier ce roman qui en vaut vraiment la peine et qui se révèle profondément émouvant et inoubliable. J'ai ressenti beaucoup d'émotions différentes et j'en suis la première surprise. Je ne m'attendais pas à ça !

 

 

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2017-10-17T07:44:41+02:00

Les Anges de Lovely Lane

Publié par MyaRosa

The Angels of Lovely Lane - Nadine Dorries

429 pages, City éditions, septembre 2017

L'histoire :

Angleterre, années 50. Pour Dana, Victoria, Beth et Pammy, intégrer l'école d'infirmière de Lovely Lane représente une chance unique. Qu'elles fuient la pauvreté ou une existence ennuyeuse dans une famille aristocratique, Lovely Lane est leur seule échappatoire.

Mais la réalité de l'hôpital se révèle bien plus dure que ce qu'elles avaient imaginé. La souffrance, la peur, la maladie rythment leur quotidien. De même que l'excitation de la découverte d'une nouvelle ville et les sourires des étudiants médecins.

Et lorsqu'une jeune fille inconnue est admise à l'hôpital après un avortement expédié dans une arrière-cour, c’est le début d’une tragédie qui ébranle tout l’hôpital. Et qui, surtout, va sceller à tout jamais l'amitié de ces jeunes femmes au service des plus démunis...

 

Mon avis :

 

 Nadine Dorries nous fait remonter le temps et nous entraîne en Angleterre dans les années 1950. La guerre est encore partout, dans les esprits, dans les rues ravagées et dans les coeurs. Tout le monde essaie d'aller de l'avant et chacun s'y prend à sa manière. Certains préfèrent ne plus jamais en parler et passent devant les quartiers qui n'existent plus sans émettre le moindre commentaire. D'autres ont besoin d'en parler et de pleurer et ne peuvent pas reprendre une vie normale. Des familles entières ont disparu, certaines personnes se retrouvent seules, d'autres se sont retrouvées après une longue séparation et ne veulent plus jamais être séparées.

 

 C'est dans ce contexte très fort que se déroule cette histoire et que nous faisons connaissance avec les personnages de Lovely Lane. Il y a d'abord les étudiantes infirmières qui viennent toutes de milieux différents mais partagent le même rêve. Dana vient d'un petit village irlandais. Si elle rate sa formation, elle sait qu'elle n'aura d'autre choix que de respecter la décision de son père. Elle devra épouser le fils du voisin, un homme rustre et violent, et consacrer sa vie à la ferme familiale. Victoria vient d'une famille aristocratique endettée qui se noie dans le désespoir et la tristesse depuis des années. Elle voudrait échapper à tout cela et rêve de faire un travail utile à la société. Pammy vient d'un quartier modeste de Liverpool. Elle a un fort caractère et est déterminée à devenir infirmière et est soutenue par toute sa famille. Beth est quant à elle assez mystérieuse. C'est une madame je-sais-tout assez horripilante qui se dévoile un peu plus au fil du roman...

 

 Et puis, il y a tout le personnel de l'hôpital : les brancardiers, les autres infirmières, les médecins, la direction et les domestiques. Certains sont attachants et bienveillants alors que d'autres sont absolument détestables. On suit tout ce petit monde, leur quotidien, leurs querelles, les cas auxquels ils sont confrontés, les ragots, les histoires d'amour, les manipulations, etc... J'ai trouvé cela passionnant ! Ca m'a rappelé d'autres livres que j'adore : "Les Filles du Nightingale" de Donna Douglas et la saga du bord de mer de Tamara McKinley - "Et le ciel sera bleu" / "Si loin des siens" - et bien sûr la série TV Call the midwife inspirée par les mémoires de Jennifer Worth que je vous recommande aussi. Je n'ai pas vu le temps passer et je n'avais vraiment pas envie de quitter les personnages.

 

Souvent, lorsque j'arrive à la fin d'un livre, je pense déjà à ce que je vais lire ensuite et à ces autres histoires qui m'attendent et que je suis impatiente de découvrir. Mais pas avec Les Anges de Lovely Lane. Ce livre m'a plutôt fait le même effet que ces séries TV qui me tiennent en haleine durant des semaines et des semaines et dont j'attends chaque nouvel épisode avec impatience. Je me suis attachée aux personnages. Ils m'ont tenu compagnie et j'ai eu l'impression de les connaître et même d'être à leurs côtés. Je n'avais pas du tout envie de tourner la dernière page et je suis d'ores et déjà impatiente de lire la suite de cette trilogie (d'après mes recherches, il y a un quatrième livre dont la sortie est prévue prochainement en VO, une histoire de Noël !)

 

 

En quelques mots :

COUP DE COEUR !

Un livre passionnant que j'ai adoré du début à la fin et qui plaira à coup sûr à tous les lecteurs qui aiment les romans forts, dramatiques et émouvants.

 

 

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2017-09-24T20:33:57+02:00

Un été près du lac

Publié par MyaRosa

The Lost Girls - Heather Young

377 pages, éditions Belfond, septembre 2017

L'histoire :

1935. Comme tous les ans, Lucy, Lilith et leur petite sœur Emily viennent passer l'été en famille dans leur chalet, sur les bords d'un lac du Minnesota. Mais un matin, Emily est introuvable. Qu'est-il arrivé à l'enfant de six ans ? Nul ne semble le savoir. Et alors que, fou de douleur, leur père se suicidera, Lucy, Lilith et leur mère resteront toute leur vie dans ce chalet, à attendre l'improbable retour de la petite préférée.


1999. Lucy vient de mourir, léguant le chalet et tous ses biens à sa petite nièce Justine. Un héritage qui arrive juste à temps pour la jeune femme qui doit fuir San Diego et une histoire d'amour abusive, pour mettre à l'abri ses deux filles. Mais le vieux chalet n'a rien d'une chaleureuse villégiature. La maison est isolée et son seul voisin est un vieil homme bourru, probablement fou. Alors que la jeune femme tente de transformer la lugubre bâtisse en foyer pour elle et ses filles, son aînée développe soudain une étrange obsession pour Emily, leur aïeule disparue. Car la maison n'a pas dévoilé tous ses secrets. Là, dans les affaires laissées par Lucy, se cache un journal. Les Mémoires d'une petite fille naïve qui a laissé se dérouler un drame si terrible que, soixante ans plus tard, sa famille en porte encore la trace...

 

Mon avis :

 

 Ce roman avait vraiment tout pour me plaire : une vieille maison et ses mystères, un drame, des secrets de famille, une histoire entre passé et présent et plusieurs générations de femmes d'une même famille que l'on découvre au fil des pages. J'étais vraiment impatiente de le commencer mais j'étais loin de me douter qu'il me remuerait à ce point ! Quelle claque !

 

 J'ai adoré écouter Lucy raconter ses souvenirs d'enfance dans les années 1930. C'était comme si la vieille femme redevenait à la petite fille innocente et insouciante qu'elle était à l'époque. Elle écrit pour Justine, sa petite-nièce, mais comme les deux femmes ne se connaissaient pratiquement pas, on a l'impression que Lucy se confie à nous. On ne sait pas encore où tout cela va nous mener, mais on sait que l'on partage quelque chose d'intime et de précieux. On imagine sans peine Lilith et Lucy heureuses à l'idée de retrouver leur résidence d'été et de pouvoir passer leur temps à inventer toutes sortes d'histoires et de jeux, à nager, à se balader au bord du lac et à rêver d'un avenir radieux. J'ai aimé leur complicité, leur imagination débordante et leur joie de vivre, tout simplement. C'est d'autant plus touchant que l'on sent dès le début que cela ne durera pas. Que quelque chose est en train de se briser et que tout cela va voler en éclat.

 

 Car cet été-là n'est pas vraiment comme les précédents... Lilith est plus distante. Elle se met à passer du temps avec d'autres filles de son âge plutôt qu'avec sa soeur, elle commence à regarder les garçons, à vouloir raccourcir un peu ses robes. Lucy ne comprend pas ce qui arrive à sa soeur et voudrait juste que tout soit comme avant... Et puis, il y a Emily. La préférée. Celle qui dort avec leur mère. Celle qui est gardée jalousement, surprotégée, cajolée, chouchoutée. Celle que les deux grandes n'incluent jamais dans leurs jeux. Celle qui va disparaître en bouleversant leurs vies à jamais. La petite fille disparue que tout le monde attend encore des décennies après et dont l'absence se fait cruellement ressentir jusque dans les murs de la maison. Que lui est-il arrivé cet été-là ?

 

 Et puis bien sûr, il y a Justine et ses filles. Les dernières femmes de la famille Evans qui reviennent sur les lieux du drame sans rien connaître de leurs ancêtres. Elles aussi ont des secrets... Jour après jour, elles vont tenter de s'approprier les lieux et d'en savoir plus sur Lucy, Lilith, Emily et tous les autres. Que s'est-il passé dans cette maison ? Pourquoi les femmes de la famille - à part la mère de Justine - n'ont-elles jamais réussi à quitter ces lieux maudits ? Cette maison est d'ailleurs un personnage à part entière. Elle est glaciale, pleine de courants d'air et d'humidité, lourde de mystères, d'absence, de fantômes et de secrets restés trop longtemps enfouis, pourrissants les murs année après année. Et pourtant, il y a quelque chose dans ce lieu qui fait que même si on voudrait fuir le plus loin possible, on y reste... On s'y sent à la fois bloqué et en sécurité.

 

 J'ai vraiment adoré l'atmosphère de ce roman et cette histoire mystérieuse et dramatique. Je ne m'attendais pas à tout ça et j'ai été surprise et bouleversée. Je me suis profondément attachée aux personnages de ce roman et à ce lieu hypnotique que je n'oublierai pas. Heather Young nous transporte à une autre époque. Elle la fait revivre comme si nous y étions. On a l'impression d'assister à tout. Il y a des scènes dramatiques, d'autres qui prennent sens à la fin mais aussi des passages d'une grande beauté. Il y a toujours quelque chose de touchant lorsque l'on aborde la fin de l'enfance et de l'innocence, tout comme la fin de l'été et je trouve qu'Heather Young l'a fait avec beaucoup de sensibilité et de justesse. Elle nous offre un roman tragique et magnifique.

 

En quelques mots :

"Un été près du lac" est un roman profondément émouvant que vous ne pourrez ni lâcher ni oublier !

 

 

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2017-08-28T09:06:35+02:00

Les Lumières de Cape Cod

Publié par MyaRosa

Tiny Little Things - Beatriz Williams

397 pages, éditions Belfond (Le Cercle), juin 2017

L'histoire :

1966, Cape Cod. Christina, la troisième sœur de la famille Schuyler, la plus élégante, la plus douce, la plus parfaite. Mariée à Frank Hardcastle, homme politique très influent, Tiny mène une vie de gala et de cocktails dans les jardins cossus de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur bastion. Mais alors que Frank est donné favori pour les élections présidentielles, deux événements viennent troubler la vie a priori idyllique de sa belle épouse : c'est d'abord les courriers menaçants d'un maître chanteur ; puis, les retrouvailles inattendues et déstabilisantes avec le vétéran Caspian Harrison, de retour de la guerre du Vietnam. Avec ce premier amour qui réapparaît, c'est tout le passé de Tiny qui ressurgit. Un passé bien moins lisse qu'il n'y paraît, fait de passion, de mensonges, de drames. Et dont l'écho, s'il venait à gronder, pourrait nuire à la réputation irréprochable de toute la famille Hardcastle...
Les sentiments ont-ils une place dans la course au pouvoir suprême ?

 

Mon avis :

 

 Il y a un peu plus d'une semaine, je vous ai parlé d'un roman qui m'a beaucoup plu : La Vie secrète de Violet Grant. Je n'ai pas pu attendre plus longtemps avant de me plonger dans la suite de la saga pour découvrir l'histoire d'une autre soeur Schuyler. Si les livres peuvent se lire dans le désordre, j'ai préféré respecter l'ordre de publication et j'ai bien fait car j'ai ainsi pu avoir des nouvelles de quelques personnages croisés dans le roman précédent.

 

 J'avais adoré suivre Vivian et Violet mais je crois que j'ai encore plus aimé l'histoire de Tiny ! J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture délicieuse, parfois piquante et souvent pleine d'humour, de Beatriz Williams. Les romans de cet auteur sont comme des petits bonbons que l'on savoure et que l'on aimerait faire durer le plus longtemps possible...

 

 

 Tiny est la plus sage des soeurs Schuyler. Elle a une vie de rêve. La vie qu'elle espérait. Celle qu'on lui promet depuis son plus jeune âge. Elle a épousé son amour de jeunesse, un homme beau, bienveillant, attentionné, intelligent et fortuné qui est promis à un brillant avenir en politique. Tout semble lui réussir. Ils forment la famille idéale. Du moins, en apparence. Car si on creuse un peu, on se rend compte que Tiny est loin d'être une femme épanouie... Après plusieurs fausses couches et deux années passées à sourire aux photographes et à faire ce que l'on attendait d'elle, elle en a assez de cette vie qui sonne faux. Elle commence à se sentir prisonnière et ne supporte plus sa belle-famille qui veut tout contrôler. Ce n'est pas un homme qu'elle a épousé, c'est toute une famille, un style de vie et des engagements sur toute une vie. C'est comme si elle avait renoncé à sa liberté et à ce qu'elle est au fond d'elle-même. Et puis, Tiny a un secret...

 

 Dans ce roman, les chapitres sont alternés. Nous suivons Tiny juste avant son mariage et deux ans après. J'ai vraiment adoré Tiny. Elle est touchante. On sent tout de suite qu'elle est moins lisse et moins parfaite qu'elle ne le montre. On sent qu'elle a des failles et des secrets que l'on a envie de découvrir. Je ne m'attendais pas à tant de rebondissements. On ne s'ennuie pas une seconde ! J'ai beaucoup aimé découvrir les zones d'ombre de la famille Hardcastle et retrouver quelques membres de la famille Schuyler. Il y a des personnages qui sont vraiment détestables et d'autres totalement irrésistibles. Certains sont prêts à tout pour arriver à leurs fins.

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le décor, le contexte et les thèmes abordés m'ont beaucoup plu. Cape Cod, les années 1960, le luxe, le monde politique et ses secrets, l'upper class et ses mystères, la place de la femme à cette époque, l'amour, les scandales... Beatriz Williams nous montre, avec beaucoup d'aisance et d'habileté, la face cachée d'une famille dorée comme celles qui sont enviées par le monde entier et les dessous du monde politique et du mariage dans un contexte bien particulier. C'est à la fois délicieux, noir et glaçant ! J'ai adoré !

 

En quelques mots :

Coup de coeur pour ce roman totalement addictif et éblouissant qui est aussi sombre que délicieux. Je suis totalement conquise par les romans de Beatriz Williams et déjà impatiente d'en découvrir d'autres.

 

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2017-08-24T09:29:53+02:00

La Fièvre de l'aube

Publié par MyaRosa

Hajnali lázPéter Gárdos

238 pages, éditions 10/18, avril 2017

L'histoire :

1945, Suède. Jeune Hongrois rescapé des camps, tuberculeux, Miklos a six mois à vivre, et prend une folle décision : se marier et guérir. Parmi les cent dix-sept réfugiées à qui il écrit : Lili Reich, survivante elle aussi. Bravant un monde où le bonheur semble impossible, ils soulèveront des montagnes pour se retrouver... A leur fils, Péter Gardos, de conter le roman vrai de cet amour fou. Un roman incroyable et incroyablement beau, où vibrent l'Histoire, terrible, et l'Amour, lumineux.

 

Mon avis :

 

 "La Fièvre de l'aube" est un récit lumineux, poétique et profondément émouvant. Il est d'autant plus touchant qu'il raconte l'histoire des parents de l'auteur, deux jeunes gens rescapés des camps de concentration qui ne vont écouter que leur coeur pour aller de l'avant et être heureux après les horreurs qu'ils ont vécu.

 

 Leur rencontre n'est pas banale. Miklos est condamné. Il n'a plus que quelques mois à vivre, mais il refuse de l'entendre et de s'avouer vaincu. Ce jeune hongrois qui souffre de tuberculose et se retrouve loin de son pays natal va écrire à des jeunes filles qui sont dans la même situation que lui. Ces filles, il ne les connaît pas, mais il va leur écrire une lettre. La même. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de Lili Reich. Elle va être sa lumière, son amour, son espoir, celle qui le poussera à croire en l'impossible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 J'ai été touchée par ces personnages. Miklos est plein de détermination. On sent en lui l'urgence et la rage de vivre. Il a traversé tant d'horreurs qu'il ne peut pas accepter que sa vie s'arrête comme ça, une fois la guerre terminée et le calme revenu. Il ne peut pas mourir. Il ne veut pas mourir. Il n'est pas là pour rien. Il a tant de choses à vivre et à construire. Il se lance dans un projet fou et n'hésite pas à envoyer balader ceux qui se mettent en travers de son chemin. Et puis, il y a Lili. La douce et gentille Lili qui m'a émue parce qu'elle est à la fois forte et fragile. J'ai compris son besoin de changer, son rejet de la religion, ses craintes. Mon passage préféré reste leur rencontre en chair et en os que j'ai trouvé particulièrement belle et émouvante.

 

 Ils ont tous les deux vécu des choses terribles mais ils n'en parlent pas. Leurs lettres n'évoquent pas les camps et les images qui les hantent, elles parlent d'espoir, d'avenir, de bonheur et du quotidien. Après ce qu'ils ont traversé, ils ont besoin de normalité. Ce livre est assez unique en son genre. Ce n'est pas un roman épistolaire comme on pourrait le penser. L'auteur nous raconte l'histoire de ses parents et ce qu'ils ne se disent pas et il nous livre aussi des extraits de leurs lettres. Le sujet est terrible mais le livre est plein d'optimisme, de douceur, de légèreté et de lumière. Une très belle lecture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En quelques mots :

Un livre étonnant, lumineux et plein d'espoir.

 

< Ce livre a fait l'objet d'une adaptation que j'aimerais beaucoup visionner. >

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