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litterature etrangere

2019-05-06T13:38:39+02:00

Le Tatoueur D'Auschwitz

Publié par MyaRosa

The Tattooist of Auschwitz - Heather Morris

288 pages, éditions France Loisirs, février 2019

Présentation de l'éditeur :

C’est à Lale qu’incombe la tâche de tatouer les autres déportés d’Auschwitz. Dans l’enfer du camp, Gita apparaît tel un rayon de soleil : c’est le coup de foudre. Le tatoueur promet à la jeune femme qu’un jour, ils vivront libres et heureux... Inspiré d’une histoire vraie, le récit d’un amour fou, plus fort que l’horreur.

 

Mon avis :

 

 Lire un roman sur la Seconde Guerre Mondiale est toujours une épreuve car on sait que derrière le récit inventé se cachent beaucoup de vérités, des horreurs qui ont vraiment eu lieu près de chez nous il n'y a pas si longtemps. Des faits qui ne peuvent laisser personne indifférent. Alors, quand le livre en question n'est pas une fiction mais un témoignage, le récit d'une vie, c'est encore plus compliqué de ne pas se laisser emporter par le chagrin. C'est le cas de ce livre d'Heather Morris, journaliste, qui nous raconte l'histoire de Lake Sokolov, ancien déporté. Et quelle histoire !

 

 Lale est un jeune homme plein de charme et d'insouciance lorsqu'il arrive à Auschwitz. Là-bas, il sera chargé de tatouer un numéro sur la peau des nouveaux arrivants. Malgré les conditions de vie terribles, les horreurs auxquelles il assiste quotidiennement et le manque de liberté, Lale ne perdra jamais espoir de sortir de cet endroit vivant et de retrouver les siens. Il tombera amoureux de Gita et cet amour lui donnera la force d'affronter chaque nouvelle journée passée là-bas et chaque nouvelle épreuve. Pour elle, il est plus déterminé que jamais à sortir de cet enfer sain et sauf...

 

 C'est avec beaucoup de douleur et d'émotions que l'on suit le quotidien de Lale et des autres prisonniers dans le camp. Malgré l'horreur de la situation, il y a dans ce livre beaucoup d'espoir et d'optimisme. C'est incroyable cette force que peuvent avoir les êtres humains pour survivre au pire ! Quand on pense qu'ils ont touché le fond, perdus tout espoir et qu'ils n'auront plus la force de tenir, ils se relèvent et nous prouvent le contraire. On assiste, dans ce livre, à beaucoup de scènes émouvantes. Même quand chacun fait de son mieux pour sauver sa peau, certains n'hésitent pas à prendre des risques pour les autres voire même à risquer leur propre vie. C'est terrible de voir ces jeunes gens devenir vieux en un rien de temps, comme s'ils avaient vécu plusieurs vies. Beaucoup auront été privés de leur jeunesse, de leur liberté, de leurs familles, de nourriture mais personne n'a jamais réussi à leur ôter l'espoir.

 

 Ce témoignage, en plus de mettre en lumière ces atrocités qu'on ne doit jamais oublier, transmet un magnifique et bouleversant message d'amour, de force, d'espoir et de résilience. Merci aux éditions France Loisirs pour cette lecture poignante.

 

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2019-04-22T06:16:00+02:00

Cassandra et ses soeurs

Publié par MyaRosa

Anna Jacobs

374 pages, éditions L'Archipel, janvier 2019

L'histoire :

Réunies dans l’outback australien, les quatre sœurs Blake se réjouissent d’être à nouveau ensemble.
Pour Cassandra, qui a retrouvé Reece, l’homme qu’elle aime, la colonie de Swan River apparaît comme un refuge inespéré. Surtout depuis qu’elle attend un enfant, fruit d’un viol, mais que Reece décide d’accepter comme le sien.
 
Lorsqu’un émissaire arrive d’Angleterre pour annoncer qu’un héritage considérable attend les sœurs, Pandora, la plus jeune, y voit la chance de retrouver son Lancashire natal.
Mais le chemin du retour pourrait être plus rude que prévu. Pour rejoindre le bateau à Outham, elle devra en effet traverser des contrées hostiles, avant de franchir sur les mers une moitié du globe. Épreuves qui ne seraient rien, sans l’apparition d’un ennemi inattendu... et déterminé.
 
Un amour aussi neuf que soudain éveillera-t-il en elle le courage d’affronter son destin ?
 
 
Mon avis :
 
 
 Ce roman fait suite au "Destin de Cassandra" paru en France en janvier 2018 et disponible en format poche depuis le début de l'année.
 
 
 J'avais beaucoup aimé le premier tome dans lequel on découvre Cassandra, jeune fille courageuse confrontée à de terribles épreuves. J'étais impatiente de retrouver les personnages et de savoir ce qui allait leur arriver et je n'ai pas du tout été déçue, loin de là.
 
 
 Ce second tome m'a paru encore meilleur que le premier. Peut être, en partie, grâce aux sublimes paysages australiens ? Toujours est-il que j'ai trouvé cette suite palpitante. On en apprend plus sur les soeurs de Cassandra qui étaient un peu restées dans l'ombre dans le premier tome. Je crois que je me suis encore plus immergée dans cet univers qu'à la lecture du volume précédent.
 
 
 Je me suis régalée de tous les rebondissements, des petits querelles et des grands drames qui se jouent autour des protagonistes. C'est une grande saga d'évasion, comme je les aime, avec son lot de malheurs, d'amour, de rivalités et de tensions. Vivement la suite !
 
 

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2019-04-18T08:58:00+02:00

Poldark, tome 3 : Sur les falaises de Cornouailles

Publié par MyaRosa

Winston Graham

405 pages, éditions L'Archipel, mars 2019

L'histoire :

En ces années 1790, la vie de couple de Demelza et de Ross, déjà pleine de péripéties, traverse une de ses périodes les plus orageuses au moment où le dernier pari en date de Ross, une spéculation minière, semble aboutir à un échec.

Les relations de Ross avec Elizabeth, veuve de son cousin Francis, deviennent telles que Demelza, poussée par le chagrin et la colère, se laisse dangereusement tenter par un bel officier écossais, et doit faire un choix dramatique entre celui-ci et sa fidélité à Ross.


D'autres personnages surgissent autour d'eux, notamment Drake, l'un des frères de Demelza, qui aime d'un amour partagé, mais apparemment impossible, Morwenna, une nièce d'Elizabeth.

En contrepoint de ces événements, il y a la haine qui oppose depuis toujours Ross à George Warleggan, et la périlleuse expédition que Ross entreprend pour délivrer son vieil ami, le docteur Dwight Enys, d'un camp de prisonniers de guerre anglais en France.
 
 
Mon avis :
 
 Il y a des séries dont j'attends chaque nouveau tome avec impatience et Poldark en fait assurément partie. Chaque tome est la promesse d'une épopée palpitante, d'émotions, de frissons et d'évasion.
 
 Cette fois encore, la promesse a été largement tenue. J'ai retrouvé avec plaisir tous ces personnages que j'aime tant et j'ai même pu découvrir un peu plus certains personnages secondaires qui n'apparaissaient que brièvement dans les tomes précédents.
 
 Je suis à chaque fois surprise de la fluidité de lecture qu'offre cette saga. C'est prenant, palpitant et il se passe tellement de choses qu'il serait quasiment impossible de faire un résumé de chaque tome sans oublier des éléments importants. Il y a énormément de rebondissements, mais on ne s'y perd jamais. On est happé par cet univers aussi passionné que cruel. On souffre pour les personnages qui sont confrontés à de dures épreuves. On tremble pour eux et on se réjouit de voir certaines relations évoluer.
 
 Si vous aimez les sagas historiques, les romans d'évasion et/ou les histoires d'amour alors il faut à tout prix que vous découvriez Poldark ! L'attente pour découvrir le tome 4 me semble déjà trop longue tant je suis impatiente de retrouver cet univers que j'aime tant !
 
 

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2019-04-08T13:19:32+02:00

Hello, Sunshine

Publié par MyaRosa

Laura Dave

362 pages, éditions Belfond, janvier 2019

L'histoire :

Quand une top chef made in YouTube devient le plus gros bad buzz de l’histoire de la cuisine ! Tout en émotion et en humour, un roman savoureux qui prône le retour au vrai, à la famille et au goût des bonnes choses.


À trente-cinq ans, Sunshine Mackenzie est à la tête de la chaîne YouTube la plus trendy du moment. Entre sa célèbre émission de cuisine « A Little Sunshine », ses millions de followers, son loft à Tribeca et son amoureux parfait, la vie de la jeune femme a tout d’un conte de fées. Jusqu’au jour où la chantilly retombe : un troll révèle que la belle est une usurpatrice, une « chef » tout juste capable de faire cuire un œuf. Pire encore : des photos d’elle occupée à tromper son époux enflamment la toile…

Bye-bye les followers, les sponsors, le mari, le loft à crédit ! Devenue persona non grata à New York, Sunshine n’a plus qu’à rentrer piteusement au bercail, dans les Hamptons, et à entamer sa quête de rachat. Apprentissage auprès d’un chef aussi étoilé qu’intransigeant, mea culpa familial, tentative de reconquête amoureuse : Sunshine trouvera-t-elle enfin la recette magique ?

 

Mon avis :

 

  De Laura Dave, je ne connaissais que "Dernières vendanges", son précédent roman qui m'avait tapé dans l'oeil à sa sortie. Du coup, lorsque j'ai reçu celui-ci, je n'ai pas attendu bien longtemps avant de le sortir de ma PAL et j'ai bien fait car j'ai passé un très bon moment. J'ai même carrément adoré ce roman au point de le lire tout doucement pour faire durer le plaisir car je n'avais surtout pas envie de tourner la dernière page.

 

 Vu l'histoire, je pensais que j'allais détester Sunshine. Je l'imaginais superficielle, antipathique et forcément agaçante alors que ça a été tout le contraire. J'ai adoré la manière dont elle nous raconte son histoire ainsi que la façon dont les choses évoluent. Au début, c'est tout son monde qui s'effondre. Elle en veut à la terre entière et veut à tout prix savoir qui est responsable de ce désastre pour pouvoir se venger. Elle cherche un moyen de redorer son image et de revenir sur le devant de la scène. Mais peu à peu, elle se rend compte qu'elle s'est peut être perdue en chemin... Son retour dans sa ville natale est loin d'être facile. On ne peut pas dire qu'elle soit accueillie à bras ouverts, mais Sunshine ne lâche rien et poursuit son chemin quitte à changer d'objectif en cours de route...

 

 

 Ce qui m'a vraiment plu, dans ce roman, c'est le fait que l'auteure ne tombe ni dans les clichés ni dans la facilité. On pense savoir où elle nous emmène et finalement elle arrive à nous surprendre. J'ai aimé le parcours de Sunshine, ses choix, ses efforts pour se racheter, sa relation avec sa nièce. Les dialogues sont drôles et plein de pep's. C'est un roman feel good qui fait du bien, redonne le sourire et pousse à s'interroger sur le bonheur et sur les travers de notre société. J'ai vraiment eu l'impression de passer des vacances dans les Hamptons et je me suis régalée à lire ce livre que j'imagine d'ailleurs très bien adapté en série TV. Je me suis attachée aux lieux, aux personnages et je n'avais vraiment pas envie de les quitter... C'est une excellente surprise ! Je vais vite me procurer "Dernières vendanges".

 

 

En quelques mots :

Une lecture drôle, rafraîchissante et pétillante à mettre entre toutes les mains. Le roman parfait pour se détendre ! J'ai adoré !

 

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2019-03-19T09:33:26+01:00

Été

Publié par MyaRosa

Summer - Edith Wharton

239 pages, éditions 10/18, février 2019

L'histoire :

Le village de North Dormer, en Nouvelle Angleterre, abrite une communauté puritaine et étriquée au sein de laquelle la belle Charity vit et, surtout, s’ennuie. Adoptée enfant par le notable du village, le vieux Royall, Charity est née dans la « montagne », un endroit dont on parle tout bas et en se signant, un lieu sauvage qui a dû la marquer de son empreinte. Son insaisissable différence attire immédiatement l’attention de Lucius Harney, jeune architecte de la ville venu se perdre à North Dormer pour croquer des habitats traditionnels. Très vite, Charity s’éprend passionnément de lui…

 

Mon avis :

 

 Depuis quelque temps, je me suis fixée pour objectif de lire plus de classiques. Les superbes rééditions des éditions 10/18 m'y encouragent et j'ai craqué pour "Été" dont je n'avais jamais entendu parler avant. C'est un roman qui fit scandale à sa sortie en 1917. Cela m'a permis de découvrir la plume d'Edith Wharton et je compte bien poursuivre mon exploration.

 

 Charity est une jeune fille qui m'a tout de suite plu. Elle est vive, pleine d'esprit et en avance sur son temps. Elle est assez réaliste et en même temps elle sait ce qu'elle veut et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle n'a pas peur des hommes et n'hésite pas à les remettre à leur place quand ils dépassent les bornes ou tentent d'abuser de leur autorité. Son passé trouble lui confère une aura mystérieuse qui la rend encore plus fascinante. Sa force de caractère et sa détermination rendent sa chute encore plus violente...

 

 Pour être honnête, je ne m'attendais pas du tout à une histoire aussi triste et cruelle et en même temps c'est ce qui rend ce roman aussi marquant. Quoi que l'on fasse, on n'a pas toujours le choix. Malgré tous ses efforts, Charity ne peut aspirer au bonheur. Elle est comme condamnée à choisir entre la peste et le choléra et devrait en plus de cela s'estimer heureuse de s'en être si bien sortie au vu de ses origines. C'est dur, cruel, fataliste et plein de désillusions. Pauvre Charity... Difficile d'être insensible à son histoire et à son triste sort. C'est un portrait d'autant plus poignant qu'il peut, je pense, se rapprocher de beaucoup d'histoires vécues par des femmes à des époques où elles n'étaient pas libres de choisir leur vie. Voilà un roman que je n'oublierai pas, c'est certain !


 

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2019-02-22T14:40:20+01:00

Le Bruissement du papier et des désirs

Publié par MyaRosa

Marilla of Green Gables - Sarah McCoy

366 pages, éditions Michel Lafon, février 2019

L'histoire :

1837, île du Prince-Édouard, au large du Canada. Marilla Cuthbert, 13 ans, mène une vie tranquille dans le cadre enchanteur de la campagne, avec ses parents et son frère aîné, Matthew. À la mort brutale de sa mère adorée, Marilla se jure de veiller toujours sur son père et son frère. Cette décision va entraîner sa vie entière. Désormais, elle se consacrera aux autres. Sacrifiant son amour pour John Blythe, elle décide de se battre auprès des plus démunis, les orphelins en particulier. Visionnaire, elle se révolte contre les mœurs de son temps et rejoint les rangs d'anciens esclaves affranchis afin que soit abolie la traite des Noirs. Mais ce combat pour la liberté a un prix : l'hostilité croissante de l'ordre établi. Chaque jour qui passe fait courir à Marilla un danger sans cesse plus grand.

 

Mon avis :

 

 Depuis une semaine, je passe tout mon temps libre aux Pignons Verts. Je me suis enfin lancée dans la série Netflix "Anne with an E" qui est une pure merveille et nous plonge avec délice dans l'univers chaleureux de Lucy Maud Montgomery, et figurez-vous que le dernier roman de Sarah McCoy - sorti en France il y a quelques jours - nous entraîne également là-bas. Vibrant hommage à cette série de livres qui a ému le monde entier, ce livre a, dans sa version originale, un titre plus évocateur : Marilla of Green Gables. C'est dommage que l'éditeur français ne précise pas clairement que le livre s'inscrit dans cet univers. Certes, on peut le lire et l'apprécier sans connaître les romans de Lucy Maud Montgomery, mais beaucoup de fans passeront certainement à côté de ce livre sans le remarquer.

 

 

 Dans ce beau roman, Sarah McCoy a imaginé l'enfance de Marilla et nous raconte les épreuves et les choix qui ont fait d'elle la femme qu'elle est devenue et que nous retrouvons dans les aventures d'Anne. C'est une lecture délicieuse ! J'ai apprécié chacune des pages de ce livre, prenant mon temps pour m'immerger complètement dans cet univers. J'ai adoré découvrir la jeune Marilla, la voir rêver, grandir, s'affirmer mais aussi découvrir les descriptions du paysage qui change au fil des saisons et partager le quotidien de la famille Cuthbert et la rudesse des tâches qu'ils accomplissent. On assiste également à la naissance de l'amitié qui lie Rachel et Marilla et aussi à l'arrivée de John dans sa vie. Et puis, il y a bien sûr le contexte qui est absolument passionnant. Les choses sont en train de changer. Certains l'acceptent et voudraient même que les changements s'opèrent plus rapidement tandis que d'autres s'y opposent farouchement.

 

 Et au milieu de tout cela, il y a Marilla. Petite fille devenue femme bien trop tôt, par la force des choses et la réalité de la vie. Marilla et sa fidélité sans faille à sa famille, son dévouement aux siens, ses choix et sa manière bien à elle de revendiquer sa liberté. Elle est à la fois fragile et forte, libre et prisonnière. C'est une femme complexe et fascinante. J'ai aimé la manière dont Sarah McCoy nous éclaire sur ce personnage bien mystérieux et la façon dont elle retranscrit tout l'amour, la pudeur et la bienveillance propres à cette famille ainsi que le côté chaleureux bien que modeste des Pignons Verts.

 

 J'ai vraiment adoré ce livre, les lieux et les personnages qui m'ont accueilli et auxquels je pensais jour et nuit. C'est un livre que j'ai mis du temps à lire mais pas parce qu'il ne me plaisait pas, bien au contraire. Il y a entre ces pages des vies entières, des épreuves, des non-dits, des drames, des regrets et des scènes inoubliables et terriblement émouvantes. Je suis vraiment triste de quitter cet univers mais je ne le quitte pas vraiment puisqu'il me reste encore des tomes de la série de Lucy Maud Montgomery à découvrir. Je m'en réjouis d'avance ! Je sais que je garderai ce livre précieusement et que je le relirai avec plaisir. Je me suis rarement attachée comme cela à un endroit et à des personnages fictifs. C'est comme s'ils existaient vraiment ! Merci à Sarah McCoy de continuer à les faire vivre. Elle rend vraiment un bel hommage à l'oeuvre de Lucy Maud Montgomery. Merci pour ce joli coup de coeur !

 

 

"On comprend mal les larmes et le plus souvent on ne les verse pas à bon escient. Elles constituent une réaction personnelle de l'être. Parce que parfois, la vie déborde. Les larmes sont la façon pour le corps de se débarrasser du trop-plein d'émotions, de la tristesse à la joie en passant par un dégradé que les mots ne peuvent même pas décrire." (page 307)

 

"Tôt le lendemain matin, le ciel s'ouvrit comme un sac de sucre, recouvrant le paysage d'une neige fraîche. Le bois dans la cheminée pétillait d'étincelles vives. [...] Pour la première fois depuis des années, Marilla ne s'imposa aucune corvée. Elle était heureuse d'être, et rien de plus." (page 317)

 

"Marilla examina les visages autour d'eux dans la maison que son père et sa mère avaient construite. Dans chaque ride et chaque cicatrice, elle lut les décisions qui l'avaient menée où elle était à cet instant. Elle n'aurait pu changer aucune d'elles sans modifier le tout." (page 352)

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur les romans de Lucy Maud Montgomery, je vous recommande les billets très complets et passionnés de Milly !

 

A lire aussi :

"Le Monde de Christina" (Christina Baker Kline)

"Le Souffle des feuilles et des promesses" (Sarah McCoy)

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2019-02-12T14:01:13+01:00

La Clé du coeur

Publié par MyaRosa

The Key - Kathryn Hughes

395 pages, éditions Calmann-Lévy, février 2019

L'histoire :

Années 50
Amy, une jeune femme désespérée, tente de se noyer suite à la mort de sa mère. Le lendemain, son père n’a pas le choix : il l ’envoie à Ambergate, austère hôpital psychiatrique. Pour Amy, qui est loin d ’être folle, ce sera le théâtre de terribles drames, et d'amours interdites.

50 ans plus tard…
Sarah se met à fouiller les vestiges d’Ambergate
dans le but d’écrire un livre. L’asile abandonné va alors livrer ses plus sombres
secrets. Et si tout commençait par une simple clé ?

 

Mon avis :

 

 J'ai lu tous les romans de Kathryn Hughes traduits en français et c'est à chaque fois un véritable plaisir de retrouver sa plume et ses histoires pleines d'émotions et de secrets bien gardés.

 

 Dans cette histoire, tout tourne autour d'Ambergate, un établissement psychiatrique comme il y en avait tant avant et dans lesquels on enfermait, pour des raisons souvent discutables et la plupart du temps contre leur volonté, des personnes en détresse ou souffrant d'un handicap, des gens un peu différents qu'on ne savait pas où mettre mais qui n'avaient pas leur place dans la société. Ces établissements sont fermés depuis bien longtemps et certains demeurent à l'abandon, leurs murs encore chargés des affaires et des secrets des patients qu'ils ont abrités... Voilà de quoi éveiller la curiosité et l'imagination, n'est-ce pas ? Kathryn Hughes s'est inspirée de faits réels et notamment de la découverte de 400 valises oubliées dans un établissement de ce genre pour débuter son roman.

 

 

 Amy est toute jeune lorsqu'elle est envoyée à Ambergate pour un cours séjour. Même si elle n'a aucune envie d'y aller, elle ne s'attendait pas à être traitée de la sorte. Là-bas, tout le monde est logé à la même enseigne. Des gens déambulent dans les couloirs en tenant des propos absurdes ou en hurlant tandis que des soeurs et infirmières les punissent ou les bourrent de médicaments pour qu'ils se tiennent tranquilles. Amy ne pensait pas devoir renoncer à sa pudeur, à sa dignité et à sa liberté de penser en mettant les pieds dans cet endroit. Pourtant, elle va devoir jouer le jeu, se tenir tranquille et dire ce que l'on attend d'elle si elle veut sortir de là au plus vite...

 

 Cinquante ans plus tard, Sarah, bibliothécaire qui se passionne pour les vestiges d'Ambergate et le mystère qui entoure cet endroit, décide d'écrire un livre sur le sujet et entreprend pour cela une exploration des lieux. C'est ainsi qu'elle met la main sur des valises et sur un mot qui attire tout de suite son attention. Que s'est-il passé là-bas ? Pourquoi son père, qui a connu cet endroit, refuse-t-il d'en parler ? Que sont devenus les propriétaires de ces valises oubliées ?

 

 

 J'ai adoré cette histoire ! Je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi triste, mais j'ai été captivée du début à la fin. Je n'arrivais plus à me détacher de cette histoire et à ne plus penser aux patients d'Ambergate. Même s'il s'agit d'une fiction, ça fait froid dans le dos et il est terrible de se dire que des milliers de personnes ont subi des choses aussi atroces sans que personne ne s'y oppose. Il semble inimaginable aujourd'hui que l'on puisse priver quelqu'un de sa liberté et même de sa vie. Les maltraitances et les traitements barbares subis par tellement de gens dans les années 1950 et avant sont choquants et révoltants. Il n'est pas étonnant que ces lieux inspirent autant les auteurs et les amateurs d'épouvante. Cette histoire m'a vraiment chamboulée et je sais que je ne l'oublierai pas. Je la recommande à tous les histoires qui aiment les drames, les histoires inspirées de faits réels et celles qui se déroulent à plusieurs époques. C'est captivant et inoubliable ! J'attends déjà avec impatience le prochain roman de Kathryn Hughes et je vous recommande aussi "Il était une lettre" et "Il était un secret" si vous ne les avez pas encore lus.

 

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2019-02-06T10:47:48+01:00

La Face cachée de Ruth Malone

Publié par MyaRosa

Little Deaths - Emma Flint

430 pages, éditions 10/18,

L'histoire :

1965, une vague de chaleur déferle sur le Queens. Un matin, Ruth Malone, mère célibataire aux allures de star hollywoodienne, constate la disparation de ses deux enfants. Rapidement, leurs corps sans vie sont découverts. Des voix accusatrices s’élèvent alors contre la « mère indigne », dont les amants entrent et sortent continuellement et qui affiche un visage beaucoup trop calme face au drame qui la touche. De la voisine qui a toujours eu des doutes aux médias avides de scandale, tout le monde semble avoir quelque chose à lui reprocher. Mais qui est Ruth quand personne ne la regarde ? Alors que presse, opinion publique et tribunaux la condamnent avant l’heure, un seul homme va tenter de découvrir qui elle est vraiment : nouvelle Médée monstrueuse ou victime innocente ?

 

Mon avis :

 

  Emma Flint s'intéresse depuis longtemps aux affaires de meurtres. Pour son premier roman - La Face cachée de Ruth Malone (Little Deaths) - elle s'est inspirée de l'affaire Alice Crimmins qui demeure, aujourd'hui encore, bien mystérieuse.

 

 Ruth Malone est le genre de femmes qui ne passe pas inaperçue. Son apparence, toujours soignée selon certains et scandaleusement provocante selon d'autres, attire les regards. Les hommes la désirent, les femmes la jalousent ou l'envie, mais tout le monde se retourne sur son passage. Il faut dire qu'au milieu des ménagères de son quartier qui se consacrent entièrement à leurs enfants et à leur mari, Ruth qui travaille dans un bar, élève ses enfants seule et multiplie les aventures fait tâche...

 

 Alors, quand ses enfants disparaissent, les gens du quartier ne se privent pas de dire ce qu'ils ont sur le coeur et n'hésitent pas à la traiter de dépravée irresponsable, incapable de s'occuper d'un foyer et encore moins d'une famille. Les voisines de Ruth crachent leur venin, ses anciens amants se retournent contre elle et le pays entier s'étonne de son attitude et de ses réactions. Ou plutôt de son absence de réaction. Pourquoi est-elle si calme ? Pourquoi n'est-elle pas abattue comme le serait n'importe quelle autre mère ? Plus le temps passe et plus l'attitude de Ruth et les témoignages l'accablent. Mais au milieu de tout cela, Pete, un journaliste se passionne pour l'affaire et surtout pour cette femme à qui il pense jour et nuit. Jour après jour, il va tout mettre en oeuvre pour découvrir la vraie Ruth et comprendre ce qui s'est vraiment passé cette nuit-là.

 

 

 J'ai beaucoup aimé ce thriller psychologique. Dès les premières pages, la tension est palpable et on est véritablement plongé dans le Queens des années 1965. Ruth est fascinante et vraiment difficile à cerner. Comme Pete, on a envie de la connaître, de savoir ce qu'il y a sous son maquillage et cela devient vraiment obsédant. Est-elle différente de ce qu'elle montre aux autres ? Est-elle forte ou au contraire vulnérable ? Pourquoi ne réagit-elle pas aux accusations et ne pleure-t-elle pas ses enfants ?

 

 Le rythme de ce roman est assez lent. Cela ne m'a pas dérangé au début car la tension est forte et tout est dans l'atmosphère, le ressenti, les sensations et les émotions, mais j'ai tout de même trouvé que ça devenait un peu long au bout d'un moment. Néanmoins, la dernière partie m'a beaucoup plu. Cette histoire et ce portrait de femme sont vraiment marquants. J'y repensais souvent bien après avoir reposé le livre et je sais que c'est une histoire que je n'oublierai pas, d'autant plus qu'elle est inspirée d'un sordide fait réel.

 

 

 En bref : L'atmosphère de ce roman est hypnotique et nous transporte dans le New York des années 1965. C'est bien écrit et la psychologie des personnages est très intéressante. J'ai trouvé qu'il y a avait quelques longueurs et que le rythme s'essoufflait un peu vers le milieu, mais j'ai tout de même beaucoup aimé ce thriller psychologique glaçant et fascinant. L'histoire, inspirée d'une affaire réelle jamais résolue, est captivante. J'ai suivi avec beaucoup de plaisir le déroulement de l'enquête et le procès. Je vais avoir du mal à penser à autre chose... 

 

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2019-01-25T08:27:03+01:00

November 9

Publié par MyaRosa

Colleen Hoover

383 pages, éditions Pocket, novembre 2018

L'histoire :

C’était en novembre, le neuvième jour du mois. D’emblée, lorsqu’il a rencontré Fallon, Ben a compris ses cicatrices, les a pansées, les a aimées. Alors qu’à 18 ans, à la suite d'un tragique accident, Fallon voyait s’écrouler son rêve d’actrice, Ben – Ben et son charme, Ben et sa drôlerie d’aspirant-écrivain – lui a redonné confiance. Cette journée, ils l’ont passée ensemble, une magie de tous les instants. Le soir venu, ils ont promis : chaque 9 novembre, dans les cinq années à venir, ils se reverront. Une date pour tout revivre. Une date pour tout comprendre. Et braver l’impossible…

 

Mon avis :

 

Les romans de Colleen Hoover semblent faire l'unanimité alors j'étais curieuse de découvrir la plume de l'auteure et son univers mais je repoussais toujours le moment jusqu'à ce que November 9 me fasse sauter le pas. Vous savez comment je me suis décidée ? J'ai une habitude de lectrice un peu singulière. Quand j'hésite entre plusieurs romans, en général, je ne relis pas la quatrième de couverture mais je lis plutôt les premières lignes. Comme ça. Pour voir. Et je choisis en fonction de celles qui m'interpellent ou m'intriguent le plus. Et le roman de Colleen Hoover commence comme ça :

 

" Je me demande ce qu'on entendrait au juste si je lui cassais cette chope sur la tempe.

 Il a la tête dure. Avec un verre aussi épais, ça devrait craquer sec."

 

 Plutôt original et intrigant comme incipit, n'est-ce pas ? J'ai tout de suite eu envie d'en savoir plus sur les personnages, leurs liens, leur histoire... L'écriture de Colleen Hoover et sa manière de raconter avec beaucoup d'humour, de pep's et de modernité m'ont vraiment plu et je peux déjà affirmer que je lirai ses autres romans. C'est tellement fluide et agréable à lire que j'avais dévoré la moitié du roman sans m'en rendre compte.

 

 Après une rencontre pour le moins originale Benton et Fallon passent la journée ensemble et il est tellement évident qu'ils sont faits l'un pour l'autre qu'on voudrait ne jamais les voir se quitter. Pourtant, ils ont encore des choses à entreprendre seuls et décident, à la fin de la journée, de conclure un pacte. Ils se retrouveront chaque 9 novembre pendant 5 ans et n'auront aucun contact le reste de l'année.

 

 

 J'ai trouvé l'intrigue addictive et originale. Je pensais que Colleen Hoover allait "tricher" un peu en nous faisant tout de même suivre les personnages chacun de leur côté, mais non, il y a une vraie coupure d'un an entre les différentes parties du livre et on découvre en même temps que Ben ou Fallon ce que l'autre est devenu. On se focalise juste sur ces rendez-vous du 9 novembre et sur Ben et Fallon. C'est risqué mais judicieux comme choix. Parfait pour entretenir le mystère et le suspense ! 

 

 S'il y a quand même quelques clichés et rebondissements que l'on voit venir à l'avance, on s'en moque tant on est pris par l'histoire. J'ai aimé les personnages, surtout Benton qui est franchement irrésistible et j'ai adoré les dialogues qui sonnent toujours justes et ne manquent ni d'humour ni de piquant. Je ne m'attendais pas à une histoire aussi triste et lumineuse à la fois. Il y a des scènes vraiment marquantes et des passages qui font passer du rire aux larmes en un instant. C'est une histoire pleine d'émotions qui me restera en mémoire. La fin est parfaite même si on meurt d'envie de savoir ce qui va se passer ensuite. Maintenant, je me demande juste quel roman de Colleen Hoover lire après celui-là. Si vous avez des idées, je prends volontiers !

 

 

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2019-01-10T18:15:32+01:00

Le Paradis blanc

Publié par MyaRosa

The Great Alone - Kristin Hannah

543 pages, éditions Michel Lafon, octobre 2018

L'histoire :

Quand Ernt rentre du Vietnam, sa famille ne le reconnaît plus. Poursuivi par de terribles cauchemars, il se montre violent envers sa femme Cora. Un jour, il reçoit une lettre du père d’un de ses amis, mort dans ses bras durant cet enfer, qui lui lègue une masure en Alaska. Il se dit qu’il pourra peut-être s’y reconstruire. Avant la guerre, ils étaient si heureux…

 

Mon avis :

 

 Difficile de trouver les mots justes pour vous parler de ce livre, vous dire à quel point il m'a plu, vous expliquer tout ce qu'il m'a fait ressentir. Quelle aventure ! Quel voyage ! J'ai tremblé, vibré, souri et pleuré tant de fois...

 

 Le Paradis blanc (ou The Great Alone > Le Grand seul, surnom donné à l'Alaska), nous raconte l'histoire d'une famille qui part un peu à la dérive et va tenter de prendre un nouveau départ en Alaska dans les années 1970. Le père a fait la guerre du Vietnam, a été prisonnier de guerre et en est revenu avec beaucoup de cicatrices... Pendant son absence, sa femme et sa fille ont été un peu livrées à elles-mêmes. La mère, trop fière pour demander de l'aide à ses parents qu'elle a quitté à l'âge de dix-huit ans lorsqu'elle était enceinte, a fait de son mieux, emmenant sa petite Lenora - surnommée Leni - d'un endroit à un autre, changeant de lieu et de mode de vie régulièrement. Lorsque le père revient, les choses ne s'améliorent pas. Il est hanté par ce qu'il a vécu, fait de terribles cauchemars, se sent menacé et se montre parfois violent. Lorsqu'il hérite d'une masure en Alaska, il n'hésite pas à s'y installer, espérant trouver là-bas sérénité et tranquillité.

 

 En Alaska, tout est différent. L'espace qui les entoure est immense mais la masure minuscule. Il faut s'habituer à la solitude et à l'isolement et en même temps vivre ensemble dans un tout petit espace. Les conditions de vie sont rudes. Il faut apprendre à se défendre, savoir chasser, être prudent et prévoyant, anticiper l'arrivée de l'hiver, être prêt à prendre des risques et à mourir dans d'atroces souffrances au moindre faux pas. Cette famille, qui n'était pas du tout préparée à cela, va pourtant s'habituer à cette vie-là. Car là-bas, sans argent et sans savoir-faire, on peut tout de même s'en sortir si on s'en donne les moyens et si on le veut vraiment. Leni, quatorze ans, va donc apprendre à tirer, à chasser, à couper du bois, à pêcher et à vider des poissons, à conduire sur la neige et la glace et à se défendre. Mais l'hiver arrive et d'après les habitants, les rares personnes qui s'installent sur ces terres reculées ne sont jamais assez préparées à cela. Les nuits et le froid sont terribles et l'obscurité demeure presque toute la journée. Il faut être incroyablement fort, de corps et d'esprit, pour l'affronter et le surmonter. En Alaska, il n'y a pas de demie-mesure. On est fait pour y vivre... ou pas. On y reste pour toujours ou on s'enfuit à toutes jambes dès le premier hiver. On peut aussi y mourir brutalement.

 

 

 Quelle aventure palpitante ! J'ai adoré suivre cette famille et découvrir les conditions de vie dans ce lieu reculé à une époque où il n'y avait aucun confort. C'est puissant, sauvage, fascinant et en même temps terriblement effrayant. On a l'impression d'y être. On se sent totalement coupé du monde. L'été, là-bas, est magnifique mais il n'y a pas beaucoup de temps pour se distraire car chaque minute compte pour se préparer à ce qui arrive... L'hiver peut s'installer plus tôt que prévu et lorsque cela arrive, il est trop tard. Les gens s'enferment chez eux, espérant y survivre et voir un nouvel été. C'est dans ces conditions déjà rudes que le malaise s'installe. Car lorsqu'il fait nuit et lorsqu'il n'y à plus rien à faire qu'attendre, Ernt se remet à faire des cauchemars et à avoir des idées noires. Il se met à douter de tout le monde et se sent menacé. Il rumine et tourne en rond comme un lion en cage... Et au milieu de tout cela, Leni grandit, perd peu à peu son insouciance, essaie de trouver sa place et de comprendre le monde et les gens qui l'entourent.

 

 Tellement de souffrances, de douleurs, d'amour et de passion entre ces pages... On ressent vraiment toute la complexité de l'Alaska. Au début, on se dit que les gens qui y vivent sont dingues de s'infliger cela et puis, sans qu'on s'en rende compte, elle arrive à nous ensorceler. Comme Leni, on ne voudrait être nulle part ailleurs. On s'émerveille de tout cet espace et de la beauté de la nature. On comprend cette soif d'aventure et de liberté. On comprend même qu'après avoir vécu là-bas on ne puisse plus vivre ailleurs.

 

 Kristin Hannah qui m'avait bluffée avec son précédent roman "Le Chant du rossignol" m'a carrément époustouflée avec son "Paradis blanc" ! Je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi sombre et prenant. Ce livre m'a passionnée et bouleversée comme je l'ai rarement été. Il y a de la force et de la puissance dans tout : les mots, les émotions, le contexte, la psychologie des personnages ainsi que les liens et les sentiments qui les unissent, les rebondissements et le dénouement. Le lecteur ne s'ennuie pas une seconde car même les descriptions des paysages ou des moments du quotidien sont fascinantes car merveilleusement écrites et tellement en décalage avec ce qui nous est familier. On voyage, on s'évade, on tremble et on en ressort de cette lecture estomaqué et à bout de souffle. C'est dur, cruel et beau à la fois à l'image du lieu qui abrite cette histoire. C'est un livre que je relirai et qui fait assurément partie de mes plus belles lectures - toutes années et catégories confondues.

 

 Si je devais vous conseiller un livre à lire absolument cet hiver, un seul, ce serait celui-là. Mais attention, préparez-vous car vous n'en sortirez pas indemnes !

 

 

Et si vous n'êtes toujours pas convaincus, allez donc lire les billets de Milly, Lasardine et Ingrid.

 

"Son père leva les yeux, juste assez pour rencontrer son regard. Il avait l'air dépité, fatigué, mais présent ; dans ses yeux, elle vit plus d'amour et de tristesse qu'un être humain aurait dû pouvoir en éprouver. Quelque chose le déchirait de l'intérieur, même maintenant : l'autre homme, l'homme mauvais qui vivait en lui et essayait de s'échapper dans le noir." (page 141)

 

"Mais ici, beaucoup de gens avaient été quelqu'un sur le continent et étaient quelqu'un d'autre en Alaska. [...] L'Alaska regorgeait de personnes inattendues, comme la femme qui vivait dans un bus scolaire hors d'usage à Anchor Point et lisait les lignes de la main. On racontait qu'elle avait été flic à New York. A présent, elle se baladait avec un perroquet sur l'épaule. Tout le monde ici avait deux histoires : la vie avant et la vie maintenant. Si vous vouliez prier un dieu bizarre ou vivre dans un bus scolaire ou encore épouser une oie, personne en Alaska n'allait vous dire quoi que ce soit. Tout le monde s'en foutait si vous aviez une vieille voiture dans votre jardin, encore moins un frigo rouillé. On pouvait vivre toutes les vies imaginables ici." (page 172)

 

"Les adultes se contentaient-ils de voir ce qu'ils avaient envie de voir quand ils regardaient le monde, de penser ce qu'ils avaient envie de penser ? Les faits et le vécu ne signifiaient-ils rien ?" (page 204)

 

"Cet état, cet endroit, est sans pareil. Il est à la fois beauté et horreur, sauveur et destructeur. Ici, où il faut sans cesse faire des choix pour survivre, dans la région la plus sauvage d'Amérique, aux confins de la civilisation, où l'eau sous toutes ses formes peut vous tuer, on apprend qui l'on est. Pas qui l'on rêve d'être, pas qui l'on imaginait être, pas qui l'on a été élevé pour être. Tout cela sera anéanti au cours des mois d'obscurité glaciale, où le givre sur les vitres vous trouble la vue, où le monde devient tout petit et où l'on découvre la vérité de son existence. [...] soit on devient ce que l'on peut être de mieux et on s'épanouit, soit on s'enfuit en hurlant." (pages 539-540)

 

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2019-01-01T10:30:59+01:00

Comment ne pas faire pitié à Noël quand on est célibataire

Publié par MyaRosa

The Most Wonderful Time of the Year - Joanna Bolouri

416 pages, éditions Milady, novembre 2018

L'histoire :

À trente-huit ans, Emily a un travail satisfaisant, des amis fabuleux, et surtout, un appart merveilleux, situé à 661 kilomètres de sa famille un peu trop intrusive. Sa seule source de stress est Evan, son jeune voisin, qui a tendance à écouter la musique à fond, et fait encore plus de bruit la nuit... Mais qu’importe ! Heureuse en couple avec Robert, Emily espère bien l’inviter chez elle pour Noël et lui présenter ses parents. Finies les questions indiscrètes ! Mais quand Robert rompt avec elle, Emily en est malade. Comment va-t-elle pouvoir affronter sa famille ? Bien déterminée à reconquérir Robert, Emily fait appel au fêtard d’à côté...

 

Mon avis :

 

 J'avais envie de terminer l'année avec une lecture légère et amusante et ce roman a été une très bonne pioche ! Qu'est-ce que j'ai ri ! Je ne m'attendais pas à un roman aussi moderne et à un humour aussi décapant ! L'intrigue peut sembler classique, mais ce qui fait toute la différence, c'est l'écriture de Joanna Bolouri. Les dialogues sonnent justes et sont vraiment très drôles. Les personnages sont, quant à eux, assez inoubliables. Il y a les colocataires un peu perchés et relous mais super attachants, la famille complètement délirante, un peu cruelle et envahissante mais en même temps tellement chaleureuse et aimante... Et puis, et c'est assez rare dans ce genre de romans, l'héroïne ne m'a pas agacée. J'ai trouvé Emily vraiment sympathique et crédible. C'est une femme qui approche de la quarantaine et qui se rend compte que ses rêves ne sont plus les mêmes qu'il y a 15 ans et qu'il est peut être temps de changer certaines choses dans sa vie. Elle est toujours partagée entre son envie de bien faire et ses propres désirs. Je l'ai trouvé cohérente dans ses choix et ses réflexions. C'est un personnage qui m'a bien plu.

 

 J'ai adoré passer Noël dans la famille d'Emily qui, ce qui ne gâche rien, habite en Ecosse. Découvrir leurs rituels, les petites tensions et rancoeurs familiales, suivre leurs moments de complicité et les petits malaises qu'engendre la situation. J'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteure parle de la famille sans édulcorer les choses. Si Emily adore les siens, il y a aussi beaucoup de choses dont elle se passerait bien et ces quelques jours en famille sont à chaque fois très éprouvants.

 

 

 Autre point positif, c'est vraiment un roman de Noël et pas juste un livre dans lequel il y a deux pages sur cette période de l'année. Tout tourne autour de Noël : décorations, souvenirs d'enfance, retrouvailles, traditions, etc... C'est très drôle, il y a des rebondissements, des petites choses qu'on voit venir, mais on s'en fiche. C'est hyper agréable à lire. Je n'avais pas du tout envie que ça s'arrête (d'ailleurs, si Joanna Bolouri pouvait envisager d'écrire une suite, ce serait génial !)

 

 J'imagine parfaitement ce roman adapté sur grand écran. Il ferait une excellente comédie romantique de Noël dans le genre de The Holiday ou Love Actually et m'a fait penser aussi au Journal de Bridget Jones. D'ailleurs, je n'ai pas été étonnée d'apprendre que l'auteure travaille avec des scénaristes et a remporté un concours d'écriture organisé par la BBC. Pour moi, c'est vraiment un sans faute. J'y ai trouvé tout ce que j'espérais et j'ai passé un excellent moment. C'est d'ailleurs un roman que je compte relire et que j'ajoute à la liste de mes livres de Noël favoris.

 

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2018-12-01T12:46:06+01:00

L'Assassin de ma soeur

Publié par MyaRosa

Under the Harrow - Flynn Berry

266 pages, éditions Presses de la Cité, septembre 2018

L'histoire :

Comme chaque week-end, Nora prend le train pour retrouver sa soeur, qui vit seule dans une ancienne ferme près d'une petite ville cossue à une heure de Londres. À son arrivée, elle découvre une scène macabre : Rachel gît dans une mare de sang. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d'avant. Elle décide donc de rester pour mener sa propre enquête. Un événement traumatique ayant ébranlé sa confiance dans la police des années plus tôt, elle pense être la seule à pouvoir retrouver l'assassin de Rachel. Mais connaissait-elle vraiment sa soeur ? Rachel n'avait-elle pas décidé elle aussi de s'attaquer aux démons de leur jeunesse sacrifiée ?

 

Mon avis :

 

 Cette lecture avait vraiment tout pour me plaire, mais j'en ressors déçue et même un peu soulagée de pouvoir enfin passer à autre chose.

 

 

 Le début était pourtant très prometteur. Nora a l'habitude de quitter Londres le week-end pour retrouver sa soeur qui vit seule, dans un quartier tranquille, à la campagne. Ensemble elles se baladent, discutent et refont le monde autour de bons petits plats. Elles sont très proches l'une de l'autre. Tout bascule le jour où Nora qui s'attendait à trouver sa soeur, comme à son habitude, en train de cuisiner, la trouve étendue, sans vie, dans une mare de sang. Que s'est-il passé ? Rachel avait-t-elle des secrets ? Qui aurait pu lui en vouloir ? Incapable de passer à autre chose, Nora reste sur place et mène l'enquête à sa façon, se replongeant dans ses souvenirs avec sa soeur et interrogeant le voisinage.

 

 

 J'ai bien aimé le côté introspectif de ce récit et son étrangeté. On ne sait pas vraiment si on doit se fier à Nora. Elle est plutôt difficile à cerner et semble assez instable. Elle n'est pas très attachante et m'a paru étrange. C'est quelque chose qui aurait pu être très dérangeant car c'est tout de même la narratrice, mais j'ai bien aimé cet aspect du livre qui sort de l'ordinaire. En revanche, j'ai trouvé que c'était incroyablement long alors que le roman ne fait même pas 300 pages ! Les errances et réminiscences de Nora que je trouvais mystérieuses et envoûtantes au début ont fini par me lasser. Ca n'avance pas, c'est confus, brouillon. Les tournures de phrases sont parfois bizarres voire maladroites. A la fin, les choses s'accélèrent et les rebondissements s'enchaînent. La fin est plutôt bien trouvée, mais ça arrive comme un cheveu sur la soupe et on a du mal à y croire. On dirait presque que l'auteure avait prévu une fin et qu'elle a changé d'avis au dernier moment en ajoutant d'autres paragraphes. C'est dommage, c'était plutôt prometteur. Ce livre semble avoir beaucoup de succès à l'étranger. Il a été récompensé du prix Edgar du premier roman et une adaptation est envisagée, mais ça n'a pas fonctionné pour moi. Si vous l'avez lu, j'aimerais beaucoup avoir vos impressions.

 

 

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2018-11-20T08:18:52+01:00

Le Monde de Christina

Publié par MyaRosa

A Piece of the World - Christina Baker Kline

325 pages, éditions Belfond, octobre 2018

Présentation de l'éditeur :

 Après l’immense succès du Train des orphelins, Christina Baker Kline recrée l’histoire de l’une des muses les plus célèbres, et les plus mystérieuses, de la peinture américaine du XXe siècle. Un roman fascinant et plein de tendresse sur l’amitié, le regard de l’autre et la force de l’art.  
 
 Du monde, Christina Olson n’a rien vu. Paralysée depuis l’enfance, elle vit recluse dans la ferme familiale, perchée sur une falaise du Maine. Sa seule ouverture sur l’extérieur : une pièce remplie de coquillages et de trésors rapportés des mers du Sud par ses ancêtres, farouches marins épris d’aventures, et dont les histoires nourrissent ses rêves d’ailleurs.

 L’arrivée de nouveaux voisins, la pétillante Betsy et son fiancé, le jeune peintre Andrew Wyeth, va bouleverser le quotidien de cette femme solitaire. Alors qu’une amitié naît entre elle et le couple, Christina s’interroge : pourra-t-elle jamais accéder à la demande d’Andrew de devenir son modèle ? Comment accepter de voir son corps brisé devenir l’objet d’étude d’un artiste, d’un homme ?
L’art est le reflet de l’âme. Et sur la toile, Christina redoute de voir apparaître ses failles, et celle qu’elle aurait tant désiré être… 

 

 

Mon avis :

 

 Connaissez-vous ce tableau d'Andrew Wyeth réalisé en 1948 ?

 

 

"Christina's World" est une oeuvre mystérieuse qui a fait couler beaucoup d'encre et qui, aujourd'hui encore, continue d'inspirer et de fasciner le monde entier. L'auteure de ce livre l'a découverte étant enfant et, devenue adulte, s'est donnée pour mission de nous faire découvrir le monde de Christina Olson, la femme du tableau. Qui était-elle ? Quelle est son histoire et celle de ce tableau ? En faisant  de longues recherches, l'auteure a appris beaucoup de choses sur Christina et sa famille et s'est servie de tous ces éléments pour créer, avec beaucoup de sensibilité, une oeuvre de fiction bouleversante qui rend un bel hommage à cette femme fascinante.

 

 Christina Olson est née dans le Maine, dans une modeste ferme où elle a grandi auprès de sa famille. Née avec une maladie rare, Christina avait beaucoup de mal à utiliser ses bras et ses jambes et même si les choses n'allaient pas en s'arrangeant au fil des années, elle a toujours refusé qu'on la regarde avec pitié ou qu'on la considère comme une petite chose fragile ou une personne handicapée. Christina préférait se débrouiller seule. Elle se déplaçait en s'accrochant où elle pouvait et lorsque sa paralysie a évolué, elle a préféré se déplacer en rampant plutôt qu'en fauteuil roulant. C'était une femme forte, courageuse et combative dont l'apparence ne correspondait pas du tout à ce qu'elle était vraiment, à l''intérieur. Malgré tout, peu de gens la connaissaient vraiment. Elle était terriblement seule...

 

 Ce roman nous raconte son enfance, son histoire familiale, sa vie à l'âge adulte, ses rêves et ses désillusions. La maison où vit Christina est un personnage à part entière tant elle est chargée d'histoires et de fantômes. Sa grand-mère a passé une partie de sa vie à voyager avec son mari et il y a, dans la maison, une pièce entière remplie de coquillages dénichés aux quatre coins du monde. Dans cette maison, on laisse les portes ouvertes pour que les sorcières puissent circuler. On dit cette famille maudite car l'un de leurs ancêtres a pris part à la chasse aux sorcières de Salem. Le père de Christina, un marin suédois qui ne possédait rien, est arrivé dans cette famille un hiver et n'en est jamais reparti, s'octroyant ainsi la maison des Hathorn et l'héritage familial.

 

 C'est donc dans ce lieu chargé d'ombres et de mystères que Christina passe ses journées et grandit, s'isolant de plus en plus du reste du monde... par choix ou par obligation. Elle se démène pour s'occuper du foyer et de la famille dans des conditions rudes, mais qui se soucie d'elle ? Malgré l'affection sincère de ses frères et de ses quelques amis, Christina est comme prisonnière de ce lieu, de sa vie, de son corps meurtri... Comme si elle évoluait dans une boule à neige. Elle est née ici et ne s'en ira jamais. Condamnée à voir ceux qu'elle aime partir les uns après les autres. L'arrivée inopinée d'Andrew Wyeth va lui apporter une bouffée d'oxygène et une tendre complicité va peu à peu se développer entre ces deux personnages qui ont finalement plus de choses en commun qu'il n'y paraît.

 

 J'ai adoré ce roman plein d'émotions ! L'histoire de Christina est bouleversante et l'écriture de Christina Baker Kline est poétique, pleine de sensibilité et de pudeur. Les passages qui parlent du quotidien à la ferme et de la rudesse de cette vie sans confort sont très bien décrits et l'on croit sans peine Christina Baker Kline lorsqu'elle explique à la fin du livre qu'elle a connu cette vie d'un autre temps lorsqu'elle était jeune. On voudrait tellement que Christina puisse avoir une autre vie. C'est un personnage attachant et émouvant. Elle est forte et courageuse et en même temps fragilisée par ses déceptions et sa solitude. Et pourtant, elle s'accroche et ne s'apitoie jamais sur son sort.

 

 Il y a des personnages secondaires que j'ai adoré (Sadie, Betsy, Alvaro, Mamey, etc...). Certains passages sont d'une beauté à couper le souffle et d'autres nous brisent le coeur. Quel roman fort et émouvant ! Je ne m'attendais pas à l'aimer autant mais cette histoire m'a touchée en plein coeur et je sais que je ne l'oublierai pas. Christina Olson est certainement l'un des personnages les plus marquants que j'ai pu croiser au cours de mes lectures. Que vous soyez passionnés par l'art et la peinture ou non, lisez ce très beau roman. Vous serez forcément touchés par Christina et son histoire et charmés par l'écriture poétique et pleine d'émotions de Christina Baker Kline.

 

***

Quelques passages :

"Vivre dans une ferme, c'est livrer une guerre continuelle aux éléments, dit Mère. On doit refouler la nature indocile pour tenir le chaos à distance. Les fermiers travaillent dans le fumier avec des mules, des vaches et des cochons et la maison doit rester un sanctuaire. Si elle ne l'est pas, nous ne valons pas mieux que les animaux." (Page 43)

 

"Le jour où on l'enterre est maussade : ciel sans couleur, arbres à l'ossature grise, vieille neige comme couverte de suie. L'hiver, je pense, doit être fatigué de lui-même." (Page 104)

 

"Les fleurs fanent, se figent sous une gelée précoce, flétrissent sur les plantes grimpantes. Les arbres s'embrasent et se consument. Leurs feuilles s'effritent en cendre. Tout ce qui me satisfaisait autrefois dans la vie à la ferme m'emplit à présent d'impatience. Il m'est devenu plus difficile de supporter les mois qui suivent la fin de l'été, la régularité laborieuse de mes tâches quotidiennes, l'inévitable chute dans l'obscurité et le froid. J'ai l'impression de suivre un sentier étroit à travers des bois familiers, un sentier qui tourne en rond, dont je ne vois pas le bout." (Page 161)

 

"Et on en est là, tous les deux, pas mari et femme mais frère et soeur, destinés à finir notre existence ensemble dans la maison où l'on a grandi, cernés par les fantômes de nos ancêtres, hantés par les fantômes des vies que l'on aurait pu mener. [...] Personne ne saura jamais, quand on sera retournés à la poussière, la vie qu'on a partagée ici, nos désirs et nos doutes, notre intimité et notre solitude." (Pages 301-302)

 

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2018-11-08T10:18:33+01:00

600 heures dans la vie extraordinaire d'Edward Stanton

Publié par MyaRosa

600 Hours of Edward - Craig Lancaster

412 pages, éditions Milady, août 2018

L'histoire :

Edward Stanton, trente-neuf ans, vit seul dans une petite ville tranquille du Montana. Atteint du syndrome d’Asperger et de trouble obsessionnel compulsif, il suit une routine méticuleusement établie : tous les matins, il note l’heure à laquelle il se réveille (7 h 38), refuse de commencer sa séance de thérapie avant l’heure exacte du rendez-vous (10 heures) et, le soir (à 22 heures), il regarde un épisode de Dragnet, série policière des années soixante. Lorsqu’une mère et son fils de neuf ans emménagent en face de chez lui, le quotidien bien réglé d’Edward est bouleversé. En l’espace de 600 heures, il s’ouvre à ses nouveaux voisins et tente de se réconcilier avec son père. Découvrant les joies et les peines de l’amitié, Edward devra décider : est-il prêt à quitter sa vie solitaire pour embrasser le monde ?

 

Mon avis :

 

 Il y a dans nos lectures des personnages qui nous touchent par leur singularité. Edward Stanton, 39 ans, est assurément de ceux-là. Dans sa vie, il n'y a pas de place pour l'imprévu ou le hasard. Edward suit la même routine, semaine après semaine. Il achète les mêmes produits, mange les mêmes plats, sait combien de minutes il va passer au magasin et regarde chaque jour un épisode de sa série préférée qu'il connaît par coeur. Il passe un temps fou à archiver des données, notant par exemple l'heure précise de son réveil et la météo du jour. Il peut ainsi comparer toutes ces données à celles des jours ou des années précédentes. Il écrit aussi des lettres de réclamation dès que quelque chose le chagrine. Sur les conseils de sa psy, il ne les envoie jamais, mais il les classe et les conserve minutieusement.

 

 Edward n'aime ni les suppositions ni l'incertitude. Il est toujours honnête et a du mal à comprendre les personnes qui l'entourent même s'il reconnaît bien volontiers que certaines font preuve d'un pragmatisme éclairé. Sa relation avec ses parents est très compliquée. Sa mère est assez effacée et son père lui fait envoyer des lettres de son avocat lorsqu'il a quelque chose à lui dire...

 

 

 Au cours des 600 heures durant lesquelles nous allant suivre Edward, il va y avoir des bouleversements dans sa vie. Que ce soit de son plein gré ou non, Edward va devoir s'adapter et changer un peu ses habitudes. On suit avec tendresse et émotions ses pensées, ses réflexions et son quotidien millimétré. C'est un peu surprenant au début et ça pourrait sembler répétitif, mais on finit par se mettre à sa place et à comprendre en quoi le moindre changement le bouscule. Edward est vraiment très attachant.

 

 Ce qui m'a plu, dans cette lecture, c'est vraiment l'intimité que l'on partage avec le personnage. On a vraiment l'impression de le connaître. On le voit s'ouvrir un peu au monde et avancer. Ce qui, pour beaucoup, n'aurait rien de significatif comme changement devient incroyable lorsque l'on se glisse dans la peau d'Edward. Sa relation avec son père est particulièrement marquante et ne peut laisser indifférent. J'ai trouvé ce roman bien écrit, souvent drôle et d'une grande sensibilité. On a vraiment envie d'aider Edward à sortir un peu de sa bulle ou du moins à y laisser entrer ceux qui ne lui veulent que du bien. C'est une jolie lecture, pleine d'humanité, de bons sens, d'émotions et d'humour. Il y a des passages tristes mais surtout beaucoup d'optimisme et de bienveillance. Apparemment, Craig Lancaster a écrit d'autres livres mettant en scène le personnage d'Edward Stanton. J'espère de tout coeur qu'ils seront traduits en français car j'aimerais beaucoup avoir des nouvelles des personnages et savoir ce qui leur arrive ensuite.

 

Merci à Rakuten pour ces matchs de la rentrée littéraire !

#600heuresdanslavieextraordinairededwardstanton #craiglancaster #MRL18 #Rakuten

 

 

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2018-10-29T14:32:25+01:00

La Petite Boulangerie du bout du monde

Publié par MyaRosa

The Little Beach Street Bakery - Jenny Colgan

512 pages, éditions Pocket, janvier 2016

L'histoire :

Quand son couple et sa petite entreprise font naufrage, Polly quitte Plymouth et trouve refuge dans un petit port tranquille d'une île des Cornouailles. Quoi de mieux qu’un village de quelques âmes battu par les vents pour réfléchir et repartir à zéro ?
Seule dans une boutique laissée à l’abandon, Polly se consacre à son plaisir favori : préparer du pain. Petit à petit, de rencontres farfelues – avec un bébé macareux blessé, un apiculteur dilettante, des marins gourmands – en petits bonheurs partagés, ce qui n’était qu’un break semble annoncer le début d’une nouvelle vie…

 

Mon avis :

 

 Cela faisait un bout de temps que j'avais envie de découvrir "La Petite Boulangerie du bout du monde". Ce roman semble faire un carton depuis sa sortie. On le voit partout et les lecteurs ne tarissent pas d'éloges sur les aventures de Polly. C'est finalement la lecture de "Rendez-vous au Cupcake Café" - un autre roman de Jenny Colgan dont je vous ai parlé ici - et la proposition d'une lecture commune (coucou Lucile !) qui m'ont fait sauter le pas et je ne regrette pas du tout. Je me suis régalée !

 

 J'étais sûre que le côté gourmand déjà bien présent dans la série du Cupcake Café et l'ambiance feel good (changement de vie, prise de risques, réalisation de rêves) me plairaient, mais ce qui m'a le plus plu, c'est cette proximité avec la mer. Le fait que ce tout petit village compte peu d'habitants, vive au rythme des marées et soit parfois coupé du monde car accessible seulement via une chaussée submersible. C'est vraiment ce côté bout du monde qui m'a charmée avant tout : le quotidien des pêcheurs, la lumière du phare, les rues balayées par le vent, le charmant cottage de Huckle et son joli jardin fleuri, la petite ville qui s'anime grâce aux délicieux pains chauds de Polly, l'adorable Neil... J'avais l'impression d'y être aussi, dans ce petit coin de paradis !

 

 

 J'ai apprécié les personnages et leurs histoires que l'on découvre peu à peu, même si j'ai souvent eu envie de bousculer Huckle pour qu'il se réveille et d'envoyer l'insupportable Kerenza à l'autre bout du monde. J'ai aimé aussi le fait que tout ne soit pas rose dès le début. Quand Polly arrive au village, les choses ne sont pas simples. Les réactions sont assez hostiles et l'appartement qu'elle loue est loin d'être idéal, mais elle courageuse et a besoin de s'occuper l'esprit. J'ai aimé voir son regard et celui des autres changer. A force de d'obstination et de travail, elle parvient peu à peu à se faire une place là-bas, ce qui était loin d'être gagné d'avance... En plus de tout cela, le roman de Jenny Colgan ne manque pas d'humour et de scènes cocasses.

 

 

 J'ai passé un très bon moment avec ce roman réconfortant et chaleureux et je me réjouis d'avoir déjà la suite sous la main car je ne vais pas pouvoir attendre bien longtemps avant de retourner à Mount Polbearne. En attendant, j'ai bien envie de tester les recettes de Polly que l'on retrouve à la fin du livre : pain blanc vite fait, allumettes au fromage, beignets au maïs, petits pains à la cannelle, focaccia, bagels, shortbread...

 

(Les tomes 1 & 2 sont déjà disponibles chez Pocket et le 3ème le sera le 8 novembre prochain)

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