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litterature etrangere

2024-06-20T08:49:22+02:00

L'épouse allemande (Kelly Rimmer)

Publié par MyaRosa

The German Wife - Kelly Rimmer

478 pages, éditions Charleston, juin 2024

L'histoire :

Huntsville, Alabama, 1950.

Dans le bus qui la conduit vers sa future maison en Alabama, malgré la moiteur de l’air ambiant, Sofie von Meyer Rhodes a l’impression de respirer pour la première fois depuis des années.

Ses enfants blottis contre elle, elle entrevoit enfin la perspective d’une nouvelle vie, loin des conflits qui ont endeuillé son Allemagne bien-aimée.

Le gouvernement américain, qui a recruté son mari Jürgen pour travailler sur un nouveau programme spatial, leur promet un avenir meilleur, mais Sofie se heurte rapidement à l’hostilité de ses voisins. Car une question leur brûle tous les lèvres… Quelle relation la famille Rhodes a-t-elle entretenue avec le Reich ? Quand des rumeurs sur leurs liens avec le régime hitlérien se répandent, la tension monte… jusqu’au jour où un drame se produit, ébranlant toute la communauté.

Inspiré d’une histoire vraie, l’incroyable récit d’une femme tiraillée entre ses convictions et son instinct maternel, de l’Allemagne nazie à l’Alabama de la guerre froide.

 

Mon avis :

 

 Difficile de trouver les mots justes pour parler de ce roman. Pour être honnête, cela fait plus d'une dizaine de fois que j'essaie d'écrire ce billet et que j'efface tout pour recommencer. Rien ne me semble à la hauteur de ce roman qui m'a brisé le coeur. 

 

 Il est question de deux familles meurtries par la guerre. On s'intéresse plus particulièrement à deux femmes, Lizzie et Sofie, que tout semble opposer et qui ne sont pas faites pour s'entendre. Pourtant, elles ont plus en commun qu'elles ne l'imaginent. Elles ont toutes les deux affronté de terribles épreuves, perdu des proches, fait des sacrifices terribles et tout enduré pour sauver leur famille. Jusqu'à se perdre elles-mêmes...

 

 Lizzie a grandi dans une ferme du Texas avec sa famille. Elle a connu les journées épuisantes à travailler dehors, l'inquiétude concernant les récoltes à venir, les tempêtes de poussière et le manque d'argent. Pourtant personne de pourrait l'imaginer lorsque l'on voit la femme riche et accomplie qu'elle est aujourd'hui. Toujours bien coiffée, entourée d'amies pour qui la vie semble facile.

 

 Sofie vient d'une famille aisée allemande et vient d'arriver en Alabama pour rejoindre son mari qui est un grand scientifique. Mais ce qui devait être un nouveau départ pour eux se transforme rapidement en cauchemar. L'entourage est hostile et menaçant. La plupart des américains ne voient pas d'un bon oeil l'arrivée de ces "boches" près de chez eux. Certains interdisent même à leurs enfants de jouer avec les petits allemands. Rapidement, des rumeurs sont lancées : Jürgen, le mari de Sofie, serait un ancien officier SS. Se pourrait-il que ce soit vrai ?

 

 

 J'ai adoré suivre ces deux femmes et découvrir leur histoire. On sent que Kelly Rimmer s'est passionnée pour son sujet et tout est documenté et instructif sans que ce soit lourd pour le lecteur. J'ai autant aimé les parties en Amérique (dans lesquelles on aborde la grande dépression, les tempêtes de sable, l'après-guerre, le stress post-traumatique des soldats, etc...) que celles en Allemagne. On découvre avec effroi la montée du nazisme et la manière dont certains allemands se sont retrouvés pris au piège ou endoctrinés sans même en avoir conscience. J'ai été remuée par cette pression que l'on sent monter, le fait que l'entourage devienne ennemi, que tout soit contrôlé, que certains soient obligés de faire semblant. Ce qui m'a marqué aussi, c'est la manière dont les nazis ont imposé leurs idées aux enfants dès le plus jeune âge, modifiant l'instruction, les livres d'école et les questionnant même sur les convictions de leurs parents de sorte que certains étaient même dénoncés par leurs propres enfants ! Les enfants n'étaient plus les enfants de leurs parents mais les enfants du Reich et on leur mettait dans la tête des idées qui n'étaient pas toujours celles de leurs familles...

 

 C'est un roman qui remue beaucoup. Il y a des tas de scènes que j'ai l'impression d'avoir eu sous les yeux et que je n'oublierai jamais. Les questionnements que ce roman véhicule sont complexes et pourtant la lecture en est limpide et fluide. C'est un roman que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire malgré l'horreur de ce qu'il raconte. Je ne pouvais plus m'arrêter et je peux dire que c'est une lecture qui a m'a ouvert l'esprit et a bousculé mes certitudes. Je crois que je n'avais jamais pensé à la manière dont certaines familles allemandes ont traversé la guerre. Du moins, je n'avais jamais ressenti de compassion pour elles ni vu les choses de cette façon ou imaginé ce qu'a dû être leur vie après. C'est tellement plus facile de juger, de se dire que l'on n'aurait pas accepté cela sans pour autant essayer de se mettre à leur place. Je n'avais pas vraiment imaginé les menaces qui planaient sur leurs familles ni essayé de savoir ce que j'aurais ressenti si mes voisins, mes amis et ma famille me surveillaient et étaient prêts à me dénoncer au moindre écart. Kelly Rimmer arrive vraiment à nous mettre à la place des personnages et l'on se sent perdu de ne pas savoir comment on aurait réagi dans telle ou telle situation.

 

 Sofie et Lizzie resteront dans ma mémoire. Ce sont des femmes tellement fortes et courageuses ! Leur résilience est incroyable et inspirante. J'ai adoré ce roman d'un bout à l'autre. J'avais peur que la fin soit un peu décevante, mais c'est tout le contraire. Je la trouve parfaite et j'ai adoré les choix de l'auteure. Je ne sais plus quoi dire pour vous convaincre de lire ce livre. C'est un énorme coup de coeur et je sais qu'il restera dans ma mémoire. Je n'oublierai pas Lizzie, Sofie, Jürgen, Henry, Gisela, Georg, Felix, Adele, Mayim... Un roman pour ne pas oublier les ravages de la guerre et les victimes qui sont bien plus nombreuses que l'on ne le croit.

 

 

 

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2024-05-17T11:52:21+02:00

Une seconde de trop (Linda Green)

Publié par MyaRosa

While My Eyes Were Closed  - Linda Green

440 pages, Le Livre de Poche, juin 2020

Présentation de l'éditeur :

« Avant même votre cerveau, c’est votre corps qui se rend compte que vous avez perdu votre enfant. Le cordon ombilical invisible qui vous lie tous les deux se rompt. À l’intérieur de vous, tout s’amollit et se relâche. Et ce n’est qu’à cet instant que votre cerveau enregistre ce qui se passe. »


Un, deux, trois... Lisa Dale ferme les yeux et compte jusqu'à cent lors d'une partie de cache-cache avec sa fille. Quand elle les rouvre, Ella, quatre ans, a disparu. Sans laisser la moindre trace.
La police, les médias et la famille de Lisa font corps pour retrouver la fillette. Et si leur instinct les éloignait d'Ella ? Si le ravisseur était connu d'eux tous ?

 

Mon avis :

 

 Après avoir dévoré et adoré "Quand je ne serai plus là" et "Ses derniers mots", j'avais très envie de découvrir ce thriller psychologique, le premier de l'auteure traduit en français. Si le sujet est classique, la manière dont il est traité l'est beaucoup moins puisqu'à l'inverse de  la famille et de la police, on ne se demande pas ce qui est arrivé à Ella. On le sait dès le départ. On suit le calvaire des parents, l'avancée de l'enquête tout en sachant où est Ella avec qui et ce qu'elle traverse. Ça surprend au départ et pourtant l'idée est brillante. On a véritablement l'impression d'entrer dans l'esprit du ravisseur et on essaie de comprendre ce qui l'a mené à ça. C'est à la fois glaçant et hypnotique !

 

 Cette fois encore, Linda Green m'a bluffé par la manière dont elle nous pousse à décrypter ses personnages. Avec cette histoire d'enfant disparu, on s'interroge sur la maternité, sur le poids que l'on fait porter aux mères en sous-entendant qu'elles doivent être parfaites à tout moment, sur cette culpabilité que chacune semble ressentir ou cette manière que l'on a de juger les autres mères en un instant sans essayer de comprendre ou connaître le contexte de la situation, comme si c'était rassurant et valorisant. Qu'est-ce qu'une bonne mère ? Qu'est-ce qu'une mauvaise mère ?

 

 

 Le rythme de ce roman n'est pas haletant. On prend notre temps et il n'y a pas des rebondissements à tous les chapitres, mais il n'en est pas moins addictif et prenant. J'ai eu beaucoup de mal à m'arrêter de lire. Pour tout vous dire, je lisais un autre roman avant d'entamer celui-ci et j'ai fini par mettre l'autre en pause car j'avais vraiment envie de savoir comment cela allait tourner et de comprendre pourquoi. Je me suis laissée porter sans me poser trop de questions et il m'a été impossible de ne pas me mettre à la place de cette mère dont l'enfant a disparu qui sent qu'il y aura dans sa vie un avant et un après. Le désespoir qu'elle ressent est déchirant et ne peut pas laisser indifférent. J'ai ressenti beaucoup d'émotions et j'ai adoré ma lecture ! Je vous conseille vivement les romans de Linda Green si vous aimez les thrillers psychologiques. Vous ne serez pas déçus ! De mon côté, j'espère vraiment que d'autres livres d'elle seront bientôt traduits en français.

 

A lire aussi :

 

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2024-04-26T17:07:04+02:00

Insomnia

Publié par MyaRosa

Sarah Pinborough

384 pages, éditions JC Lattès, mars 2023

L'histoire :

Emma Averell ne manque de rien. Elle mène une brillante carrière d’avocate, a deux enfants et un mari aimant, père au ­foyer. Cependant, tout n’a ­pas toujours été parfait et elle cherche désespérément à­ enfouir le traumatisme de son enfance.
Alors que le jour de ses quarante ans approche dangereusement, Emma ne parvient plus à dormir.
A-t-elle la folie dans le sang ? Dans le brouillard, à moitié consciente, pourrait-elle finir par blesser sa famille tout comme sa mère l’a fait des années plus tôt ? Y a-t-il une autre explication aux événements étranges qui se produisent autour d’elle ?
Emma doit démêler les sombres fils de son passé pour protéger les personnes qu’elle aime… ou risquer de tout perdre, y compris sa santé mentale. Car au cœur de la nuit, se cache la folie…

 

Mon avis :

 

 Comme beaucoup de lecteurs, je crois, j'ai découvert l'univers de Sarah Pinborough avec "Mon amie Adèle" qui a ensuite fait l'objet d'une adaptation en mini-série sur Netflix. J'avais adoré cette lecture et je m'en souviens encore très bien aujourd'hui car elle m'a marqué par sa singularité et son atmosphère si particulière. J'avais donc pas mal d'attentes et "Insomnia" ne m'a pas déçu, bien au contraire. Je me suis régalée !

 

 On est tout de suite captivé par l'histoire et par la manière dont elle nous est racontée. A l'approche de son quarantième anniversaire, tout va de travers dans la vie d'Emma. Des ombres du passé ressurgissent et ses plus grandes peurs refont surface. Et si elle était folle, comme sa mère ? Et s'il n'y avait rien à faire ? Et si tous ses efforts pour se convaincre du contraire et mener une vie normale n'avaient servi à rien et que tout était écrit depuis le début ? Plus la date approche et plus les évènements bizarres et dramatiques se multiplient... Du verre brisé devant sa porte, des chiffres qui tournent en boucle dans sa tête, son fils qui fait d'étranges dessins et sa sœur qui ressurgit du jour au lendemain... Tous les gens qui l'entourent deviennent bizarres et suspects et elle ne sait plus à qui faire confiance.

 

 Et puis, il y a ses insomnies qui lui retournent la tête. Emma ne dort plus et la vie si enviable qu'elle avait n'est bientôt plus qu'un lointain souvenir. L'avocate organisée devient en très peu de temps une femme aux cheveux hirsutes qui fait peine à voir et n'inspire plus vraiment confiance. Elle se lève la nuit, erre dans sa maison, tourne en rond, fait des choses étranges qui ne lui ressemblent pas et souvent, ne se souvient plus comment elle en est arrivée là. On assiste, impuissant, à cette descente aux enfers et comme elle, on ne sait plus quoi en penser. On doute de tout et de tout le monde y compris d'elle-même. On découvre petit à petit son histoire familiale et ce qui la terrifie tant, mais peut-on vraiment lui faire confiance ?

 

 J'ai adoré l'ambiance hyper sombre et très étrange de ce roman. C'est bien écrit et ça ne traîne pas en longueurs. Le manque de sommeil et ses conséquences est vraiment bien décrit et j'ai aimé la manière dont l'auteure aborde la notion de folie. C'était captivant ! On a l'impression de vivre l'histoire de l'intérieur et c'est très déstabilisant de ne pas savoir ce que l'on doit croire. D'un côté, on a de l'empathie pour Emma. On voit tout ce qu'elle a construit partir en fumée très rapidement, ses proches lui tourner le dos. On ressent sa détresse, sa confusion et sa solitude et en même temps elle nous fait un peu peur à nous aussi... C'est étonnant de ressentir ces sentiments pour un personnage et ça m'a beaucoup plu d'être finalement comme elle, perdue.

 

 La couverture de la version originale colle parfaitement à l'histoire. C'est noir, dérangeant et en même temps très addictif. On a vraiment envie de comprendre ce qui se passe autour d'Emma et dans sa tête. J'ai eu beaucoup de mal à me détacher de ce roman. J'y pensais souvent en le reposant et je me suis souvent réveillée la nuit pour lire la suite ce qui a rendu l'expérience encore plus intéressante (et terrifiante !), je pense. Je ne peux que vous conseiller cette lecture si vous aimez les romans immersifs qui sortent des sentiers battus et si vous n'avez pas peur d'être malmenés et de trembler un peu. Attention tout de même, risque d'insomnie !

 

 

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2024-04-17T15:26:25+02:00

Va où la rivière te porte

Publié par MyaRosa

Go As A River - Shelley Read

366 pages, éditions Robert Laffont, mars 2024

L'histoire :

Victoria Nash a dix-sept ans, et elle gère d'une main de maître le verger de pêches de son père, à Iola, petite ville du Colorado nichée entre les montagnes de la Big Blue Wilderness et la rivière Gunnison. Lorsqu'elle rencontre par hasard Wilson Moon dans les rues d'Iola, la vie semble lui sourire. Wil est un jeune vagabond au passé mystérieux, à la peau brune et aux yeux aussi noirs et brillants que des ailes de corbeau. L'étincelle qui s'allume entre eux va déclencher autant de passion que de malheurs.

Au coeur des lacs, des montagnes, des rivières, Victoria doit faire face aux changements de son temps tout en sauvant sa propre vie et celle de son verger.

 

Mon avis :

 

 C'est d'abord le titre et la couverture qui m'ont donné envie de lire ce roman. De l'histoire, je ne savais pas grand chose. D'ailleurs, il me semble que je n'avais même pas lu la quatrième de couverture. J'aime de plus en plus me laisser surprendre et ne pas trop savoir où je mets les pieds. C'est un peu risqué, mais en général je suis agréablement surprise et ça a été le cas ici. Quelle belle lecture !

 

 

 J'ai été séduite dès les premières lignes par la plume délicate et poétique de Shelley Read. L'histoire qui nous est racontée est très dure, mais on ne tombe jamais dans le pathos. Tout est fait avec beaucoup de sensibilité et de justesse. On y croit et on s'attache tout de suite à Torie que l'on va suivre durant plusieurs décennies. Cette jeune fille ne va pas être épargnée et va devoir subir de nombreuses épreuves mais au lieu de s'effondrer, elle va faire preuve de beaucoup de courage et de résilience.  Parce que parfois une rencontre, un instant, un mot, quelques moments peuvent modifier le cours d'une vie et changer votre philosophie, votre regard sur le monde. Parce que l'on peut choisir de vivre malgré tout et se dire que ce sont ces épreuves qui font de nous ce que nous sommes...

 

 J'ai été profondément émue par la vie de Victoria, par la manière dont elle bascule d'un coup dans l'âge adulte. On la voit se relever, se construire, s'affirmer, devenir une femme forte et indépendante qui sait ce qu'elle veut. On la voit se démarquer de sa famille, remettre en question ce qu'on lui a inculqué tout en conservant certaines valeurs. J'ai aimé le fait que la nature prenne autant de place que les hommes, dans cette histoire. On parle beaucoup du décor, des montagnes, des rivières, de ce village complètement immergé sous l'eau, de la culture des pêches, de l'amour et du respect de la terre. C'est un récit aussi captivant qu'émouvant qui nous transporte dans le Colorado. J'ai pris mon temps pour le lire car je voulais savourer chaque période et prendre le temps de relire des passages que je trouvais particulièrement beaux. Je me suis complètement immergée dans cet univers et j'en ai encore des images plein la tête. Des sujets graves et essentiels sont abordés et j'ai trouvé qu'ils l'étaient de manière juste et sincère. J'ai notamment beaucoup apprécié la manière dont on aborde la maternité et les relations familiales ainsi que tout ce qui nous construit. Qu'est-ce qui fait de nous ce que nous sommes ? Notre passé ? Notre famille et notre éducation ?  Le milieu dans lequel on vit ? Les épreuves de la vie ? Nos choix personnels ? Les réactions des personnages m'ont semblé crédibles et j'ai aimé la délicatesse et la pudeur avec lesquelles Shelley Read nous les délivre. C'est un bel hommage à la nature et aux femmes, à leur force et à leur complexité. C'est un très beau roman à lire et à faire découvrir autour de soi.

 

"En ne montrant en surface qu'une petite partie de sa vie intérieure, une femme offrait moins à piller aux hommes". (page 49)

 

"Je doute que maman m'eût aidée si elle avait été en vie. Mais le seul avantage d'avoir une mère morte, c'est qu'on peut faire d'elle une alliée inébranlable, qu'elle l'eût été ou non." (page 55)

 

"Parfois, une femme se divise en deux. Parfois, au moment où quelqu'un qu'elle aime profondément s'éloigne, elle offre au monde une image stoïque, pleine de dignité et d'abnégation, pendant que son moi intime hurle et court après cet être aimé et l'attrape et le plaque au sol en le suppliant de rester." (page 329)

 

"Une femme n'est pas qu'un simple réceptacle destiné à porter des bébés et du chagrin." (page 344)

 

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2024-04-10T08:41:43+02:00

Rentre avant la nuit

Publié par MyaRosa

The Night She Disappeared - Lisa Jewell

480 pages, éditions Hauteville, novembre 2022

L'histoire :

Tallulah, 19 ans, n'est pas rentrée de sa soirée. Elle a confié son fils, qui n'est encore qu'un nourrisson, aux soins de sa mère. Jamais elle ne l'aurait abandonné. Si elle n'est pas de retour chez elle, c'est que quelque chose - ou quelqu'un - l'en a empêchée. La dernière fois qu'elle a été vue, c'était aux Cendres, un domaine situé à lisière de la forêt. Deux ans après la disparition de l'adolescente, Sophie s'installe à Maypole House, le prestigieux pensionnat dont son compagnon vient de devenir directeur.
Dans le jardin de leur cottage, elle découvre un morceau de carton punaisé sur la clôture qui porte l'inscription " Creusez ici ". Il n'en faut pas davantage pour que Sophie s'empare de cette affaire classée un peu trop vite. C'est le début d'un jeu de piste étourdissant.

 

Mon avis :

 

 Ayant un peu de mal à me concentrer sur mes lectures en ce moment, ce roman de Lisa Jewell était exactement ce qu'il me fallait ! J'ai adoré me laisser porter par l'histoire et suivre ce jeu de pistes sans trop réfléchir. Comme toujours avec l'auteure, c'est fluide et agréable à lire. On ne se prend pas la tête à essayer de lire entre les lignes ou à revenir en arrière pour mieux comprendre. Tout est clair et limpide. On change d'époque et de narrateur mais c'est parfaitement maîtrisé et on ne s'y perd pas.

 

 J'ai adoré cette histoire et son cadre. La maison géorgienne intrigante et mystérieuse. Le pensionnat pour gosses de riches. La forêt. La fille charismatique qui semble envoûter tout le monde. L'auteure de cosy mystery qui s'ennuie un peu loin de la ville et se retrouve mêlée à une vraie enquête. Le couple sans histoire disparu sans laisser de trace. La mère dépassée qui a l'impression d'être la seule à vraiment chercher. L'enquête qui piétine jusqu'à ce que de mystérieux indices soient déposés dans des endroits stratégiques...

 

 Tout se passe au même endroit et on a vraiment l'impression d'y être ! J'ai adoré cette ambiance mystérieuse et un peu inquiétante où tout le monde devient suspect. J'ai lu ce roman très rapidement et avec beaucoup de plaisir. La psychologie des personnages est intéressante et bien maîtrisée. Ce roman n'est pas parfait, loin de là, il y a des facilités, des incohérences et j'ai trouvé la fin un peu décevante, mais je retiendrai surtout le plaisir que j'ai eu à le lire et à être dans cette ambiance si particulière en pleine campagne anglaise où tout est charmant mais où on se doute que les apparences sont vraiment trompeuses... C'est un livre idéal pour les vacances ou pour une panne de lecture si vous voulez vous divertir sans vous prendre la tête. J'ai déjà hâte de lire d'autres romans de Lisa Jewell !

 

 

 

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2024-03-07T15:03:49+01:00

Les plus beaux jours de nos vies

Publié par MyaRosa

The Best Days of Ours lives - Lucy Diamond

438 pages, éditions Charleston, janvier 2024

L'histoire :

« La vie commence à 35 ans. »

C’est ce que s’est toujours dit Leni. Mais malheureusement, pour elle, le soir de son anniversaire, cris et reproches jaillissent, brisant le fragile équilibre familial dont elle était la gardienne depuis tant d’années. Et lorsqu’elle est victime d’un terrible accident de vélo quelques semaines plus tard, les McKenzie dévastés vont devoir apprendre à redevenir une famille sans elle.

Alice, la soeur cadette, n’a plus qu’une obsession : comprendre les jours qui ont précédé la tragédie. Belinda, la mère, cherche désespérément des signes de l’au-delà auprès d’une voyante australienne, tandis que le père, qui s’apprête à vivre une nouvelle paternité, tente de rattraper le temps perdu avec sa première famille. Quant à Will, le dernier-né, c’est sur une plage thaïlandaise qu’il espère oublier sa peine et sa culpabilité.

Un récit bouleversant qui révèle les liens indestructibles forgés par l’amour et la capacité étonnante de l’âme humaine à trouver la lumière au coeur des ténèbres.

 

Mon avis :

 

 Dans le nouveau roman de Lucy Diamond (Rendez-vous au Café du Bonheur, Le Doux parfum de la vérité, La Saison des souvenirs, etc...), on suit la famille McKenzie qui vient de vivre un terrible drame. Leni, l'aînée de la fratrie, vient de mourir brutalement. Chacun a sa façon de gérer la situation et de faire son deuil et ils ont beaucoup de mal à se comprendre et à communiquer les uns avec les autres. Alice, la soeur, veut des réponses à tout prix et se met à enquêter sur les dernières activités de sa soeur. Elle veut comprendre ce que Leni faisait ce jour-là, savoir si ce drame aurait pu être évité et qui en est responsable. Elle se replonge dans leurs souvenirs d'enfance, remplit son appartement d'affaires de sa soeur et s'en veut de s'être disputé avec elle peu de temps avant sa mort. Belinda, la mère, essaie de faire bonne figure et d'aller de l'avant en décidant de vendre la maison dans laquelle elle a élevé ses enfants. Pourtant, si elle a l'air sûre d'elle, elle est pleine de doutes, de peur et de chagrin et dilapide son argent en appelant une medium qui assure pouvoir communiquer avec sa fille disparue. Will, le petit frère, est dans le déni. Il a quitté l'Angleterre pour aller à l'autre bout du monde loin de ses problèmes mais même là-bas sa tristesse et sa culpabilité le rattrapent... Et puis, il y a Tony, le père, qui se rend compte de tout ce qu'il a manqué en étant peu présent et tente désespérément de se rapprocher de ses enfants et de recoller les morceaux alors qu'il est sur le point d'avoir un autre enfant.

 

 Je ne sais pas si j'ai choisi le bon moment pour lire ce livre, mais je me suis dit que peut-être il pourrait m'apporter un peu d'optimisme et de réconfort dans cette période difficile. Je ne vous promets pas un avis objectif car j'imagine que les émotions ressenties ont été décuplées par la situation, mais je peux vous dire que ce roman m'a fait pleurer comme une Madeleine. J'ai été très touchée par les personnages qui m'ont semblé crédibles et je me suis beaucoup attachée à eux. Je me suis retrouvée dans leur solitude. Ils ont l'impression que personne ne les comprend et qu'ils ne pourront jamais se relever. Malgré la tristesse du sujet abordé, c'est un roman lumineux et optimiste. J'ai trouvé que c'était beau et émouvant de voir ces personnages se relever et s'entraider petit à petit. Lucy Diamond n'est pas tombée dans la facilité. Tout ne s'arrange pas d'un seul coup, mais il y a une lueur d'espoir à laquelle on croit et que l'on a envie de suivre aussi. J'ai adoré découvrir la personnalité de Leni à travers les souvenirs des uns et des autres. Il y a des scènes qui m'ont brisé le coeur et d'autres qui m'ont redonné le sourire. C'est un roman triste et joyeux à la fois qui nous fait passer du rire aux larmes. Une belle lecture que je recommande.

 

 

 

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2024-01-16T21:10:10+01:00

Tant que fleuriront les citronniers

Publié par MyaRosa

As Long as the Lemon Trees Grow - Zoulfa Katouh

430 pages, éditions Nathan, septembre 2023

L'histoire :

Salama Kassab, 18 ans, avait la vie devant elle, quand la Révolution a commencé en Syrie et quand les combats lui ont tout pris : sa famille, son avenir de pharmacienne.
Il ne lui reste plus que Layla, sa belle-sœur enceinte, et sa conviction de pouvoir aider son pays grâce à son travail bénévole à l'hôpital. Mais elle est tiraillée entre l'envie de se rendre utile, et celle de mettre Layla à l'abri. Au moment où elle se résigne finalement à fuir la Syrie, une rencontre avec un jeune militant plein d'espoir va tout remettre en cause.

 

Mon avis :

 

 Difficile de passer à côté de ce roman sans le voir. Sa magnifique couverture attire tout de suite le regard et son titre attise la curiosité. Cela a suffit à me convaincre et dire que j'ai aimé ce roman est un doux euphémisme. Quelle lecture bouleversante !

 

 J'ai tout de suite apprécié le personnage de Salama. Elle est bien plus forte et courageuse qu'elle ne l'imagine et doit affronter des choses qu'une jeune fille de son âge ne devrait même pas pouvoir imaginer. Kenan est, lui aussi, hyper attachant. J'ai beaucoup aimé la manière dont l'histoire est racontée. Zoulfa Katouh a une écriture très agréable, à la fois sensible et poétique. Elle sait aussi bien décrire le beau que l'indicible. Ses mots nous touchent en plein coeur. Elle m'a tellement embarqué dans son histoire que je me suis souvent demandée si elle avait elle-même vécu tout cela.

 

 C'est un livre dur, évidemment. Il y a des passages atroces et très tristes, mais je n'ai jamais eu l'impression que c'était trop ou que ça sonnait faux. Ces scènes m'ont malheureusement semblé crédibles et réalistes et surtout nécessaires pour dénoncer ce qui se passe en Syrie. L'auteure nous explique bien la situation et c'est terrible de se dire que la plupart des gens ignore tout cela ou ne s'y intéresse pas. On a l'impression que les syriens se font tuer dans l'indifférence générale. J'ai été révoltée par le sort de tous ces innocents, par ces gens privés de tout ce qu'ils aimaient, par ces habitants qui voulaient juste être libres et n'avaient aucune envie de partir à l'autre bout du monde, par ces enfants privés de leur innocence et par l'attitude inhumaine de certains... On comprend leurs souffrances, leurs peurs, leurs doutes et leurs sentiments. Cette impression d'être écartelé entre l'envie de rester se battre pour leur pays et le désir de fuir pour mettre leur famille en sécurité.

 

 Pourtant, en dépit de tout cela ce n'est pas un livre déprimant. Il est plein de contrastes et de couleurs. Il y a même souvent une certaine légèreté difficile à expliquer. Il y a tous ces parfums, ces saveurs et ces couleurs si bien décrits que l'on s'y croirait. Tout ce qui fait la beauté de la Syrie et la rend unique au monde. Il y a aussi et surtout beaucoup d'espoir et de lumière. J'ai aimé la manière dont les souvenirs heureux de Salama s'entremêlent à son présent et à ses rêves d'avenir. J'ai aimé cette façon de voir les choses. L'importance de la transmission. Ce pays que l'on emporte partout avec soi et qui reviendra à nos enfants ou aux enfants de nos enfants. J'ai aimé le profond respect que l'on ressent pour la famille, les ancêtres, la terre. Cette manière aussi d'aborder la culpabilité que ressentent les survivants et puis toute cette pudeur. L'auteure rend un très bel hommage à la Syrie et un message d'espoir pour tous les expatriés, les martyrs, les victimes de guerre.

 

 Le côté religieux est bien présent mais il ne m'a pas du tout gêné et pourtant en général j'ai du mal avec cela. Ici, j'ai trouvé cela beau et pur. Il en est de même pour la romance qui m'a fait fondre comme une glace au soleil. J'ai trouvé ce couple adorable et touchant et cela n'était pas dû uniquement au contexte, je pense. Les personnages secondaires m'ont également beaucoup plu. J'ai adoré la relation entre Salama et Layla qui est si belle. Elles sont comme deux soeurs, complices, et se connaissent par coeur. Tout est bien dosé et ça fonctionne à merveille. On est ému, secoué, emballé, surpris, choqué. On passe du rire aux larmes sans arrêt. J'ai trouvé la fin un peu frustrante mais je suis sortie de cette lecture le coeur rempli d'espoir et d'émotions et avec de belles images en tête. Citronniers, couchers de soleil, plantes aromatiques, plats méditerranéens, paysages éclatants de couleurs. D'ailleurs, j'ai beaucoup aimé les petites notions de botanique que l'on retrouve dans tout le livre et que Salama utilise pour retrouver son calme.

 

 Peu importe notre religion ou nos croyances, prions pour que les pays en guerre retrouvent enfin paix et sérénité et que les familles puissent se retrouver. Je garderai un souvenir tout particulier de cette lecture magnifique, puissante, inspirante et unique. . Il y a dans ces pages tant de souffrances, de force, de courage, d'optimisme, de spiritualité et d'émotions qu'il est impossible de ne plus y penser.

 

 

 

"Je crois que c'est le dernier habitant de cette ville qui rêve encore la nuit."

 

"- Là, souffle-t-elle. Cette sensation, je veux que tu t'y accroches. Peu importe ce qui arrive, souviens-toi que le monde ne se résume pas à la souffrance. On a droit au bonheur, Salama. Tant pis si on ne nous le sert pas sur un plateau d'argent. On ramassera les morceaux et on le construira nous-mêmes."

 

"Je parviendrai peut-être à quitter la Syrie. Mes pieds fouleront peut-être les côtes européennes, les vagues fouetteront mes jambes tremblantes, les embruns se déposeront sur mes lèvres. Je serai en sécurité.
Mais je ne serai plus vraiment vivante. "

 

"Ton histoire est gravée dans ce sol. Aucun pays au monde ne t’aimera jamais autant que le tien."

 

"Partir ne sera pas facile. Je sèmerai des morceaux de mon cœur brisé derrière moi sur les côtes syriennes, et les cris de mon peuple me hanteront jusqu'à là fin de mes jours. "

 

 

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2024-01-08T08:57:20+01:00

Entre toutes les mères

Publié par MyaRosa

The Push - Ashley Audrain

384 pages, Le Livre de Poche, mars 2022

L'histoire :

Blythe Connor n’a qu’une seule idée en tête : ne pas reproduire ce qu’elle a vécu. Lorsque sa fille, Violet, naît, elle sait qu’elle lui donnera tout l’amour qu’elle mérite. Tout l’amour dont sa propre mère l’a privée. Mais les nouveau-nés ne se révèlent pas forcément être le fantasme qu’on s’est imaginé. Violet est un bébé agité, qui ne sourit jamais. Très vite, Blythe se demande ce qui ne va pas. Ce qu’elle fait mal. Si le problème, c’est sa fille. Ou elle. Puisque Violet se comporte différemment avec son père, ce dernier met les doutes de sa femme sur le compte de l’épuisement. Sûrement parce qu’il ne peut imaginer ce qu’elle a vécu enfant. Peut-être parce que personne ne peut l’imaginer.

 

Mon avis :

 

 Je ne sais pas pourquoi, mais chaque début d'année est marqué par une lecture fracassante. Je ne sais jamais à quoi m'attendre quand je choisis un livre et pourtant il y a presque toujours un livre lu pendant la première quinzaine de janvier qui me bouscule et qui me marque au point d'affirmer sans attendre qu'il fera partie de mon top de l'année voire même de mon top de lectrice. L'année 2024 démarre sur les chapeaux de roue avec ce roman coup de poing qui m'a frappé en plein cœur.

 

 

Au travers de l'histoire de Blythe et de sa famille, l'auteure aborde des sujets qui sont en général abordés avec des pincettes sauf qu'ici on met carrément les pieds dans le plat. Il est question de maternité, mais pas de maternité-bisounours où tout est merveilleux et idyllique. Ici, on s'interroge sur l'amour et l'instinct maternel ou plutôt l'absence d'amour et d'instinct maternel justement. On parle de maternité difficile, oppressante, forcée, violente. De liens qui ne se font pas toujours entre une mère et son enfant. De la réalité qui est souvent bien différente de la maternité fantasmée. De mères fuyantes, absentes, maltraitantes, dysfonctionnelles. De mères qui se débattent seules, qui ne se sentent pas à leur place et ont parfois l'impression de jouer un rôle. De mères qui se sentent prises au piège. De mères qui doutent ou qui ont l'impression de faire fausse route. De mères qui essaient de tenir le rôle que l'on attend d'elles mais qui n'y arrivent pas. On parle de tout ce poids que portent les mères, de cette pression constante qu'elles subissent. On parle de mères froides et distantes, de mères rejetées par leurs enfants, leur conjoint ou leurs parents, de mères qui n'arrivent pas à donner de l'amour ou pour qui cela n'a rien de naturel et d'évident. De mères qui se sentent coupables de ne pas ressentir ce que les autres mères ont l'air de ressentir pour leur progéniture. De mères qui ne se sont pas senties aimées elles-mêmes lorsqu'elles étaient enfants. On parle d'épuisement, de tout ce que la maternité fait subir au corps et à l'esprit, au couple aussi, des attentes et du regard de tout le monde sur les mères que l'on n'impose jamais au père. On parle d'hérédité aussi et de transmission. Peut-on aimer quand on a manqué d'amour ? Suffit-il d'un peu de volonté pour y arriver ? La manière dont est abordé le couple mis à mal par la maternité et les années est aussi très marquante. 

 

  Dans ce livre, on entre dans l'intimité et surtout dans l'esprit d'une mère, mais pas n'importe laquelle. Une mère pour qui rien ne se passe bien. Elle nous offre toutes ses pensées, des plus anodines aux plus sombres. On découvre également, au fil du roman, des souvenirs et des événements marquants de son enfance, de sa relation avec sa mère. On découvre quelles relations ont eu les femmes de cette famille avec leur propre mère. A nous d'en tirer des conclusions sur la part de responsabilité de chacun et sur le côté héréditaire de la chose. On s'interroge vraiment sur ce qui est en cause : l'enfant ? La mère ? La mère de la mère ? Le contexte ? Le hasard ? Est-ce qu'une mère aurait été différente avec un autre enfant ? Avec une autre mère ? Avec une autre enfance ? A un autre moment de sa vie ? Avec un autre entourage ? C'est troublant et perturbant !

 

 C'est noir, dérangeant et pessimiste mais extrêmement bien écrit et juste. Le genre de romans que l'on se sent presque coupable d'avoir aimé tellement c'est sombre et glaçant, mais franchement j'ai adoré ! Pour un premier roman, c'est très fort ! J'ai déjà hâte de lire le suivant et j'espère qu'il sera aussi brillant. J'ai été totalement happée par ce livre. Je ne pouvais plus m'en détacher. Il y a des scènes vraiment dures qui m'ont brisé le cœur et d'autres qui m'ont fait froid dans la dos. J'ai ressenti énormément d'émotions à la lecture de ce livre. Ce n'est pas un essai sur la maternité mais c'est vraiment un livre qui fait réfléchir et qui aborde la maternité et la relation mère-enfant d'une autre façon et sous tous les angles. Je suis encore sous le choc et je sais que c'est un roman que je n'oublierai pas. Si vous n'avez pas peur d'être bousculé, choqué, meurtri par une histoire, je ne peux que vous recommander ce roman qui ne pourra pas vous laisser indifférent. En revanche, vous êtes prévenus, vous n'en sortirez pas indemne !

 

 

A lire aussi :

 

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2023-12-10T14:24:00+01:00

L'Archipel des larmes

Publié par MyaRosa

Skuggjägaren - Camilla Grebe

576 pages, Le Livre de Poche, février 2021

L'histoire :

Une nuit de février 1944, à Stockholm, une mère de famille est retrouvée morte chez elle, clouée au sol. Trente ans plus tard, plusieurs femmes subissent exactement le même sort. Dans les années quatre-vingt, le meurtrier récidive mais ce n’est qu’aujourd’hui que des indices refont surface. Britt-Marie, Hanne, Malin... À chaque époque, une policière se démène pour enquêter, mais les conséquences de cette traque pourraient s’avérer dévastatrices.

L’Archipel des lärmes, magistralement construit, nous fait traverser les décennies suédoises en compagnie de femmes hors du commun, avides de justice, et déterminées à arrêter ce monstre.

 

Mon avis :

 

 Je poursuis ma découverte des romans de Camilla Grebe. En ce moment, impossible pour moi de lire autre chose. J'ai commencé des tas de livres que j'ai fini par mettre de côté car je n'avais qu'une envie : me plonger à nouveau dans une enquête scandinave pleine de suspense. En général, je n'aime pas trop lire les romans d'un auteur de manière rapprochée car j'ai peur de me lasser et de ne pas apprécier chaque livre à sa juste valeur, mais Camilla Grebe se renouvelle tellement d'un livre à l'autre que ce n'est pas gênant.

 

 Cette enquête est certainement la plus sombre, la plus violente et la plus effrayante de la série. Les meurtres sont sordides et l'histoire s'étend sur plusieurs décennies. L'atmosphère est sombre, lourde, pesante. J'ai trouvé cela vraiment intéressant que l'on change de protagoniste en cours de route. Sur le moment, c'est un peu étrange car on a l'impression de lire une histoire qui n'a pas de fin. On change de manière abrupte d'époque et d'héroïne, mais c'est un choix judicieux car cela rend les choses encore plus poignantes. Je pense notamment à Britt-Marie.

 

 En dehors de l'enquête qui est intrigante et pleine de suspense, l'auteure aborde avec beaucoup de justesse la condition des femmes au fil du temps. On croise des femmes fortes, des femmes qui se battent pour la vérité et la justice, des femmes qui se battent pour leur indépendance, des femmes malmenées ou harcelées, des femmes qui portent une charge mentale énorme et beaucoup de responsabilités et qui mériteraient d'être traitées tellement mieux... On croit que les choses évoluent mais on se rend compte au travers de petites choses que l'égalité homme-femme est loin d'être acquise et évidente pour tout le monde. On s'attache beaucoup à toutes ces femmes qui sont de véritables héroïnes et les réactions des hommes autour d'elles et parfois même celles d'autres femmes nous donnent envie de hurler.

 

 Ce livre est plus long que les précédents. Pas forcément en nombre de pages mais ce n'est pas un page-turner. C'est une enquête dense et qui s'étale sur une période très longue avec beaucoup de personnages différents et d'éléments à prendre en compte. J'ai mis beaucoup plus de temps à le lire, mais cela ne m'a pas dérangé. J'ai vraiment aimé et l'auteure a vraiment bien réussi son coup. C'est encore un livre qui fait réfléchir à des sujets d'actualité et on y pense encore bien longtemps après avoir tourné la dernière page. L'assassin des bas-fonds et l'ambiance sombre et inquiétante m'ont vraiment fait frissonner. Brrrr !  C'est une lecture glaciale parfaite pour la saison. Il ne me reste plus qu'un Camilla Grebe à lire alors j'espère qu'il y en aura vite d'autres car je suis fan, fan, fan ! Et vous, en avez-vous lu ? Je vous conseille vraiment de les lire dans l'ordre pour pouvoir les apprécier pleinement et éviter les spoilers 

 

A lire aussi (si possible, dans l'ordre) :

Un Cri sous la glace

Le Journal de ma disparition

L'Ombre de la baleine

L'Archipel des larmes

L'Horizon d'une nuit

L'énigme de la stuga

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2023-11-14T07:34:18+01:00

L'ombre de la baleine

Publié par MyaRosa

Dvalan - Camilla Grebe

480 pages, Le Livre de Poche, janvier 2020

L'histoire :

Quand des cadavres de jeunes hommes échouent sur les côtes de l’archipel de Stockholm, la jeune flic Malin et son supérieur, Manfred, sont missionnés pour résoudre ce sombre mystère. Hélas, chacun est plus vulnérable que d’habitude : Malin est très enceinte, et Manfred meurtri par le terrible accident qui a plongé sa petite fille dans le coma. En parallèle, nous rencontrons Samuel, adolescent rebelle, dealer à mi-temps, élevé par une mère célibataire aussi stricte que dévote. Sa vie bascule quand celle-ci jette à la poubelle des échantillons de cocaïne que le baron de la drogue de Stockholm lui a confiés.
Alors que Samuel trouve une planque idéale sur la petite île de Marholmen, où il est embauché par la jolie Rachel pour devenir l’auxiliaire de vie de son fils Jonas, Malin et Manfred font fausse route. Mais toute leur enquête change de cap le jour où la mère de Samuel signale enfin sa disparition…

 

Mon avis :

 

 Totalement emballée par le précédent roman de Camilla Grebe, j'ai laissé en plan tout ce que j'avais prévu de lire pour me plonger dans le suivant et j'ai bien fait car j'ai, cette fois encore, adoré ! Pourtant, j'étais encore tellement dans l'ambiance particulière du précédent,à Ormberg, que je me suis demandée si ça n'allait pas m'empêcher d'apprécier pleinement celui-ci. Heureusement, et cela fait partie de ce que j'apprécie beaucoup chez cette auteure, c'est tellement différent d'un livre à l'autre que l'on ne peut pas comparer. On retrouve des personnages que l'on connaît mais on part sur une intrigue qui n'a plus rien à voir et même sur des lieux totalement opposés. Envolée la petite bourgade brumeuse où il semble toujours faire gris et froid, nous voilà dans un cadre idyllique en bord de mer où il fait bon vivre...

 

 

 Cette fois encore, j'ai trouvé les personnages très intéressants. L'auteure prend vraiment la peine de nous les faire découvrir intimement. La triple narration nous fait passer des pensées de Manfred, à celles de Pernilla et à celles de Samuel. Trois personnages qui n'ont a priori pas grand chose en commun et pourtant... On parle beaucoup de filiation, des liens particuliers qui unissent un parent et son enfant, de la manière dont cette relation évolue au fil du temps et se complexifie parfois... On ne se mélange pas du tout entre les protagonistes et la narration est fluide et rythmée. Cette fois, j'ai vu venir pas mal de rebondissements avant qu'ils ne surviennent mais cela n'a pas gâché ma lecture. C'est peut être aussi parce que j'ai lu beaucoup de romans de Camilla Grebe dernièrement. Sans cela je n'aurais peut être pas envisagé la tournure que prendrait l'histoire.

 

 

 J'ai beaucoup aimé l'intrigue et les personnages ainsi que les thèmes abordés. C'est encore un livre pleinement d'actualité. On s'interroge sur des choses très différentes comme la religion, notre rapport aux réseaux sociaux, l'inquiétude que l'on peut avoir pour ses enfants et tout ce que l'on serait prêt à faire pour eux ou encore la manière dont un ado peut vite se retrouver mêlé à des trafics qui le dépasse. C'est juste, pertinent et ça fait vraiment réfléchir. Je pense que c'est un livre qui pourrait plaire aux lecteurs qui ne sont pas forcément attirés par les polars car on s'intéresse principalement à la psychologie des personnages et à ce qui les tourmente. Voilà encore un livre que je n'oublierai pas et que je vous recommande vivement. Je me réjouis d'avoir encore deux livres de Camilla Grebe à découvrir mais en même temps ça me semble beaucoup trop peu. Si vous avez des romans du même genre à me recommander, je prends volontiers !

 

***

Il est tout à fait possible de lire les livres de Camilla Grebe sans ordre particulier. Cela ne vous empêchera pas d'apprécier et de suivre l'intrigue, mais si vous le pouvez, je vous conseille tout de même de les lire dans l'ordre de sortie. D'une part parce que l'on retrouve certains personnages et il est vraiment intéressant de les découvrir de cette manière, de connaître leur histoire et leur évolution, d'autre part car vous risquez de découvrir des éléments importants. Par exemple, au début de celui-ci, toute l'intrigue du précédent - Le Journal de ma disparition - est dévoilée. Ce qui est dommage car c'est vraiment un excellent roman à suspense !

Si vous souhaitez les lire dans l'ordre : Un Cri sous la glace - Le Journal de ma disparition - L'ombre de la baleine - L'Archipel des larmes - L'horizon d'une nuit - L'énigme de la stuga.

 

A lire aussi :

Un Cri sous la glace

Le Journal de ma disparition

L'énigme de la stuga

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2023-11-07T09:32:36+01:00

Le Journal de ma disparition

Publié par MyaRosa

Husdjuret - Camilla Grebe

472 pages, Le Livre de Poche, janvier 2019

L'histoire :

Il y a huit ans, Malin, alors adolescente, a découvert une fillette enterrée dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n'a jamais pu identifier la petite victime. Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse, et de l'inspecteur Peter Lindgren qui reprennent l'affaire. Mais Peter disparaît du jour au lendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt. L’unique témoin est un adolescent qui erre dans les bois. Sans le dire à personne, celui-ci récupère le journal que Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné... Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. Et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?

 

Mon avis :

 

 Comme beaucoup d'amateurs de polars, j'ai un faible pour les romans nordiques. Il y a quelque chose de spécial dans l'ambiance, les décors et la manière de décortiquer les personnages qui m'attire et me plaît beaucoup. Camilla Grebe fait assurément partie de mes auteurs favoris dans ce domaine. J'ai lu trois de ses romans cette année et elle me scotche à chaque fois ! Je trouve qu'elle arrive à surprendre et à se renouveler constamment. Les sujets qu'elle aborde sont toujours d'actualité et nous poussent à réfléchir. Impossible de reposer ses livres sans s'interroger sur notre société et ce monde qui tourne de moins en moins rond ou sans se demander si nous aurions fait les mêmes choix que les personnages ou réagit différemment. Et pourtant, il y a dans ses pages une fluidité de lecture incroyable malgré la gravité des thèmes abordés. Ses romans ne se lisent pas, ils se dévorent ! On n'arrive pas à les lâcher et on ne voit pas le temps passer ! 

 

 

 "Le Journal de ma disparition" a su m'intriguer et me captiver dès les premières lignes. J'ai aimé le fait que l'on change de narrateur. Ici, on alterne entre Malin, Jake et Hanne. Trois personnages très différents mais aussi intéressants les uns que les autres. Une enquêtrice ambitieuse qui revient mener l'enquête dans la ville de son enfance, un endroit qu'elle cherche à fuir à tout prix. Un ado mal dans sa peau qui s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment mais ne peut pas en parler. Une profileuse qui détient des éléments clés mais est en train de perdre la mémoire. Et puis, bien sûr, Ormberg, ville triste et terne que beaucoup désertent alors que certains y croupissent. Un endroit où tout le monde se connaît, où les usines et les magasins sont fermés, où les carcasses de voitures et les détritus s'entassent dans les jardins, où tout le monde semble avoir enterré ses rêves et ses ambitions... Tout ce que Malin a cherché à fuir en s'installant en ville. Et au milieu de tout cela, des réfugiés que certains tentent d'aider et que d'autres montrent du doigt. Une atmosphère particulière qui met mal à l'aise et ne donne pas franchement envie de s'éterniser là-bas...

 

 J'ai adoré cette histoire. L'intrigue est vraiment prenante, pleine de surprises et de rebondissements, et l'auteure n'épargne pas ses personnages. On les voit souffrir, on découvre leurs failles et ils nous paraissent authentiques et sincères. Je me suis beaucoup attachée à certains. Il y a des propos qui m'ont vraiment dérangée et j'ai mis un peu de temps à comprendre que c'était le but recherché et qu'il ne s'agissait absolument pas du point de vue de l'auteure sur ces sujets. Ormberg est un personnage à part entière dans le roman. C'est un endroit difficile à décrire. Malin a une véritable aversion pour cette ville qui concentre tout ce qu'elle essaie de fuir et tout ce qu'elle ne veut pas être : les commérages, l'ignorance,  l'absence d'ambition et d'évolution, les esprits étriqués... Et en même temps c'est intéressant car elle ne peut pas s'empêcher de défendre les gens qui y vivent et leur manière d'être. C'est elle qui les comprend le mieux. Les personnes qui y sont depuis toujours s'y sentent bien et n'imaginent pas un instant en partir mais d'un point de vue extérieur c'est un lieu triste et déprimant. C'est comme si les gens qui y vivent avaient des œillères et ne se rendaient pas compte de tout ce qu'ils pourraient trouver ailleurs. Ils sont comme prisonniers mais n'en ont pas conscience (on se croirait à Storybrook - en beaucoup moins joli et bien plus déprimant !). L'auteure a vraiment fait un travail remarquable et je crois que l'on connaît tous ce genre d'endroits. C'est comme si tout avait déserté : les entreprises, les gens, le soleil, l'espoir, l'avenir... On a l'impression d'en être prisonnier aussi et cela rend l'atmosphère encore plus pesante. J'ai adoré ça !

 

 

 L'intrigue est bien menée, le suspense présent jusqu'au bout et la manière dont l'histoire est racontée - notamment au travers du journal d'Hanne qui est en train de perdre la mémoire - ne manque pas d'originalité. J'avais adoré mes précédentes lectures signées Camilla Grebe - "L'énigme de la stuga" et "Un cri sous la glace" - mais j'ai encore bien plus aimé "Le Journal de ma disparition". Il y a beaucoup de rebondissements et l'intrigue est complexe mais ça tient vraiment la route. On y croit et on ne peut que refermer ce livre à bout de souffle et estomaqué par cette histoire vraiment dingue et incroyablement sombre ! Pour moi, il n'y a aucun bémol. Bon, peut être le fait que Peter soit un peu oublié et qu'on n'en parle pas plus dans la dernière partie du livre, mais c'est vraiment pour trouver quelque chose car tout le reste est vraiment top ! Pour tout vous dire, je pense que je vais avoir du mal à me concentrer sur autre chose car cette histoire occupe tout mon esprit. Quelle claque !

 

 

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2023-10-23T15:07:19+02:00

Terreur à Smoke Hollow

Publié par MyaRosa

Small Places - Katherine Arden

246 pages, éditions Pocket Jeunesse, octobre 2020

L'histoire :

 Depuis le décès de sa mère, Olivia, onze ans, trouve refuge dans la littérature. Jusqu'au jour où elle croise, près d'une rivière, une femme déterminée à se débarrasser d'un livre qu'elle prétend maudit. Le sang d'Ollie ne fait qu'un tour : pas question de la laisser commettre une telle barbarie ! Elle vole l'ouvrage et s'empresse de le lire. Il raconte l'histoire des deux fils de Cathy Webster, Caleb et Jonathan, disparus après avoir passé un pacte avec un sinistre spectre souriant. Le lendemain, la jeune fille a la désagréable surprise de découvrir que la ferme que visite sa classe a quelques similitudes avec celle du livre...

 

Rendez-vous chez Lou & Hilde.

 

Mon avis :

 

 J'avais repéré la trilogie d'Une nuit d'Hiver de Katherine Arden, mais c'est finalement avec sa saga Small Places que je la découvre et franchement je n'ai qu'une hâte : me plonger dans ses autres romans ! J'espérais trouver avec ce livre une lecture sympa pour Halloween et je ne pouvais pas mieux tomber. J'ai tout aimé : l'écriture, l'atmosphère, le décor, l'intrigue, les personnages, les rebondissements... Je me suis régalée du début à la fin et je n'avais pas du tout envie de quitter Ollie, Coco et Brian. Je me réjouis déjà de les retrouver dans les tomes suivants.

 

 Que dire de plus à part que tout y est ! Que vous adoriez l'automne ou que vous trouviez cette saison lugubre, l'ambiance est absolument parfaite ! Des champs de maïs, des citrouilles, des épouvantails, une météo capricieuse, le soleil d'octobre sur les feuilles mortes et la pluie battante qui semble ne jamais vouloir s'arrêter... Une vieille grange, des gens bizarres, un livre mystérieux, une sortie scolaire barbante et des petits plats réconfortants mitonnés avec amour... On retrouve à la fois le côté super cosy de cette saison et en même temps ce que certains détestent. On a vraiment l'impression d'y être et j'ai adoré ça !

 

 Olivia est le personnage qui est d'abord mis en avant dans ce livre et elle m'a beaucoup plu. J'ai tout de suite aimé sa façon d'être, sa répartie et je me suis aussi retrouvée dans ce qu'elle traverse à un âge où ne devrait pas encore être confronté à cela. Elle m'a beaucoup touchée et j'ai compris sa façon de se tenir à l'écart des autres. C'est un détail, mais je suis ravie qu'elle porte le même prénom que ma fille car c'est vraiment un personnage génial ! J'ai trouvé la relation qu'elle a avec son père très émouvante et j'avais envie d'en savoir encore plus sur eux et de les suivre bien plus longtemps. D'ailleurs, quand Coco et Brian ont commencé à prendre de la place, cela ne m'a pas emballé, mais j'ai rapidement dû reconnaître qu'ils étaient bien plus intéressants qu'ils n'en avaient l'air de prime abord. Je me demande d'ailleurs si dans chaque tome il y aura un personnage qui se dévoile un peu plus que les autres ou si maintenant que le trio est bien installé ils seront sur le devant de la scène tous ensemble. Affaire à suivre...

 

 L'écriture de l'auteure est très agréable. On ne voit pas le temps passer et on ne peut qu'être séduit par cette histoire intrigante, addictive et un peu effrayante. Cela peut sembler bizarre de se poser ce genre de questions, mais si je pouvais changer quelque chose dans ce livre, je ne changerais rien et c'est assez rare pour être signalé. Il n'y a rien de trop ou de trop peu, rien ne manque et rien n'est en trop. Je le trouve parfait dans son genre. La tournure prise par les évènements tient la route et m'a convaincue. C'est vraiment un livre parfait pour l'automne et j'envie sincèrement ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de le lire. J'ai encore quelques romans sous le coude, mais je crois que je tiens là mon coup de cœur d'Halloween 2023 et j'ai tellement aimé l'ambiance que je le relirai à coup sûr ! Maintenant, j'espère réussir à convaincre mes deux grands - peu friands d'histoires qui font peur - qu'il faut ABSOLUMENT qu'ils le lise !

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2023-10-11T14:20:36+02:00

Comment j'ai tué ton mari

Publié par MyaRosa

Finlay Donovan is killing it - Elle Cosimano

457 pages, éditions Charleston, septembre 2023

L'histoire :

Rien ne va plus pour Finlay Donovan, autrice de romans policiers qui peinent à décoller et mère célibataire de deux enfants. Le livre qu’elle a promis à son agent n’est pas encore écrit, son ex-mari a renvoyé la nounou sans lui en parler et elle a même dû déposer à l’école sa fille de quatre ans, du Scotch dans les cheveux à la suite d’un incident capillaire.

Alors qu’elle déjeune avec son agent pour discuter de l’intrigue de son nouveau manuscrit, leur voisine de table prend Finlay pour une tueuse à gages et glisse un mot dans son sac : elle lui offre cinquante mille dollars pour la débarrasser d’un mari un peu trop encombrant. Finlay n’est pas une tueuse, mais cette somme réglerait bien des problèmes. Il n’y a pas de mal à se renseigner après tout ! Mais à peine entrée dans le bar où travaille la potentielle victime, elle se retrouve embarquée dans une véritable enquête criminelle. La réalité dépassera-t-elle la fiction ?

 

Mon avis :

 

 On se prend tout de suite au jeu de cette histoire déjantée et l'on suit avec plaisir la folle aventure de Fin et de Vero qui se retrouvent embarquées bien malgré elles dans une sombre affaire... Les personnages m'ont beaucoup plu. Je n'ai eu aucun mal à imaginer Fin : ses tâches de café et de confiture sur son t-shirt, un enfant bruyant dans les bras, un autre sur la banquette arrière, une perruque de travers et un sac rempli de choses bizarres... Idem pour Vero qui est un personnage surprenant et sympathique. J'avais l'impression d'avoir ce duo de choc sous les yeux et je me demandais quelle catastrophe allait encore leur tomber sur le nez. Il leur en arrive tellement que ça pourrait être lassant mais franchement c'est bien mené et même si j'ai trouvé que Fin était souvent bien longue à la détente, cela ne m'a pas posé problème car en même temps qui pourrait croire à une histoire pareille si ça lui arrivait demain ? C'est totalement abracadabrant !

 

Cosy murder et roulés à la cannelle. What else ?

 

 J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre. C'est rafraîchissant et drôle, facile et agréable à lire, et même si c'est complètement improbable et tiré par les cheveux, on passe un bon moment et on en redemande ! J'ai souvent ri et eu le sourire et j'étais contente de reprendre ma lecture. J'ai visualisé les scènes comme si je regardais une série ou même comme si j'y étais. J'imagine vraiment bien cette histoire en série TV ! La fin m'a beaucoup plu et a su attiser ma curiosité. J'ai déjà hâte de lire la suite des aventures de Finlay Donovan et - bonne nouvelle ! - la sortie française est déjà annoncée pour février 2024 ! Si vous aimez les thrillers plus drôles qu'effrayants, que vous avez un faible pour les cosy mystery, les héroïnes maladroites et attachantes et les enquêtrices qui n'en sont pas vraiment... ce livre devrait vous faire passer un bon moment !

 

 

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2023-09-18T07:43:00+02:00

Chère petite

Publié par MyaRosa

Liebes Kind  - Romy Hausmann

336 pages, Actes Sud (Actes Noirs), mai 2021

L'histoire :

(Attention SPOILERS !!!) Une cabane sans fenêtres au fond des bois. La vie de Lena et de ses deux enfants suit les règles édictées par le père : repas, passages aux toilettes, temps d’étude, tout est strictement programmé à heure fixe et méticuleusement respecté. L’oxygène est distribué par un “système de circulation”, la nourriture exclusivement fournie par le père. Il protège sa famille des dangers du dehors et s’assure que ses enfants, conçus et nés en captivité, auront toujours une mère pour veiller sur eux.
Un jour, Lena parvient à s’échapper – mais le cauchemar continue. Il semble que son bourreau veuille à tout prix récupérer ce qui lui appartient… Alors vient la question de savoir si cette femme est réellement Lena, celle qui a disparu sans laisser de traces quatorze ans plus tôt.

 

Mon avis :

 

 J'avais envie de lire ce livre depuis sa sortie alors quand j'ai vu qu'une adaptation venait de sortir sur Netflix, je me suis empressée de le sortir de ma PAL. Heureusement que je n'ai pas relu la quatrième de couverture avant ni regardé la bande-annonce car elles dévoilent beaucoup trop de choses à mon goût, des éléments sur lesquels on a des doutes et qui ne sont pas dévoilés dès les premiers chapitres...

 

 

 J'ai adoré ce roman ! Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été captivée comme cela ! L'histoire est horrible mais tellement intrigante et bien écrite que l'on n'arrive plus à s'arrêter de lire. J'ai adoré l'ambiance sombre et inquiétante et le fait que l'on envisage énormément de possibilités. Les personnages sont tous un peu bizarres et on a du mal à savoir si c'est à cause de ce qu'ils ont vécu ou s'ils ont des choses à cacher... Le suspense est présent jusqu'au bout et il y a beaucoup de rebondissements. Bon, d'accord, il y a des choses un peu tirées par les cheveux et je regrette de ne pas avoir toutes les réponses ni que certaines possibilités n'aient pas été exploitées, mais cela n'a vraiment pas gâché ma lecture. J'ai adoré du début à la fin ! Si vous aimez les suspenses psychologiques alors vous ne serez pas déçus !

 

 

 Je n'ai pas attendu avant de me lancer dans l'adaptation. Une fois le livre refermé, j'ai tout de suite lancé le premier épisode. J'en ai regardé 4 et même si c'est prenant, je dois avouer que je suis un peu déçue... Il y a beaucoup de choses qui sont différentes et surtout je trouve que ça manque de subtilité. On nous donne beaucoup trop d'indices, on nous dévoile des éléments clés alors qu'on n'a même pas eu le temps de s'interroger. Où sont les journalistes, les proches de Jasmin et la cohabitation Hannah/Mathias qui rendent l'ambiance si pesante ?  Il y a des choses qui sont beaucoup trop évidentes et comme toujours avec les adaptations, ça va beaucoup trop vite ! Et puis forcément, on entre moins dans la tête des personnages et c'est dommage car c'est ce qui rend le roman si prenant. De plus, je trouve les enfants un peu trop mignons et pas assez inquiétants. Dans le livre, Hannah fait bien plus jeune et chétive. Je vais continuer, mais franchement si vous avez l'occasion de lire le livre n'hésitez pas, il est - à mon sens - bien meilleur !

 

 

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2023-08-11T15:13:40+02:00

Un long, si long après-midi

Publié par MyaRosa

The long, long afternoon - Inga Vesper

432 pages, éditions Points, juin 2023

L'histoire :

Dans sa cuisine baignée de soleil californien, Joyce rêve à sa fenêtre. Elle est blanche, elle est riche. Son horizon de femme au foyer, pourtant, s’arrête aux haies bien taillées de son jardin. Ruby, elle, travaille comme femme de ménage chez Joyce et rêve de changer de vie. Mais en 1959, la société américaine n’a rien à offrir à une jeune fille noire et pauvre. Quand Joyce disparaît, le vernis des faux-semblants du rêve américain se craquelle. La lutte pour l’égalité des femmes et des afro-américains n’en est qu’à ses débuts, mais ces deux héroïnes bouleversantes font déjà entendre leur cri. Celui d’un espoir brûlant de liberté.

 

Mon avis :

 

 Je m'excuse par avance si ce billet est un peu décousu, mais j'ai lu ce roman il y a plusieurs semaines et il s'est passé tellement de choses depuis que j'ai l'impression que ça fait beaucoup plus longtemps encore. Je voulais tout de même laisser une petite trace ici car j'ai adoré cette lecture et je vous la recommande vivement.

 

 J'ai trouvé la plume d'Inga Vesper très agréable. Au travers de petites scènes et d'anecdotes, elle arrive à nous montrer les dessous de l'American way of life. C'est toujours juste et piquant mais jamais lourd. Elle nous décrit les maisons de rêves, les petits vies bien rangées, les femmes parfaites qui ont des maisons impeccables, des maris aimants, une vie sociale bien remplie et qui sont malgré tout parfois profondément malheureuses et ont, pour certaines, pas mal de choses à cacher... Elle montre du doigt l'hypocrisie, les inégalités entre les hommes et les femmes, entre les différentes classes sociales, entre les noirs et les blancs dans cette période particulière de fin des années 1950. Ça peut paraître vu et revu, mais c'est fait avec tellement de justesse et de subtilité que ça ne peut pas laisser indifférent. Il y a une sorte de fausse légèreté, des scènes qui pourraient être drôles si elles n'étaient pas aussi révoltantes.

 

 J'ai adoré découvrir tous les personnages et m'interroger sur eux. Me demander qui était honnête et qui ne l'était pas. J'ai aimé mener l'enquête et essayer de comprendre ce qui est arrivé à Joyce. Le policier qui mène l'enquête et Ruby, la femme qui faisait le ménage chez Joyce avant sa disparition, m'ont beaucoup plu. Ils m'ont semblé vrais au milieu de toutes ces personnes qui semblent jouer un rôle. Tellement d'hypocrisie, de jalousie, de faux-semblants... J'ai savouré ce roman de la première à la dernière ligne et j'en garderai un très bon souvenir. Je trouve la couverture et le titre vraiment bien choisis. Il me tarde déjà de lire d'autres romans de cette auteure. Et vous, vous l'avez-lu ? Il vous tente ou pas du tout ?

 

 

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