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2014-11-06T13:14:00+01:00

La Fille dans l'escalier (Louise Welsh)

Publié par MyaRosa

La Fille dans l'escalier

(The Girl on the stairs)

Louise Welsh

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Catégorie(s) : Thriller psychologique - Roman noir - littérature écossaise

Edition / Collection Métailié / Noir

Date de parution : 2 octobre 2014

Nombre de pages : 256

Prix : 18€

 

L'histoire :

Jane arrive à Berlin par une triste nuit de novembre. Sa compagne Petra l’a installée dans un bel appartement du quartier branché de Mitte. Pour Jane tout est nouveau : la langue, les rues, les gens, sa situation. Elle est isolée, enceinte, et voudrait s’intégrer. Alors que Petra est occupée à travailler, elle reste seule à la maison et se demande encore si elle fait bien d’avoir cet enfant. Elle explore le voisinage. Dans le bâtiment abandonné qui surplombe leur cour, une lumière vacille : une ombre passe dans l’escalier. Des cris dans la nuit, une voix d’homme, des pleurs d’enfant. Au matin Jane voit par la fenêtre une jeune fille habillée d’un manteau à capuche rouge traverser la cour. Son visage, très jeune, est outrageusement maquillé. Très vite, Jane devient obsédée par la cour et par ses voisins, la pensée de sa maternité imminente se transforme en visions, en délire. Le lecteur, troublé, suit Jane dans cette ville hantée, et il a sans doute moins peur pour elle que pour le mal qu’elle peut faire autour d’elle, ou en elle.

 

Merci à Babelio et aux éditions Métailié pour cette lecture.

 

monavis

 

 Je découvre la plume de l'écossaise Louise Welsh grâce à ce roman et j'en frémis encore autant de peur que d'excitation ! Dès les premières lignes, le décor est posé et l'atmosphère est déjà très pesante. Jane a quitté son pays natal, l'Ecosse, pour rejoindre sa compagne, Petra, à Berlin. Elle ne connaît rien de cette ville, ne parle même pas allemand et est enceinte jusqu'au cou. Dès le début, on la sent réticente et même méfiante à l'égard de tout et de tout le monde. On a même du mal à savoir si elle veut vraiment ce bébé et cette vie que Petra semble avoir choisi pour elles deux.  Jane n'a pas choisi cette ville, n'a pas eu son mot à dire sur le choix de l'appartement et se retrouve presque aussitôt toute seule puisque sa compagne doit s'absenter pour un déplacement professionnel.

 

 Berlin au mois de novembre. Les descriptions de la ville sont sombres et angoissantes. L'auteur dresse un portrait glacial et peu encourageant de cet endroit. Elle insiste sur le froid, l'humidité, la sonorité de la langue inconnue, les bâtiments délabrés, l'omniprésence des prostituées. Tout semble glauque et angoissant. On se met dans la peau de Jane qui se retrouve du jour au lendemain dans cette atmosphère et qui, très rapidement, commence à entendre et à voir des choses étranges : des cris dans la nuit, des claquement de portes, des insultes, des pleurs et une lumière qui semble venir d'un bâtiment abandonné. Et puis il y a Anna, sa voisine, une jeune adolescente qui semble en détresse, se balade seule la nuit et a parfois des ecchymoses sur le visage. Tout le monde a beau lui dire de ne pas s'en mêler et de se préserver pour son bébé, Jane est obsédée par tous ces mystères qui l'intriguent au point de l'empêcher de dormir. Que se passe-t-il vraiment dans cet endroit ? Petra est-elle réellement partie pour le travail ou a-t-elle des choses à cacher ?

 

 Ce roman m'a agréablement surprise et c'est exactement le genre de lectures dont j'avais envie. Ca se prête bien à cette période de l'année, je trouve. L'ambiance est vraiment sombre et angoissante, des secrets, des ombres et des fantômes semblent planer sur la ville et les descriptions du cimetière plein de corbeaux et du bâtiment laissé à l'abandonné sont vraiment effrayantes. C'est une lecture très déstabilisante car on ne sait pas vraiment quoi en penser. On doute de tout et de tout le monde y compris de Jane car on ressent bien ces réticences à l'idée de l'arrivée du bébé et ses angoisses. On se demande quels terribles drames elle a pu vivre dans le passé. Elle a parfois des pensées et des propos étranges et des phrases vraiment bizarres viennent se glisser dans des conversations anodines ce qui nous amène à nous demander si elle n'a pas tout imaginé. En même temps, les voisins ont tous quelque chose de louche aussi et puis cette Petra qui disparaît mystérieusement juste après l'arrivée de sa compagne qu'elle attendait depuis des mois... Bizarre, bizarre !

 

 On se sent vraiment perdu et on a envie de comprendre, de découvrir la vérité, le fin mot de l'histoire. On se pose beaucoup de questions. On est dans le flou tout le temps, même quand on pense entrevoir quelques vérités. Ca colle parfaitement avec le temps qui ne semble pas pouvoir s'améliorer : pluie, brouillard, absence de soleil et de lumière. Quelle ambiance ! J'en ai encore la chair de poule ! C'est vraiment noir de chez noir, autant dans l'intrigue que dans l'écriture, les descriptions, le décor. Ca m'a beaucoup plu et je me suis régalée d'un bout à l'autre du roman à suivre cette femme enceinte, un peu inconsciente et peut être folle (ou pas !), qui se lève en pleine nuit pour espionner ses voisins. C'est un huis clos à la fois pesant et captivant, et ce jusqu'au dénouement, encore plus troublant. Bref, tout ce que j'aime ! Je recommande ce roman à ceux qui aiment les thrillers psychologiques, les romans noirs, les atmosphères étouffantes et angoissantes. Vous n'allez pas être déçus !

 

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En quelques mots :

Une lecture addictive et efficace. On rentre dans l'histoire dès les premières lignes et on se laisse piéger et ensevelir dans cette atmosphère glauque à souhait où on doute de tout et de tout le monde. J'ai adoré !

 

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"Dans les contes de fées, les mères attiraient des malédictions sur leurs bébés aussi sûrement que la mer attirait les tempêtes. Elles oubliaient d'inviter une sorcière à un baptême ou privaient sans le vouloir un troll de sa dîme, et c'était l'enfant qui en subissait les conséquences. Même laisser un bébé tout seul dans son berceau revenait à provoquer une catastrophe. Les histoires n'étaient que des histoires, mais elles s'inspiraient de la réalité. Pères tyranniques et marâtres cruelles, enfants abandonnés et épouses assassinées, telles étaient les matières premières des légendes, mais aussi de la vie." (Page 104)

 

"N'ayez pas peur des morts, ils sont plus nombreux que nous depuis bien longtemps. S'ils avaient voulu se venger, ils l'auraient déjà fait." (Page 118)


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commentaires
C
J'aime bien ce genre de roman, je me le rajoute à ma wish-list ;)
Répondre
M
<br /> <br /> Il est vraiment très prenant.<br /> <br /> <br /> <br />
I
Je crois que je peux l'ajouter à ma wish list ! Je suis à peu près certaine que c'est un titre qui me plaira !
Répondre
M
<br /> <br /> Je pense qu'il te plairait, en effet. ;)<br /> <br /> <br /> <br />
P
Je l'ai vu en magasin et j'ai eu trop envie de le lire ^^
Répondre
M
<br /> <br /> J'adore ce genre d'histoires !<br /> <br /> <br /> <br />
I
Je ne connaissais pas du tout ce titre mais tu sais faire ce qu'il faut pour me donner envie de le lire !
Répondre
M
<br /> <br /> Je me suis laissée tenter par le synopsis lors de la dernière opération Masse Critique de Babelio. Je ne connaissais ni le livre ni l'auteur et c'est vraiment une bonne surprise. Je me suis<br /> régalée ! J'adore ces atmosphères angoissantes et un peu étouffantes qu'on n'a pourtant pas envie de quitter. J'aime les huis clos, les histoires de voisinages, de secrets, ...<br /> <br /> <br /> <br />

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